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Tolkien nous révèle le secret d’un mariage heureux

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Une lettre que le célèbre écrivain britannique envoya à son fils dévoile un aspect inédit de l’auteur du « Seigneur des anneaux ».

J.R.R. Tolkien était un romantique. Quand il rencontra sa future femme Edith, à l’âge de 16 ans, ce fut le coup de foudre, et instantanément il entreprit de lui faire une cour informelle. Mais lorsque le prêtre qui était son tuteur découvrit sa romance, il lui interdit tout contact avec Edith avant d’avoir atteint ses 21 ans, afin de ne pas le distraire de ses études. Tolkien obéit à contrecœur. Pendant cinq longues années, il attendit celle qu’il savait être son âme sœur. Le soir de ses 21 ans, il écrivit une lettre à Edith, lui déclarant son amour et lui demandant sa main. Une semaine plus tard, ils étaient fiancés.

Toute sa vie, Tolkien écrivit des poèmes d’amour à sa femme, et dans ses lettres à ses amis, il parlait d’elle en termes enthousiastes. Mais l’hommage le plus célèbre et le plus durable pour sa femme bien-aimée fut peut-être de tisser leur roman d’amour dans la mythologie de la Terre du Milieu, à travers l’histoire de Beren et Luthien. Difficile de trouver un hommage plus émouvant.

Il écrivit à son fils Christopher : « Je n’ai jamais appelé Edith ‘Luthien’ – mais elle était la source de l’histoire qui, avec le temps, devint la pièce maîtresse du Silmarillion. Elle fut d’abord conçue dans une petite clairière au milieu des bois à Roos, dans le Yorkshire (où je commandais alors un avant-poste de la Garnison de Humber en 1917, et elle avait pu me rejoindre pendant quelques temps). À cette époque, ses cheveux étaient noirs comme du jais, sa peau claire, ses yeux brillants comme tu ne les as jamais vus, et elle pouvait chanter et danser ».

Même dans la mort, Tolkien ne voulut pas quitter son Edith. Il est enterré à côté d’elle sous une unique pierre tombale, sur laquelle sont gravés les noms de Beren et Luthien.

L’amour réel implique le renoncement à soi-même

J.R.R. Tolkien a connu 55 ans de bonheur dans le mariage. À l’opposé, le taux de divorce à l’heure actuelle atteint des sommets choquants, et certains abandonnent même le mariage monogamique en assurant qu’il n’est tout simplement ni possible ni sain. Qu’est-ce que Tolkien a fait que ne font pas tant de mariages ? Comment s’y est-il pris ? La réponse est simple : il avait compris que l’amour réel implique le renoncement de soi-même.

La notion moderne d’amour se réduit au seul sentiment, et se focalise en premier lieu sur le soi. Si quelqu’un vous attire, s’il fait battre votre cœur plus vite, alors vous pouvez dire que vous êtes amoureux, selon les critères de notre temps. Même s’il était profondément attaché à sa femme, Tolkien rejetait cette idée superficielle de l’amour. Il adoptait la vision catholique du véritable amour comme étant tourné vers l’autre – quelque chose qui exige de sacrifier ses instincts naturels et qui est un acte de volonté déterminé.

Pour illustrer les vues profondes de Tolkien sur l’amour conjugal, voici un extrait d’une lettre à son fils, Michael Tolkien. Elle révèle un aspect de Tolkien qui n’est pas familier à beaucoup. Pour ceux qui n’ont qu’une notion ultra sentimentale de l’amour, ses mots peuvent choquer, voire être agressifs. Pourtant, il dit des vérités qui, une fois comprises et acceptées, peuvent apporter un bonheur véritable et durable au mariage. Voici une version abrégée de cette lettre.

« Les hommes ne le sont pas [monogames]. Les hommes ne le sont tout simplement pas. La monogamie est pour nous les hommes un exemple d’éthique ‘révélée’, en accord avec la foi, et non avec la chair. Cependant, un monde déchu est par essence un monde où l’on ne peut atteindre le meilleur par une libre jouissance ou par ce qu’on appelle ‘l’accomplissement de soi’ (joli mot qui désigne en général l’autocomplaisance, tout à fait opposée à l’accomplissement des autres), mais par l’abnégation, la souffrance. La foi en le mariage chrétien entraîne ceci : une grande mortification.

Le mariage est un combat

Un homme chrétien ne peut y échapper. Le mariage peut aider à sanctifier et à diriger le désir sexuel vers son objet propre ; sa grâce peut l’aider dans la lutte, mais la lutte n’en demeure pas moins. Le mariage ne le satisfera pas…

Aucun homme, si sincèrement qu’il ait aimé sa fiancée ou sa jeune épouse au début, ne lui est resté fidèle, dans son esprit et son corps, dans leur mariage, sans l’exercice délibéré et conscient de la volonté, sans abnégation. Trop peu d’hommes le savent— même ceux qui ont été élevés ‘dans l’Église’. Quand la fascination disparaît, ou simplement s’étiole, ils pensent qu’ils ont commis une erreur, et qu’il leur faut encore trouver la véritable âme sœur. La véritable âme sœur s’avère trop souvent être la première personne sexuellement attirante qui passe. Quelqu’un qu’ils auraient en effet gagné à épouser si seulement… D’où le divorce, pour effacer le ‘si seulement’. »

Et bien entendu ils ont tout à fait raison : ils ont commis une erreur. Seul un homme très sage, à la fin de sa vie, pourrait énoncer un jugement juste concernant la femme que, parmi toutes les possibilités, il aurait gagné à épouser ! Quasiment tous les mariages, même ceux qui sont heureux, sont des erreurs : dans le sens où presque certainement les deux partenaires auraient pu trouver des compagnons plus adéquats. Mais la véritable « âme sœur » est de fait celle avec laquelle vous êtes marié. ..

