Archives mensuelles : janvier 2015

SAVOIR PERDRE SON TEMPS

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Nous avons besoin de travailler pour manger et pour vivre.

L’accomplissement de la tâche nourricière nous absorbe tout entier et nous continuons à travailler de peur qu’il ne nous manque quelque chose, alors même qu’il ne nous manque plus rien, et que nous suffoquons sous la quantité des objets que nous fabriquons, que nous achetons, voire même que nous pourrions acheter. De fil en aiguille, nous travaillons pour travailler comme si, en soi, le travail avait quelque valeur. Nous avons oublié qu’il était ordonné à autre chose qu’à la chose qu’il représente. Il devient à lui-même sa propre fin et, comme tel, il nous ennuie. Au lieu que le travail soit réalisé pour l’homme, tout se passe comme si c’était l’homme qui était fait pour le travail. Nous nous emmurons en lui et nous faisons de cette tombe laborieuse un des plus grands sujets de gloire.

Combien d’infidélités à l’autre et d’inattentions le travail n’excuse-t-il pas ? Combien de lâchetés n’y a-t-il pas dans notre précipitation, dans le débordement de nos professions mises au premier rang de nos soucis?

Nous travaillons pour que jamais rien ne nous manque, ou – plus subtilement encore – pour que rien ne manque à nos familles et à nos frères. Les grandes causes se confondent avec le gavage des oies.

Un jour ou l’autre, cependant, alors que nous croirons « avoir tout fait » pour notre femme, notre enfant ou notre frère et qu’ils ne « manqueront de rien », nous nous étonnerons d’apprendre qu’ils sont malades d’être rassasiés et qu’ils demandent autre chose. Nous demanderons encore « quoi faire », incapables que nous serons d’entrevoir que nous « faisons » trop et que c’est de cela qu’ils meurent. Ils ne sont mesurés qu’à l’empan de notre effort ou de notre fatigue et nous leur disons trop que c’est « pour eux ». Les gouttes de sueur et le mérite de l’effort ne valorisent que nous.

L’âpreté au travail est l’obstacle majeur à la découverte de l’espace vide qui, dans nos cœurs, témoigne des autres : nous faisons mine d’y entasser la fausse présence de nos bricoles. Ils ne perçoivent même plus que nous confisquons un air et un espace qui sont les leurs tant ils sont submergés de nos préoccupations agressives ou doucereuses. Ils ne peuvent plus y échapper sans nous irriter. Aussi la seule manière qui soit à leur disposition de nier ou de refuser cette invasion est de se nier eux-mêmes très inconsciemment certes, mais très efficacement. En tant qu’objets de notre besoin, ils disparaissent dans la maladie ce qui n’est pas sans entraîner une certaine satisfaction et le redoublement de la possession… car, s’ils sont malades, il faut bien que nous leur venions en aide. Cercle infernal dans lequel notre activité tourne à vide sur elle-même et ne témoigne de rien d’autre. Elle nous « défait ».

« Il y a quelque chose de pire que l’oisiveté pour défaire un homme : le travail – dit Jean Sullivan dans « Le plus petit abîme » – quelque chose de pire que l’échec : la réussite… Je vais te dire ce que ta femme, tes enfants attendent de toi : que tu existes ».

La tentation du pseudo-dépassement de soi dans le labeur est subtile. D’autant plus que le surmenage attristant qui l’atteste ne va pas sans une secrète jouissance. Il sert de révélateur discret ou éclatant à la valeureuse et souffrante image que nous nous faisons et que les autres se font de nous. Le « forcing » est au travail ce que le perfectionnisme est à la prière: mécanisme d’engloutissement. « Ne pas perdre une minute », ne pas savoir « rester sans rien faire », sont des formules qui, érigées ici et là en formules d’éducation, dénotent l’organisation contraignante qui nous dévore dans nos loisirs mêmes et nous dépossède jusqu’au dénuement de tout plaisir.

La préoccupation, la dépendance, la fatigue et l’usure nous rassurent et nous justifient. Elles nous font accéder au sentiment névrotique d’exister. Nous en avons besoin comme d’une drogue. Plus la vie prend d’accélération, plus 1′automatisme de nos gestes nous rend ivres et moins nous percevons le sens de la vie dans le surcroît d’une présence qui cesse d’être efficace. Le militantisme du chrétien, le pointillisme du religieux, l’extensionisme de l’homme d’affaires sont des contrefaçons de l’action dans leur ordre respectif: social, religieux, familial. Ces contrefaçons mènent tôt ou tard à la faillite, à l’isolement ou à la dépression nerveuse.