Comme je le disais, beaucoup de personnes pourraient se sentir offensées par la franchise de Tolkien sur le mariage. « Si tu aimes vraiment quelqu’un, pourraient-ils arguer, cela ne devrait pas être difficile de l’aimer ! Cela ne devrait pas être une lutte. Le mariage, une mortification ? C’est insultant ! Vous ne devez pas vraiment aimer votre femme. »

Car l’amour réel est un combat contre l’amour de soi. C’est une lutte contre notre nature déchue, très égoïste. C’est une mort qui donne la vie. Et n’importe quel homme qui est honnête avec lui-même admettrait que Tolkien a raison. Le combat pour la chasteté et la fidélité ne finit jamais, quel que soit l’amour que vous avez pour votre femme. L’essence de l’amour, c’est un acte de la volonté. Les sentiments vont et viennent dans le mariage. Ceux qui vivent un mariage heureux sont ceux qui ont choisi : choisi d’aimer leur femme plus qu’eux-mêmes, qui ont choisi de sacrifier leur désir éphémère pour un bonheur durable, qui ont choisi de donner plutôt que de prendre.

Et vous savez quoi ? Quand vous choisissez d’être fidèle, le bonheur viendra inévitablement. Et cependant, beaucoup abandonnent au moment où les choses deviennent difficiles — au moment précis où, s’ils choisissaient tout simplement d’être fidèles et de se battre, ils trouveraient le bonheur qui les attend au bout du tunnel. Comme l’écrivait G.K. Chesterton, un autre catholique heureux en mariage : « J’ai connu beaucoup de mariages heureux, mais aucun compatible. Tout le but du mariage est de combattre et de survivre au moment où l’incompatibilité devient incontestable. Parce que, de toute façon, l’homme et la femme, en tant que tels, sont incompatibles ».

La vraie joie et le bonheur durable dans le mariage sont possibles. Combien de mariage, y compris celui de Tolkien, l’ont prouvé. Mais nous ne connaîtrons jamais cette joie si nous restons centrés sur nous-mêmes. Vous devez, paradoxalement, vous oublier vous-mêmes pour trouver le bonheur que vous cherchez.

Messieurs, si vous voulez un mariage heureux et fidèle, vous devez mourir à vous-mêmes. Vous devez faire passer votre femme en premier. Vous devez l’aimer dans le sacrifice et le déni de soi— comme le Christ a aimé son épouse l’Église. Voilà le secret, simple, à côté duquel tant de monde passe.

123455xj2La femme catholique a lu cet article sur le site  Aletéia

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Sept conseils aux hommes pour la reprise en main de leur foyer

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438384-235810-jpg_293678_434x276« Mais, Excellence, vous parlez comme si nous, les hommes, avions encore quelque contrôle sur ce que font nos femmes ! »
Si les hommes ont perdu le contrôle, c’est uniquement parce qu’ils ont voulu le perdre. Même la femme moderne insubordonnée, croyez-le ou pas, ne fait que suivre son mari désobéissant et révolutionnaire. S’il voulait obéir à son Dieu, elle obéirait beaucoup plus facilement à son mari. S’il est libéral et anarchique, pourquoi ne le serait-elle pas ? « La tête de tout homme est le Christ ; et la tête de la femme est l’homme » (I Cor. XI, 3).
La responsabilité est du côté de l’homme. Les femmes modernes ont, généralement, été trahies par le libéralisme de leur mari. (…)
Messieurs ! Voici 7 suggestions pratiques :
1) En tout premier lieu, obéissez vous-mêmes à Dieu, soumettez-vous à Sa loi et donnez cet exemple à vos femmes qui trouveront tellement plus facile…

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Lettre de Paul Newman à sa femme Joanne Woodward

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Il y a 5 ans, en octobre 2008, décédait le mythique Paul Newman, acteur aux visages multiples, il fut notamment remarqué pour sa performance incendiaire dans le film La chatte sur un toit brûlant et plus tard dans Les Sentiers de la Perdition. Si son regard bleu a marqué l’histoire du cinéma, l’acteur lui n’avait d’yeux que pour sa femme Joanne Woodward. Mariés en 1958, les deux époux ne se sont plus quittés jusqu’à la mort de l’acteur. Le jour de son mariage, Paul Newman écrivait cette lettre touchante et émouvante à sa femme où il explique sa vision du mariage idéal.

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Etre heureux dans son mariage n’arrive pas par hasard. Un bon mariage se construit. Dans l’Art du Mariage, les petites choses sont les choses importantes. C’est n’être jamais trop vieux pour se tenir par la main. C’est se souvenir de dire « Je t’aime » au moins une fois par jour. C’est ne jamais se coucher fâchés. C’est ne jamais considérer l’autre comme acquis, la séduction ne s’arrête pas après la lune de miel; elle doit se poursuivre à travers les ans. C’est avoir les mêmes valeurs et des objectifs communs. C’est affronter le monde ensemble. C’est former un cercle d’amour qui rassemble la famille entière. C’est faire des choses l’un pour l’autre, non pas par sens du devoir ou du sacrifice, mais avec joie. C’est dire combien on apprécie l’autre et montrer sa reconnaissance par de petites attentions. C’est ne pas voir son mari comme un saint ni donner des ailes d’anges à son épouse. C’est ne pas chercher la perfection chez l’un et l’autre. C’est cultiver la flexibilité, la patience, la compréhension et le sens de l’humour.C’est être capable de pardonner et d’oublier. C’est créer un climat où l’un et l’autre peuvent évoluer. C’est trouver une place à la spiritualité. C’est une recherche commune de bonté et de beauté. C’est établir une relation où l’indépendance est partagée, où la dépendance est mutuelle et l’obligation réciproque. Ce n’est pas seulement épouser le partenaire idéal mais aussi être le partenaire idéal.

e39bbd20d03511ac4a559635c84bf5cbLa femme catholique à lu cet article sur le site,  Des lettres via  Fik Fikmonskov


La victoire est à portée de main mais à certaines conditions

« Personnellement, je vois notre mouvement comme une flottille de porte-avions. »

« Personnellement, je vois notre mouvement comme une flottille de porte-avions. »

« Si notre mouvement veut peser en politique, plutôt que de menacer d’une improbable transformation en parti politique, il pourrait bien plutôt se transformer en Tea party. Autant la place est prise pour les partis à droite, autant la place de la défense du peuple est cruellement vacante. »

Au passage, il faut noter que, si les CRS sont occupés à éviter nos mythiques « débordements violents », ils ne sont pas dans les banlieues. Ce qui peut signifier trois choses : soit un miracle est survenu, dont on nous a oublié de nous avertir, et lesdites banlieues sont devenues spontanément des zones de calme et de sérénité ; soit elles sont  actuellement à feu et à sang et les médias comme le gouvernement détournent le regard ; soit elles sont calmes, parce que le pouvoir les a abandonné aux mafias et aux prédicateurs extrémistes de l’islam radical. Ce qui est certain, en tout cas, c’est qu’actuellement, en France, la justice sert à amnistier les casseurs et à condamner les défenseurs pacifiques de la famille, tandis que les forces de l’ordre gazent les enfants et matraquent les jeunes filles, au lieu de mettre hors d’état de nuire les voyous.

Bref, la victoire est tout à fait possible. Aujourd’hui, dans quelques mois, ou dans quelques années. Mais il est certain que nous avons cassé l’un des moteurs les plus efficaces de la rhétorique du lobby LGBT, l’idée que le « sens de l’histoire » amène « inéluctablement » de nouvelles « conquêtes ». Non, rien n’est inéluctable. Notre mouvement l’a d’ores et déjà amplement démontré.

Cependant, la victoire n’est possible qu’à certaines conditions. Deux tentations se font jour. La première consiste à dire : puisque Frigide Barjot interdit la « manif pour tous » à Béatrice Bourges et à tous les manifestants plus « radicaux » qu’elle (ce qui fait beaucoup de monde !), puisqu’elle « balance » les militants du printemps français à la police de Valls, puisqu’elle refuse de dénoncer les policiers provocateurs en civil et accable les malheureux qui, ayant cédé aux provocations, se retrouvent en garde à vue, puisqu’elle donne le micro à des trotskistes en le refusant aux parlementaires FN, nous n’avons plus rien à faire avec elle.

J’avoue que j’ai été tenté par cette attitude. Pour deux raisons essentielles : d’abord, j’ai peu apprécié, dimanche dernier, les grandes déclarations d’amour au lobby LGBT (c’est tout différent de dire aux personnes homosexuelles qu’on les respecte et de demander un kiss in général) ; ensuite, je trouve que c’est une faute politique d’avoir accepté le principe de collaborer avec Manuel Gaz pour chasser les « violents ». Cela accrédite l’idée qu’il y a des violents dans notre mouvement, ce qui est faux : huer des ministres n’est pas une action violente, contrairement à ce que voudrait faire croire Najat Vallaud-Belkacem. Et cela banalise la violence, elle bien réelle, du lobby LGBT (qui a tout de même menacé de mort Frigide Barjot et bien d’autres) et du pouvoir.

Malgré ces réserves graves, je crois qu’il faut rester au sein du mouvement et ne pas durcir les critiques contre Frigide Barjot (d’ailleurs, ces critiques valent aussi pour nous-mêmes, qui n’avons pas réussi à imposer le rapport de forces médiatique qui aurait évité ces dérives). « Sa » manifestation, c’est aussi « notre » manifestation : elle ne peut pas prétendre organiser une « manif pour tous » sans accueillir l’ensemble des militants qui réclame le retrait ou l’abrogation de la loi Taubira et non pas la “réécriture” de quelques articles en cas d’alternance comme le laisserait entendre désormais, après François FillonJean-François Copé. Il est normal que la « manif pour tous » refuse d’assumer les actions plus musclées visant à huer les ministres, à faire de la résistance pacifique dans les sit-in des Veilleurs, ou à faire des collages d’affiches sur des liens symboliques du lobby LGBT. Mais il serait anormal qu’elle interdise à des militants, qui, pour être plus « radicaux », n’en sont pas moins parfaitement pacifiques (j’attends toujours que l’on nous prouve que les prétendues agressions homophobes de ces derniers jours aient quoi que ce soit à voir avec notre mouvement) de participer à ses manifestations nationales.

 

« Personnellement, je vois notre mouvement comme une flottille de porte-avions. »

La deuxième tentation consiste à dire : il n’y a pas de place à côté de la « manif pour tous » pour d’autres actions, ces actions divisent et nuisent à notre mouvement, etc. Je pense exactement le contraire. Toutes ces actions sont parfaitement complémentaires.

Personnellement, je vois notre mouvement comme une flottille de porte-avions : il y a le vaisseau amiral, qui est évidemment la « manif pour tous ». Ce porte-avions a une puissance de feu remarquable. C’est lui qui nous donne de la crédibilité (et il faut, bien sûr, en avoir de la reconnaissance pour Frigide Barjot, pour les AFC, pour Alliance Vita, et tous ceux à qui nous devons ce succès).