L’enfouissement dans le travail est peut-être le plus grand obstacle à la découverte de soi et de l’autre. Il n’est pas vrai que l’homme ne se réalise que dans l’action. L’action ne se soutient que si, dans et au-delà de la transformation et de son objet, elle ouvre sur « autre chose », sur une présence à soi et à l’autre, irréductible à la satisfaction de la production. Au cœur de toute production vraie, quelque chose est « donné », qui n’est pas de son ordre. Celui qui travaille vraiment éprouve toujours l’objet de son travail comme un don. S’il en est ainsi, c’est que l’ouvrage ou l’œuvre ont remplacé la besogne.

Plus que nous, nos grands-mères s’entendaient à distinguer l’ouvrage de la besogne. La besogne répond à la nécessité de cuisiner, d’entretenir la maison pour la « faire tourner ». Elle est un travail qu’il est nécessaire d’accomplir. L’ouvrage, lui, n’est pas dénué d’une note de nécessité, mais, plus que la besogne, il implique la dimension d’un désir ; c’est une broderie, un tricot, une layette… Il demande une participation du cœur car il s’adresse au cœur de l’autre. Il est rarement confectionné dans la précipitation de la contrainte. Il célèbre plutôt le moment d’une existence. Il demande du temps et que l’on en parle. Le temps qui lui est consacré se confond avec la silencieuse parole déjà adressée au bébé qui va naître ou avec le souvenir qui rend présent celui ou celle auquel il est destiné. L’ouvrage devient le support de la parole qu’on dit à quelqu’un…

Quand est désamorcé le besoin d’agir, la production de l’homme devient œuvre. Au lieu de s’évanouir dans la vanité de son auteur, l’œuvre s’en détache. Elle témoigne d’une autre existence et se donne comme porteuse d’un message que saura lire ou sentir en elle l’absent auquel elle s’adresse.

Ainsi comme n’importe quelle activité portant le sceau de l’humain, le travail peut être prière. Comme elle, il est passage de la contrainte de l′obligation à la gratuité de l’amour. Les gens qui prient vraiment comme ceux qui travaillent vraiment, on les reconnaît à ceci qu’ils n’économisent pas leur souffle en même temps que leur prière et leurs travaux ne sont encombrants pour personne. Ils savent, d’ailleurs, merveilleusement perdre leur temps. C’est que pour eux, il n’y a pas de temps perdu. Le temps, l’espace, le savoir ne sont plus vécus seulement comme des objets à acquérir et qui les rassasieraient, mais aussi comme la révélation de leur présence à eux-mêmes, au monde et à Dieu.

123455xj2La femme catholique a lu cet article sur le site de Denis VASSE, s. j.

Extrait de :« Le temps du désir », Le Seuil 1969. in Vie Chrétienne, N°322, juillet 1988, p.1-3.

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A la Sainte et Pieuse Mémoire du Roi Louis XVI

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 le

 21 janvier 1793


Nigeria : Boko Haram massacre 2000 personnes !

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Boko Haram a procédé à l’exécution de près de 2000 personnes, ces derniers jours. Ce qui constitue le « pire massacre » jamais perpétré par le groupe islamiste, selon Amnesty International.

Le pire massacre jamais perpétré par le groupe islamiste Boko Haram, indique Amnesty International, précisant que des centaines de corps, trop nombreux pour être comptés, demeurent éparpillés dans la brousse du Nigeria.

Un représentant du gouvernement nigérian a confié à l’AFP que les combats se font de plus en plus violents pour le contrôle de la ville de Baga, située le long de la frontière avec le Tchad. Il s’agit pour l’armée nigériane de reprendre une base militaire saisie le 3 janvier dernier par les insurgés.

Selon un dirigeant local qui s’est confié à l’AFP, les victimes sont principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées. Lorsque les islamistes ont attaqué Baga avec des armes automatiques et des grenades propulsées par fusées, les victimes n’ont pas réussi à s’enfuir.

Amnesty International, dans un communiqué, affirme que la ville a possiblement été rasée au sol et que quelque 2000 personnes ont été tuées. Le dernier massacre le plus sanglant perpétré par Boko Haram remonte au 14 mars 2014. Il avait fait quelque 600 morts lorsque les insurgés ont attaqué la caserne militaire de Giwa, dans la ville de Maiduguri.

 

123455xjLa femme catholique a lu cet article sur le site Afrik.com

 

Boko Haram a rasé 16 villages au nord-est du Nigeria


Nous ne sommes pas Charlie !

« Puisqu’ils ont semé du vent, ils moissonneront la tempête; Ils n’auront pas un épi de blé; Ce qui poussera ne donnera point de farine, Et s’il y en avait, des étrangers la dévoreraient. » Osée 8-7

La Question : Actualité Religieuse

Non sumus Charlie

Les événements tragiques dont ont été victimes, malheureusement, les animateurs de la tristement célèbre et blasphématoire revue « Charlie-Hebdo », événements témoignant d’une barbarie criminelle absolument inhumaine inspirée des thèses du Coran, nous donne cependant de rappeler que le blasphème – au nom de la fameuse « liberté d’expression » -, est un fruit empoisonné de la civilisation moderne athée issue de la Révolution et de sa haine antireligieuse, et qu’il n’est en rien justifiable, puisque relevant d’une attitude profanatrice et sacrilège tout à fait inacceptable.

Cette revue, affichant complaisamment des provocations ordurières dont l’outrance s’étalait avec indécence à sa une et emplissait ses pages parfois immondes, cherchait, visiblement, à choquer les croyants par des images scandaleuses et répugnantes dans lesquelles, les principales figures emblématiques des religions monothéistes (en particulier Jésus et Mahomet représentés en des caricatures honteuses), étaient injuriées, moquées, offensées, et parfois même humiliées jusqu’à l’odieux.

Ainsi, au fil…

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Nous ne sommes pas Charlie !

« Puisqu’ils ont semé du vent, ils moissonneront la tempête; Ils n’auront pas un épi de blé; Ce qui poussera ne donnera point de farine, Et s’il y en avait, des étrangers la dévoreraient. » Osée 8-7

La Question : Actualité Religieuse

Non sumus Charlie

Les événements tragiques dont ont été victimes, malheureusement, les animateurs de la tristement célèbre et blasphématoire revue « Charlie-Hebdo », événements témoignant d’une barbarie criminelle absolument inhumaine inspirée des thèses du Coran, nous donne cependant de rappeler que le blasphème – au nom de la fameuse « liberté d’expression » -, est un fruit empoisonné de la civilisation moderne athée issue de la Révolution et de sa haine antireligieuse, et qu’il n’est en rien justifiable, puisque relevant d’une attitude profanatrice et sacrilège tout à fait inacceptable.

Cette revue, affichant complaisamment des provocations ordurières dont l’outrance s’étalait avec indécence à sa une et emplissait ses pages parfois immondes, cherchait, visiblement, à choquer les croyants par des images scandaleuses et répugnantes dans lesquelles, les principales figures emblématiques des religions monothéistes (en particulier Jésus et Mahomet représentés en des caricatures honteuses), étaient injuriées, moquées, offensées, et parfois même humiliées jusqu’à l’odieux.

Ainsi, au fil…

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“Femmes aujourd’hui” : manifeste pour une autre vision de la femme

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Nous, qui sommes Femmes et heureuses de l’être, estimons que :

« La femme d’aujourd’hui ne peut se reconnaître dans les mouvements féministes qui, au nom de l’égalité homme-femme, renient la féminité dans sa globalité, en amputant la femme de ses spécificités et de ses forces ». Il en résulte un appauvrissement de la société dans son ensemble.

1. Ce qu’est la femme

Ses forces : la femme est indispensable à l’accueil de l’être humain et complément du masculin. Cette complémentarité, qui n’est pas une “opposition”, conditionne l’humanité même. Elle est dotée d’attributs spécifiques et ne peut résulter de choix individuels. Son apport nécessaire à la société est d’une richesse unique et irremplaçable, différente de celle de l’homme.