Mais un porte-avions, ça a de l’inertie ; ça ne vire pas facilement. Il faut donc des mouvements plus insaisissables, qui mènent des actions ponctuelles, qui accroissent notre visibilité et oblige les ministres à rester dans leurs ministères ou à constater que le peuple réel n’est pas celui sur lequel ils comptaient.

Si nous nous considérons mutuellement comme complémentaires (ce qui ne signifie pas, évidemment, qu’il soit raisonnable de mettre de tout petits groupes sur le même plan que la « manif pour tous »), nous saturerons tellement l’espace médiatique et politique que le retrait de la loi Taubira pourrait bien arriver rapidement – et, en tout cas, il sera impossible aux partis de droite, en cas d’alternance, d’ignorer la force que nous représentons. Mais, si nous nous battons entre nous, si nous accréditons l’idée qu’il y aurait des indésirables parmi nous, non seulement nous allons tout perdre politiquement, mais, en outre, une répression risque bien de s’abattre sur nous tous.

Oh, certes, à l’heure actuelle, ce n’est pas à la guillotine qu’on nous enverrait, mais le pouvoir a bien les moyens (notamment fiscaux, en ces temps de disette pour les finances publiques) de nous pourrir la vie.

Et, n’oublions jamais comment se passent les révolutions : ce sont toujours les plus proches qui envoient leurs amis plus à droite qu’eux à la guillotine, pour éviter d’y aller eux-mêmes… et qui y sont conduits quelques semaines plus tard par d’autres « amis » un peu plus à gauche, et ainsi de suite.

Si nous nous tenons les coudes, comme ces magnifiques jeunes veilleurs, lors des charges de CRS, personne n’arrivera à ébranler notre bloc ; sinon… A moins, bien sûr, que vous fassiez confiance à Valls et Taubira pour nous protéger, mais j’ose espérer que ce genre de rêverie commence à se dissiper !

Plus que jamais, la victoire est à portée de mains. Mais, plus que jamais, elle passe par l’unité, par le respect des diverses sensibilités représentées au sein du mouvement de défense de la famille. Le B. A.–BA de la politique, c’est d’être capable de définir ses amis, ses alliés et ses adversaires. Pour moi, c’est clair : l’adversaire, c’est le gouvernement et sa majorité et tous les opposants au projet de loi Taubira, tous ceux qui en exigent le retrait ou l’abrogation sont soit des amis, soit des alliés. C’est aussi simple que cela.

Extrait d’une excellente synthèse deg2t Guillaume de Thieulloy.

La suite est à lire sur  Nouvelles de France.


Résistant, marie-toi !

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Qu’elle est belle cette jeunesse française qui se lève, qui se révolte, qui écrit sa page d’Histoire. Qu’elle est fière de rester stoïque devant les CRS, d’affronter les gaz, et tout ça pour finir en GAV ! Elle exhibe avec orgueil son drapeau tricolore et chante à pleins poumon la Marseillaise pour autre chose qu’un match de foot ! Elle vibre pour autre chose qu’une finale de la coupe du monde où le XV de France affronterait les All Blacks ! Elle se casse la voix pour autre chose qu’un concert de Daft Punk ! Mais surtout, depuis deux-trois semaines, elle occupe ses soirées à défendre concrètement un idéal plutôt qu’à réviser ses partiels, à regarder la télé vautrée dans son petit fauteuil ou à glandouiller sur Facebook. Ça met de l’ambiance ces p’tits ‘trucs pour tous’ : on rigole avec les copains, on a sa dose d’adrénaline, parfois on s’en lasse un peu c’est vrai, on se fait des petits stress quand on essaye d’échapper aux lacrymos, mais on sait bien qu’en fait on n’y risque pas grand-chose. Pas grand-chose par rapport à l’inconditionnelle et fondamentale Vérité de ce qu’on défend, j’entends.

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Mais … quand la loi sera passée ? Parce qu’elle passera, puis ce sera la PMA, la GPA et autres merveilles que nous permettra la science, qu’on ne fasse pas d’illusions. Notre cher Président a de toute évidence loupé la petite leçon d’éducation civique en classe de primaire où l’on explique que la Constitution française ne se limite pas à l’article 16, qu’un mandat présidentiel n’est pas une période de pleins pouvoirs et que la démocratie n’est pas censée donner lieu à des alternances de quinquennats où l’on fait et défait les lois qui nous plaisent ! Alors que fera notre jeunesse ? Quand elle se sera lassée de passer ses soirées à écouter Gandhi en chantant l’Espérance, que ses glandes lacrymales seront fatiguées du gaz, et que bon, les partiels arriveront, ou même les vacances – « Faut pas pousser, on va pas non plus passer notre mois de juillet à s’exciter devant les Invalides » – ? Eh bien rentrera chez elle, sans doute un peu déçue, mais certaine qu’on parlera d’elle dans les livres : « Quand même c’était un moment historique, mes petits enfants seront fiers de moi ». Eh oui, les naïfs ! Ils pensent que si un gouvernement est capable de diviser par deux les chiffres d’une manif’, dans quelques années les éditeurs de livre d’Histoire, eux, sauront leur rendre l’hommage dû pour l’héroïque énergie dépensée…

C’est là qu’elle n’a pas tout compris la belle jeunesse. Alors toi qui en fais parti, toi qui luttes pour qu’un mariage reste un mariage, poses toi la question : qu’en fais-tu dans ton quotidien ? Je ne parle pas des débats, des messages quotidiens dont tu te fais le relais sur Facebook, de tes réponses à des sondages innombrables, ni de tes actions plus ou moins vêtues avec des pantalons plus ou moins colorés et autres déclinaisons ‘pour tous’. Je te parle de ta vie à toi. « Le mariage est une chose beaucoup trop belle et puissante pour être dénaturée », scandes-tu?