Ses fragilités : elle est victime de l’image négative et dégradée de la femme dans son rapport à la maternité et au travail, qui a pu se développer dans certaines sociétés archaïques et qui fut paradoxalement reprise par le féminisme libertaire. Ce féminisme a ainsi contribué à culpabiliser et complexer les mères, à renforcer la pression des entreprises sur les femmes enceintes, à développer un modèle malthusien encourageant le recours à l’IVG, et entravant l’aspiration maternelle chez les femmes.

Or l’équilibre de notre société réside dans le plein accomplissement des aspirations familiales et “sociétales”de la femme, source de sa véritable liberté.

En effet, la vocation de la femme n’est pas obligatoirement ou uniquement dans le travail, elle est le cœur de la famille et de la société au sens large, c’est à dire que la société a besoin de la femme en tant qu’“être” engagé, que ce soit dans un engagement familial, associatif, politique, caritatif pour un “monde meilleur”… maternité incluse.

2. Propositions pour le respect de toute femme :

 

Changement de regard radical de la société sur la vocation de la femme :

la femme n’est pas “identique à l’homme” : égale en droit, mais différente et complémentaire.

Reconnaissance sociale de la maternité : rendre à la maternité sa fonction de pilier de la société. Dénoncer les pressions sociales, familiales ou professionnelles sur les femmes qui pourraient envisager une grossesse, la loi du silence concernant l’IVG et ses risques médicaux et psychologiques. Isolement de nombreuses mères. Surcharge imposée à de nombreuses femmes souvent forcées d’assumer seule à la fois le quotidien du foyer, l’accompagnement des enfants et une vie professionnelle active.

Évaluation de l’intérêt économique de la fonction d’éducateurs exercée majoritairement par la femmecréation d’un revenu parental pour toute personne choisissant de se consacrer entièrement à ce rôle essentiel et inscription dans le PIB : les modèles rénovés d’évaluation de la richesse nationale doivent parvenir à intégrer la parentalité.

Renforcement du lien social et familial : propositions de médiations pour aider à stabiliser la cellule de base de la société qu’est la famille (relations entre conjoints et entre parents et enfants ), et accompagnement spécifique des familles monoparentales.

3. En notre qualité de femmes et au nom de toutes les femmes silencieuses nous réclamons instamment :

– le respect et la protection de l’enfance, notamment en ce qui concerne les programmes télévisés.

– une éducation affective et sexuelle respectueuse de l’être humain et de l’altérité homme-femme.

– l’abolition immédiate de l’enseignement de la théorie du genre (gender), qui nie l’altérité.

– une politique active de prévention de l’IVG : lutte contre les discriminations faites aux femmes enceintes dans les entreprises et les pressions pour qu’elles avortent, moyens importants pour prévenir l’avortement chez les mineures et mieux accompagner celles qui souhaitent garder leur enfant (informations, associations).

– la lutte contre les violences faites aux femmes (discriminations professionnelles, prostitution, pornographie, violences morales et sexuelles, incitation à l’IVG, risques psychologiques liés à l’IVG non pris en compte).

 

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Par Sabine Faivre, Catherine VierlingAude Mirkovic, Cécile Edel, Marie de Nicolay etCatherine Giner, fondatrices de “Femmes aujourd’hui”, un collectif lancé le 20 juin 2011.

 

 e39bbd20d03511ac4a559635c84bf5cbLa femme catholique a lu cet article sur le site Nouvelles de France


Éloge de la féminité

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Détail de La Vierge à la chaise de Raphaël (env. 1514)

La femme et le mystère de la vie

S’il fut révélé au seul Joseph et non à la Vierge quelle serait la mission du Messie – racheter son peuple de ses péchés – le message de l’ange à Marie est d’une toute autre portée. À elle, et à elle seule dans un premier temps, est manifestée la richesse incommensurable de vie qui habite le Dieu incarné : « Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ; il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n’aura pas de fin » (Lc 1.32). Au premières heures de la résurrection, ce message fait à Marie trouvera son écho dans celui fait à la pécheresse repentie : c’est encore à une femme, Madeleine, qu’est manifestée en tout premier lieu le mystère de vie présent dans le Ressuscité.

C’est qu’en effet, le mystère de la femme est indissociablement lié à celui de la vie. L’émerveillement d’Adam le dit suffisamment : il contemple en sa femme la mère de tous les vivants (Ge 3.20). C’est d’ailleurs très probablement son amour de la vie profondément inscrit dans sa nature qui rend la femme si hostile à la guerre. Tandis que tout homme digne de ce nom a en lui quelque chose du guerrier, les Sabines enlevées par les Romains s’interposèrent pour éviter la guerre, et Véturie détourna son fils Coriolan de se venger de Rome. La femme est communion à la vie, non à la mort.

La femme et la mère incarnent en elles le mystère et la beauté de la vie humaine, mais aussi depuis le péché originel sa fragilité ; la vierge consacrée pour sa part magnifie la vie divine dont l’être humain est appelé à devenir participant. Toutes deux chantent le mystère de la vie, toutes deux peuvent se réclamer de Marie, la femme par excellence (Ge 3.15 et Ap. 12.1), à la fois Vierge et Mère.

 

La femme et la séduction

Parce que la vie est souverainement aimable, Dieu a donné à la femme une puissance séductrice. Il l’a voulue douée, au regard de l’homme, d’un charme indéfinissable. Sans doute est-ce historiquement lié au fait que la femme fut le seul être créé par Dieu au sein même du paradis terrestre, le seul fruit qu’Adam pu garder avec lui après en avoir été chassé. Plus philosophiquement, ce charme trouve sa raison profonde dans le caractère aimable et attirant de la vie, que la femme incarne.

Séduire : dès son plus jeune âge, la petite fille peut exercer un tel pouvoir. Pour le meilleur ou pour le pire, et c’est là une première différence entre Ève et Marie. Se-ducere, c’est-à-dire attirer à soi ; mais à quelle fin ? Le démon aussi fut un séducteur afin d’attirer l’homme à lui, c’est-à-dire lui faire partager sa perte ! Jamais la femme, sauf à se faire l’instrument de Satan, ne peut faire aboutir son charme à elle-même. Sa séduction ne se termine pas à sa personne, mais à ce qu’elle incarne, à la vie dans toute sa beauté et son mystère. Aussi sa capacité à plaire, sainement utilisée, est-elle doublée de pudeur et de discrétion : elle s’efface tout autant qu’elle attire, précisément pour amener l’autre à ce qu’elle incarne. Plus encore : elle veut par sa pudeur inspirer le respect, parce que la vie est éminemment respectable ! Voici tracés les grands traits de la saine coquetterie féminine : attraction qui rend la vie aimable, mais sans jamais lui ôter sa dimension de mystère…

Puissance d’attraction, de séduction, même les vierges consacrées n’en furent pas dépourvues, loin s’en faut ! La véritable cour qui suivait sainte Catherine de Sienne en ses déplacements, tout comme l’incroyable attraction d’une sainte Thérèse d’Avila ou de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, en témoignent suffisamment. Ces femmes attirent, non pour mener à elles, mais à plus grand qu’elles : la magnifique réalité de l’âme chrétienne épouse de Dieu, réalité qu’en leur virginité consacrée elles incarnent…

La femme et l’extase

Aller plus loin dans la réflexion réclame de souligner un autre point caractéristique de la féminité, inscrit dès la première page de la Genèse. Si Dieu a voulu la masculinité dans un rapport étroit avec une mission à accomplir – mener le créé à sa destinée – il n’en est pas de même pour la femme. Fondamentalement, son être psychologique la place en relation non avec quelque chose à accomplir mais, ce qui est beaucoup plus, en relation avec quelqu’un. Elle est « pour l’homme », tournée vers l’homme, « adjutor similem sibi » (Ge 2.18,20) et donnée comme telle à Adam (Ge 2.22). En un mot, la féminité est essentiellement relative.

Le rapport mère/enfant le montre jusqu’à l’évidence. Ce qui apparaît en tout premier lieu dans la mère est le remarquable dévouement dont elle sait faire preuve à l’endroit de son enfant. En elle, tout en tourné vers lui. Ses journées, et souvent ses nuits, sont rythmées par l’enfant. Il n’est pas jusqu’à son propre corps qui, en un cycle incessant de préparation à la vie puis de reconstruction, ne soit programmé pour lui. Elle est là, tout en éveil, disponible aux besoins de l’enfant. La loi propre de la mère, c’est l’enfant. Car la loi propre de la femme, c’est l’altérité. Le centre de gravité de la femme, si je puis dire, est hors d’elle-même : elle ne trouve sa définition que dans et par l’autre. En un mot, elle est extatique.