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Alors aime ta femme, chéris-la, rappelle-toi tous les jours que tu l’as épousée pour le meilleur et pour le pire ; même quand elle sera ridée, aigrie, ménopausée. Et oui, ça peut finir ainsi une femme. C’est la nature, celle-là même que tu défends quand tu refuses la PMA…

Aime ton mari, admire-le, soutiens-le, même s’il est chômeur et parfois d’une hygiène douteuse, même quand dans 30 ans il sera ventripotent, psychorigide et que l’irrésistible charme pour lequel tu l’avais choisi l’abandonnera peu à peu. Parce que ça peut finir comme ça, un homme…

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Élève tes enfants en leur inculquant le désir insatiable de la Vérité, de laquelle vient la vraie Liberté, en leur expliquant que non l’Egalité n’est pas la Justice, qu’elle ne la vaudra jamais, que le Bonheur n’est pas dans la jouissance à tout prix, que différencier n’est pas discriminer. Toi jeune fille, qui ne veux pas qu’une femme se réduise à une ‘titulaire d’utérus’ ou ‘propriétaire d’ovule’ comme le soulignerait délicatement le formulaire Taubira, aie à cœur dès aujourd’hui de ne considérer aucune partie de ton corps comme un objet, sois convaincue de ta dignité et mérite-la.

Et toi jeune homme, outré que tu es la GPA, fais donc attention quand tu reluques grassement les jambes (ou autre) des jolies donzelles depuis la fenêtre de ton appart, si tu ne veux pas que la société légalise ce que tu fais plus ingénument en te rinçant l’œil. Parce que dans les deux cas, on en vient à considérer le corps comme une chose utile, ou agréable, mais comme un objet de toute façon ! Qui que tu sois, souviens-toi que tu lui as promis ou que tu lui promettras fidélité, et bosse le sujet dès aujourd’hui, parce que la fidélité ça s’éduque tous les jours… Toi qui prônes aujourd’hui l’altérité comme la base d’une société qui a fait ses preuves depuis des millénaires, respecte le corps de l’autre, dans sa complexité si différente de la tienne, ne lui impose pas ce qui est contraire à la Nature dans sa plus simple et belle expression, ne lui refuse pas cette liberté que tu condamnes si facilement quand il s’agit des autres…

Si tu vis chaque jour ton (futur ?) mariage avec autant de volonté et aussi ardemment que tu en défends la législation avec tes résistances pour tous, alors là, le combat ne s’arrêtera pas, là tu seras le témoignage pour tes petits enfants de ton combat de ces années en Hollandie, là ta lutte contre la loi Taubira sera cohérente, et redoublera de sens, là tu sauveras ce qui rend le mariage si beau, là tu pourras affirmer sans hypocrisie que tu es « mariageophile, pas homophobe ». Si tu es cohérent tu seras crédible, et si tu es crédible tu peux vaincre !

Mais bien sûr, ce n’est pas la partie du combat la plus facile, et affronter 10 cars de CRS peut sembler bien moins insurmontable…

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Qui que tu sois, souviens-toi que tu lui as promis ou que tu lui promettras fidélité

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La femme catholique remercie  Martin Seoul du site La Table ronde

Manifeste des Catholiques excédés

La Table ronde en images


Le mariage transformé par ses célibataires mêmes

 

Par-delà le néo-mariage, et quelques autres revendications divertissantes, c’est la réduction au silence du moindre propos hétérodoxe qui se profile, c’est l’écrasement légal des derniers vestiges de la liberté d’expression, c’est la mise en examen automatique pour délit de lucidité.

Le mariage est une invention qui remonte à la plus haute antiquité. Je parle du mariage à l’ancienne, cette institution conformiste, vermoulue et petite-bourgeoise qui véhicule depuis la nuit des temps « les valeurs hétéro-patriarcales et familialistes » pour m’exprimer comme Christophe Girard et Clémentine Autain. Sauf erreur de ma part, cette mémorable conquête n’a pas été arrachée, l’arme à la main, de nuit, dans la précipitation et sous la menace des pires représailles, par une petite bande de fanatiques de la nuptialité bien décidés à se servir de la lâcheté des uns, de l’ambition des autres, de la démagogie tremblotante de tous, pour faire triompher leur cause. Nulle part ce type de mariage ne paraît avoir été imposé par la force. Ni en jetant à l’opinion publique un fatras précipité de raisonnements contradictoires afin d’extorquer d’elle, par sondage, une approbation apeurée. Il n’est pas davantage le fruit d’une volonté claironnée de mettre à genoux le pouvoir politique. Aucun gouvernement, à ma connaissance, n’a cédé aux partisans de la conjugalité dans la crainte de se voir accusé de gamophobie (du grec gamos, mariage).

Y a-t-il même eu « débat », à propos de cette importante « question de société », chez les Égyptiens pharaoniques, à Babylone, en Inde, à Lascaux, entre psychanalystes lacustres, sociologues troglodytes, militants de l’un ou l’autre bord ? En a-t-on discuté, dans le désert de Chaldée, à la lueur de la Grande Ourse ? A-t-on menacé de ringardisation les adversaires de cette nouveauté ? Les a-t-on accusés de ne rien comprendre à l’évolution des mœurs, de s’accrocher à des modèles désuets, d’alimenter la nostalgie d’un ordre soi-disant naturel qui ne relève que de la culture ? La Guerre des Games (de gamos, mariage, je ne le répéterai plus) a-t-elle eu lieu ?

Il semble bien que non. La chose, c’est horrible à dire, s’est faite toute seule, suivant la pente de l’espèce, laquelle sait si bien jouer sur les deux tableaux pour protéger ses intérêts, manier en même temps la carotte et le bâton, l’appât et l’hameçon, le désir de satisfaction sexuelle des individus et ses propres nécessités vitales de perpétuation, et emballer cela dans les mirages vaporeux de la pastorale romantique.

On a tout essayé, par la suite, avec le mariage. On l’a plié dans tous les sens. On a tâté de la polygamie, de la bigamie, de la monogamie, de l’adultère, du divorce à répétition, du mariage forcé, du mariage civil, du mariage religieux, du mariage d’argent, du mariage raté. On a même vu des mariages heureux. On a vu des mariages stériles et d’autres féconds, des unions dramatiques et des noces de sang. On en a fait des vaudevilles et des tragédies. Avec des placards pleins d’amants, des cocus en caleçon, des maîtresses acariâtres. Le mariage, en résumé, n’a été inventé que pour fournir des sujets de romans et pour assurer la chaîne sans fin des générations ainsi que le veut l’espèce.

Il n’en va pas exactement de même du futur mariage homosexuel, dont la genèse aura laissé tant de traces, à l’inverse de l’autre, qu’il sera aisé de la reconstituer. C’est que cette nouveauté ne va pas de soi, comme d’ailleurs la plupart des opérations expérimentales de notre temps. L’époque moderne, dont l’essence même est le soupçon dans tous les domaines, explose en cette affaire dans une sorte d’opéra-bouffe stupéfiant où la mauvaise foi et le chantage se donnent la réplique inlassablement. C’est d’abord le code civil qui a été instrumenté. On a prétendu qu’il n’y était stipulé nulle part que le mariage était réservé aux personnes de sexe opposé. Les homosexuels militants se sont engouffrés dans cet « oubli » pour exiger, au nom de l’égalité des droits, « l’accès des gays et des lesbiennes au mariage et à l’adoption ». L’exigence d’égalité est la grosse artillerie qui renverse toutes les murailles de Chine. La marche sans fin vers l’égalité absolue remplace, chez les minorités dominantes et furibondes, le défunt sens de l’Histoire. Pour ce qui est du code civil, d’abord paré de toutes les vertus, il n’a plus été qu’une sorte d’opuscule diffamatoire sitôt qu’on découvrit l’article 75, qui détermine que le mariage consiste à « se prendre pour mari et femme ». Peu soucieux de logique, les militants de la nouvelle union conclurent aussitôt à l’urgence d’une refonte de ce code que, l’instant d’avant, ils portaient aux nues. Et, en somme, puisque la loi est contre les homos, il faut dissoudre la loi.

Dans le même temps Noël Mamère, bonimenteur de Bègles, agitait son barnum ; et les notables socialistes se bousculaient au portillon de l’avenir qui a de l’avenir dans l’espoir de décrocher le titre de premier garçon d’honneur aux nouvelles épousailles. Le terrorisme et la démagogie se donnaient le bras sur le devant de la scène. On « déconstruisait » en hâte le mariage à l’ancienne. On affirmait qu’il est aujourd’hui « en crise »quand la vérité est qu’il l’a toujours été, par définition, puisqu’il unit deux personnes de sexe opposé, ce qui est déjà source de crise, et que, par-dessus le marché, il les soumet à des postulations contradictoires, le mensonge romantique et la vérité procréatrice. On rappela, contre les réactionnaires qui lient mariage et reproduction, qu’il n’en allait plus ainsi depuis la révolution contraceptive (ce qui ne pouvait manquer, ajoutait-on, de rapprocher les comportements homos et hétéros), quand c’est en fait depuis toujours, et dans toutes les civilisations, que l’on a cherché, certes avec moins d’efficacité technique qu’aujourd’hui, à réguler la fécondité, c’est-à-dire à autonomiser la sexualité par rapport à la « reproduction biologique ».

En quelques jours apparurent les étonnantes notions de « mariage fermé » (antipathique, hétéro) et de « mariage ouvert » (sympathique) puis « universel » (supersympa). On publia des sondages dans lesquels la société française déclarait qu’elle était d’accord pour applaudir aux évolutions de la société française, mais de grâce, qu’on arrête de lui brailler dans les oreilles. Les partisans du néo-mariage expliquèrent à la fois qu’il ne fallait pas interpréter leur demande comme une volonté de normalisation ou comme un désir d’imitation mais qu’il y avait de ça quand même, et que d’ailleurs ils se moquaient des institutions dont ils étaient exclus, sauf que le seul fait d’en être exclus leur apparaissait comme un outrage. Réclamant en même temps le droit à la différence et à la similitude, exigeant de pouvoir se marier par conformisme subversif et pour faire « un pied de nez à la conception traditionnelle du mariage » (comme l’écrivent encore les impayables Christophe Girard et Clémentine Autain), ils affirmaient aussi que ce même mariage, à la fois convoité et moqué, revendiqué pour être rejeté, et de toute façon transformé s’ils y accédaient jusqu’à en être méconnaissable, serait un remède souverain contre « l’alarmant taux de suicide » qui sévit chez les jeunes homosexuels, ce qui laisse supposer que ces derniers se suicident tous par désespoir de ne pouvoir convoler officiellement. On aurait pu imaginer d’autres motifs.

Mais ces réflexions tomberont très bientôt sous le coup des lois anti-homophobie qu’un gouvernement vassalisé par les associations se prépare en toute sottise à faire voter. Mieux vaut donc se taire. Par-delà le néo-mariage, en effet, et quelques autres revendications divertissantes (suppression de la mention relative au sexe sur les papiers d’identité afin d’en terminer avec les « problèmes kafkaïens rencontrés par les individus de sexe mixte, hermaphrodites, transsexuels, transgenres », ou encore « dépsychiatrisation des opérations de changement de sexe »), c’est la réduction au silence du moindre propos hétérodoxe qui se profile, c’est l’écrasement légal des derniers vestiges de la liberté d’expression, c’est la mise en examen automatique pour délit de lucidité. Il est urgent que personne ne l’ouvre pendant que se dérouleront les grandes métamorphoses qui s’annoncent, dont ce petit débat sur l’effacement de la différence sexuelle est l’avant-propos. Le néo-mariage, dans cette affaire, n’est que l’arbre baroque qui cache la prison.