Il importe de saisir la portée d’une telle expression. Moins encore que l’homme, la femme ne trouve en elle-même son propre accomplissement. Le caractère extatique de sa vocation est expressément voulu de Dieu. La femme n’agit en tant que femme que dans la mesure où elle est donnée. Donnée à son mari elle est épouse, donnée à son enfant elle est mère, donnée à Dieu elle est vierge. La femme ne s’épanouit que dans le don à autrui. Si l’homme se donne à une œuvre et par là même accomplit sa mission qui consiste à servir, la femme pour sa part se donne à un être, et seul ce don lui permet de correspondre à sa vocation. Ou encore, s’il revient à l’activité masculine de perpétuer la puissance et la sagesse avec laquelle Dieu créa le monde, il est du propre de la femme d’exprimer le suprême vestige divin présent en toute œuvre créée : l’amour.

À la lumière de cette caractéristique féminine s’éclaire tout le drame du premier péché. Précisément parce qu’il revenait à la femme de refléter l’amour, c’est la femme et non point l’homme qui fut tentée par l’antique serpent. C’est Ève, et non point Adam, qui cueillit le fruit maléfique. Quelle fut sa première faiblesse ? D’aucuns affirment, certes avec raison, que jamais elle n’aurait dû converser avec le démon. Le père Dehau, dominicain, ajoute une nouvelle perspective. Le tentateur ne put séduire Ève qu’au moment où elle était seule, à l’instant précis où elle ne vivait pas cette relativité à Adam, pourtant constitutive de sa mission. De cette première prise d’indépendance de la femme, il résulta la perte de l’humanité ! Les siècles ont beau passer, le drame de la femme demeure en tout point identique. La recherche de soi est à la racine du péché de la femme. Quand la femme se recherche elle-même, elle s’éteint et s’autodétruit, pour son propre malheur comme pour celui d’autrui, et donc de la Cité.

La femme et l’effacement

Ce trait permet de dégager l’aspect qui authentifie chez une femme l’acceptation de sa vocation spécifique. Tout ce qui a hors de soi son centre de gravité est toujours plus ou moins impersonnel. Ainsi en est-il de la femme authentique. Sa vocation est une vocation cachée, faite de dépouillement et d’oubli de soi. En elle le « moi » est voilé, et il n’est pas jusqu’à son nom dont elle ne se dépouille pour laisser place à celui de l’être aimé, en l’occurrence son mari. C’est qu’il revient à l’épouse de disparaître pour faire corps avec l’époux, à la mère de disparaître au profit de l’enfant, à la vierge de disparaître au monde passager pour chanter celui de l’Au-delà, dès ici-bas partagé. La femme authentique est donc dépouillée d’elle-même, elle passe inaperçue au regard extérieur et superficiel.

En ce sens, Gertrude Von Le Fort aimait à dire que le signe spécifique de la femme est le voile. C’est là sa plus belle parure, car il manifeste son acceptation consciente et amoureuse d’une mission qui relève du domaine de l’invisible. Les artistes chrétiens ne s’y sont pas trompés lorsque ils sculptaient la mère bénie entre toutes sous les traits d’une Vierge noire :nigra sum sed formosa, je suis comme invisible au regard extérieur, mais toute belle au-dedans, car toute donnée. D’ailleurs, la seule chose que cette Vierge montre au passant, ce n’est point elle, mais son Fils qu’elle présente à l’humanité déchue. Son itinéraire dans l’histoire de la théologie n’obéit pas à d’autres lois : Marie ne s’élève pas dans ses dogmes pour plaider sa propre cause, mais pour défendre celle de son Fils. Au Concile d’Éphèse par exemple, elle n’est reconnue Mère de Dieu que pour réfuter l’hérésie christologique de Nestorius. La Vierge s’efface devant son Fils. N’en est-il pas plus ou moins ainsi de toute mère ? Elle ne se soucie guère d’agir et de briller que dans son fils. Elle est comme le piédestal de son enfant, elle ne veut de gloire que pour lui. C’est là sa vocation, sa noblesse et sa beauté : disparaître, pour transmettre.