*Philippe Muray est un essayiste français (1945-2006).

La femme catholique a lu cet article sur le site Nouvelles de France


Mariage chrétien et dignité de la femme au Moyen-Âge.

« Una lex de mulieribus et viris »
                                                                  

Contrairement aux idées reçues, la femme, méprisée par les sociétés païennes où polygamie et répudiations faisaient partie des habitudes, est restaurée dans sa dignité à l’époque de la Restauration Carolingienne (742-888), grâce au Christianisme qui affirme l’égalité absolue de l’homme et de la femme dans le mariage.

     Les temps carolingiens eurent ce grand mérite d’établir définitivement la doctrine du mariage canonique ; ils en introduisirent l’usage, élaborèrent une spiritualité conjugale, donnant ainsi son fondement à la famille. Le mariage prit alors le sens, la portée qu’il conserve jusqu’à aujourd’hui. Face à une société germanisée qui laissait l’homme libre de ses entreprises sexuelles, les évêques de l’Empire carolingien, fortement soutenus par la papauté et le pouvoir temporel, mirent en forme la doctrine du mariage chrétien. A la polygamie de fait, à la répudiation de la femme au gré du mari, ils opposèrent l’égalité de l’homme et de la femme dans le mariage : « Il n’y a qu’une loi pour la femme et pour l’homme », l’union monogamique et indissoluble. Dans un monde rural et compartimenté où l’on pratiquait le mariage endogamique, ils combattirent l’inceste. A l’union officieuse, par simple consentement mutuel, ou au rapt rituel de l’épouse, ils opposèrent le mariage en forme canonique précédé des bans, de l’enquête de parenté, de l’autorisation des parents, de la bénédiction du prêtre. Par une pratique quotidienne et quelques procès éclatants, comme celui de Lothaire II, Rome et l’épiscopat carolingien éliminèrent toute forme de divorce, sauf en cas d’inceste de l’un des époux ou de l’impuissance attestée du mari. En parallèle, la législation assura la protection et les droits de l’enfant contre les tentatives d’avortement ou les négligences de ses propres parents. Malgré la résistance des mœurs traditionnelles héritées des sociétés idolâtres, la doctrine du mariage indissoluble prévalait, tandis qu’une législation cléricalisante tendait à assurer le monopole du mariage religieux comme seule forme juridiquement valable d’union entre l’homme et la femme.

« Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l’Église; et s’est livré lui-même pour elle. »   
(Eph V, 25)

     Cet effort réel ne se borna pas aux domaines juridique et liturgique du mariage, mais il aborda également le problème fondamental de la vie des laïcs mariés. De là une spiritualité conjugale se mit en place, sous l’influence d’auteurs qui s’intéressèrent de près à ces questions. Très imprégnés de spiritualité monastique, les clercs insistèrent paradoxalement beaucoup sur la chasteté. Jonas d’Orléans, dans le livre II du De institutione laicali, offre aux laïcs du temps un véritable traité du mariage chrétien, à la fois plus complet et plus nuancé que les monitions de ses contemporains, s’inspirant de la Génèse, des Épîtres de Paul et des écrits de Saint Augustin. Rejetant la théorie naturaliste du mariage, il le définissait par sa finalité : la procréation. Dans cette perspective, l’union charnelle ne ne pouvait être anarchique. Au Lévitique et à l’Ecclesiaste, il empruntait les interdictions liées au cycle de la femme et il ajoutait celles du temps liturgique. Il voulait tenter à travers elles une éducation de la sensibilité, une discipline des sens. Assez psychologue pour mesurer l’inanité d’une morale conjugale fondée sur la seule contrainte, il tenta aussi une éducation du cœur. Avec des accents magnifiques, il exalta l’amour réciproque des époux. Le mari devait être doux et bienveillant pour sa femme comme envers un être plus faible, se montrer plein de tendresse à son égard. Il n’avait aucun privilège dans le ménage : « Il n’est pas permis au mari, ce qui est interdit à la femme » (nec viro licet quod mulieri non licet). Jonas le mettait en garde contre le désordre dans sa propre maison, le concubinage ancillaire étant alors très fréquent. Si le mari méprisait ainsi son épouse, l’aboutissement était chez la femme le désir de quitter son mari, d’où l’ultime mise en garde de Jonas : « Ne donnez pas à vos femmes l’occasion de vouloir divorcer » (nec dare hanc occasionem divortii mulieribus), sous-entendu la version positive : Aimez vos femmes, respectez-les et entourez-les de mille délicatesses, de sorte qu’elles n’aient jamais à se plaindre de vous.

« Gardez donc toujours, ô époux, un tendre, constant, et tout affectueux amour, pour votre épouse.»
       Saint François de Sales

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Lettre aux jeunes mamans de l’an qui vient

Le mariage de Joseph et Marie

Vous vous êtes mariées l’an dernier (et il vous semble que c’est déjà très loin) avec un sentiment de joie impatiente, paré de tout le prestige que le rêve accorde aux désirs inassouvis. Puis l’automne est venu ; l’arbre s’est chargé de fruits et vous êtes devenues soudain plus graves.

Andrea MANTEGNA

Vous voilà rendues plus graves encore à l’idée de ce doux fardeau que le ciel vous confie au seuil de l’année nouvelle, et combien soucieuses du sort que lui réserve un monde de plus en plus hostile.