Certes, il existe une dimension virile à tout développement humain : Deviens ce que tu es.C’est le pôle masculin de l’humanité. Mais il existe aussi une ligne féminine de ce même développement, et sa formule pourrait être celle donnée par le Seigneur à sainte Catherine de Sienne : Tu es celle qui n’est pas. Entre ces deux pôles se bâtit l’humanité. Et le moindre n’est pas celui de la féminité : le Fiat de réceptivité dont témoigne un être tout d’accueil qui disparaît à ses propres yeux – ancilla – n’est-il pas l’écho indispensable du Fiat prononcé par le Créateur ?

Le monde moderne n’a point compris cette dimension de la vocation féminine. L’effacement de la femme lui est tout simplement insupportable. Il la montre et la dévoile, il en fait l’objet d’une ostentation constante. Plutôt que de s’effacer, il l’invite à s’affirmer. Il veut pour elle une égalité parfaite avec l’homme. Il prône la parité homme femme dans le domaine politique, il permet à l’épouse de garder son propre nom malgré le lien du mariage, et même de le transmettre comme tel à son enfant si le cœur lui en dit. L’idée est toujours la même : extérioriser la femme, combattre la retenue toute d’intériorité caractéristique de sa vocation première. Mais se faisant, il dépouille la femme de sa richesse spécifique. Et par là même, il dépouille le monde de toutes les forces cachées dont le cœur de la femme est porteur, au risque d’en faire un monde inhumain, un monde sans Dieu.

La femme et le Oui

Fiat : c’est par ce mot que Marie est devenue ce qu’elle est. Oui : c’est encore par ce mot que la femme devient épouse, puis mère. C’est que, dans la pensée de Dieu, ce mot est le propre de la féminité. L’amour en effet n’a pas de mesure, et le cœur féminin est ainsi fait qu’il ne trouve son assouvissement que dans le don total de lui-même.

Sauf à être habité de désillusion, on réalise alors que la femme ne trouve son propre accomplissement que dans le don d’elle-même à celui qui seul est infini, à celui dont l’amour jamais ne déçoit parce qu’en tout il est toujours fidèle. Son « oui » ne peut être donné totalement qu’à Dieu, à raison même de la puissance d’engagement qu’il contient. Il ne revient que secondairement, le cas échéant, à son mari, instrument pour elle et pour les siens de la divine Providence.

Forte de cette remise totale de soi entre les mains de Dieu, la femme sait alors que la générosité, le dévouement, le service, l’amour, la patience, la compassion, le renoncement à soi, le silence sur soi, et même la répétition fastidieuse des tâches, loin d’être des pièges où la liberté s’englue, sont autant d’expressions d’un oui qui rend chacun de ces actes aussi magnifiques que fécond.

De l’aveu même de l’agnostique Malraux, « seul le christianisme a inventé l’Éternel Féminin (…). Lorsque l’Église pense que son destin dépend de Clovis, qui est arien, elle lui cherche une femme catholique… Il y aurait beaucoup à dire ! Il reste qu’il n’y a d’Éternel Féminin que dans le monde chrétien. » Seul le catholicisme a su incarner le portrait éternel de la femme, au plus grand profit de la société entière. C’est de là encore que doit resurgir le vrai visage de la femme, sauf à ce que notre monde ne périsse définitivement.

Un prêtre catholique

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Prière à Notre-Dame du Oui

Notre-Dame,

qui par votre oui avez changé la face du monde,

prenez en pitié ceux qui veulent dire oui pour toujours.

Vous qui savez à quel prix ce mot s’achète et se tient,

obtenez-vous de ne pas reculer devant ce qu’il exige de nous.

Apprenez-nous à le dire comme vous dans l’humilité,

la pureté, la simplicité et l’abandon à la volonté du Père

pour notre salut et celui du monde entier,

Ainsi soit-il !

 

 

 

 

e39bbd20d03511ac4a559635c84bf5cbLa femme catholique a lu cet article sur les conseils de Serge Marc Sauvaire quelle remercie chaleureusement pour sa collaboration active à l’élaboration de ce modeste journal.

 

 

 

Courte bibliographie pour aller plus loin

Gertrude von Le Fort, La femme éternelle : un grand classique en la matière.

Janine Hourcade, L’Éternel féminin, femmes mystiques : de beaux portraits de femmes dignes de ce nom.

Marcel Clément, Ce que les hommes ne savent jamais : conférence audio dressant dans sa beauté le portrait psychologique de la femme.


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