« Que sera cet enfant ? » demandaient ceux qui furent témoins de la naissance du Baptiste ; et conclut l’Evangile, « la main du Seigneur était avec lui ». La simplicité profonde du texte sacré recèle une loi que nous rencontrons souvent : la mission d’un prophète commence dès le sein maternel. Ainsi en fut-il de Samson, de Samuel, de Jérémie, de saint Jean-Baptiste, et de Jésus lui-même. Ainsi de vos propres enfants.

Maternité – Pablo Picasso

Leur histoire la plus secrète, celle peut-être où vous avez le plus d’influence sur eux, plonge ses racines au plus intime de votre âme. Telle est la grandeur de notre destinée, que chaque petit homme venant en ce monde, commence sa vie, recueilli dans une cellule, dans un cloître, dans un sanctuaire.. Savez-vous alors, que vous portez et modelez en vous-même ce que les  mondes coalisés ne peuvent produire : une liberté, une empreinte divine, un réflecteur éternel de la gloire de Dieu. Est-ce assez grand ? Mais votre visage c’est embué de tristesse ; vous vous dites peut-être : « A quoi bon ? » Es-il opportun de mettre au monde un enfant, sous le ciel gris d’un monde décivilisé ? A quoi je m’empresse de répondre que vous enfantez essentiellement pour accroître le nombre des élus, et que l’enfantement d’un petit être, fût-il disgracié par la nature, reste une œuvre bonne, parce que la « surnature « est un bien infiniment plus élevé que tous les biens de  la création. Ce petit être mérite donc qu’on lui consente les plus grands sacrifices : ce qui signifie  pour certaines d’entre vous, l’entrée dans la voie austère de la Sainte Espérance.

Mais permettez-moi de vous parler ici du mystère de votre maternité en lui-même ; non pas seulement en fonction de son terme et de sa finalité dernière, mais en fonction de son exercice propre, de cette mission de porteuses d’homme qui vous est échue, et de ce que cela représente de grâce, de richesse spirituelle et de grandeur morale.

Permettez-moi de vous rappeler l’estime que vous devez avoir pour cette fonction auguste, à laquelle saint Paul attache une valeur rédemptrice, et qui approche, à mon sens, de la grandeur de l’état religieux.

Lutz Binaepfel

Je vois poindre une objection que vous m’aviez maintes fois formulée :

« Cette grandeur ne nous échappe pas, elle nous accable plutôt ! Comment serions-nous à la hauteur de notre mission, nous qui ne pouvons même plus prier comme jadis, étourdies par le bruit, le tracas de notre petit monde, la maison à tenir, les courses à faire ! Il faut savoir notre désarroi quand le soir tombe et que nous nous couchons harassées, vides et honteuses de nous-mêmes ! »

Thérèse de Lisieux

« Alors il nous arrive d’envier les âmes consacrées qui se donnent tout à Dieu.

Pouvons-nous seulement être certaines de faire maintenant la volonté de Celui qui, un jour, au cours d’une retraite, nous fit savoir qu’Il nous aimait et qu’Il nous voulait ses intimes ? ».

Je vous réponds tout de suite, chères jeunes mamans qui me lisez, et vous autres plus âgées, qui œuvrez patiemment depuis de longues années, je vous réponds que nous le savons, que Dieu le sait. Vous êtes parfois tentées par le découragement, par la crainte de ne plus savoir prier, par l’angoisse à la pensée que ceux que vous avez portés et allaités sont déjà, plus ou moins, la proie du paganisme et d la perversion du monde qui vous entoure. Et le doute s’insinue dans votre âme : la pensée d’un échec, d’une mission mal remplie.

C’est alors que vous pensez avec nostalgie à la virginité consacrée et aux trois vœux constitutifs de l’état religieux.

Remplacez donc nostalgie par estime, et vous serez dans le vrai.

Estimez cet état supérieur qui consiste, pour parler comme saint Basile, à ne point laisser des enfants sur la terre mais à en faire monter au ciel, état sublime, il est vrai, où d’autres se sont engagées pour vous permettre de faire correctement sur terre votre devoir de mère chrétienne.

S’il vous plaît, ne considérez pas les trois vœux de religion comme sans rapports avec ce que vous vivez. Ces moyens ont été institués pour dégager les âmes et les attacher irrévocablement à Dieu ; transposez-les dans votre vie personnelle, adoptez-en l’esprit.

Voyez dans les trois vœux de Religion des analogues de ce que vous vivez :

Pauvreté, Chasteté et obéissance !

Est-ce que ces trois liens sacrés ne vous ont pas attachées vous aussi à Dieu, selon un mode très profond et très particulier ?

Voyez comment s’atténuent au cœur d’une mère, l’appât du gain et le goût avaricieux des richesses.

Cette course à l’argent n’a-t-elle pas fait place à la hantise de répandre sur de jeunes têtes ce qu’on ne désire plus pour soi ?

Mères généreuses, oublieuses de vous-mêmes, qui pensez  à vêtir et à distribuer ; femmes toujours debout quand le mari et les enfants sont assis, où est donc votre avarice ?

Vos enfants ne sont-ils pas votre seule richesse ? Et que dire de leur âme que vous apercevez parfois d’un regard furtif, au détour d’une allée, avec une puissance d’intuition dont vos amis les prêtres sont parfois émerveillés !

Puis voyez quel apaisement des passions charnelles vous offrent ses maternités successives, et combien le désir de plaire, de se faire centre, et d’attirer sur vous seules la faveur des hommes, ont fait place à d’autres caresses, celles que vos enfants réclament, et dont le souvenir les suivra toute leur vie.

Caresses chastes et discrètes où passe toute la tendresse de Dieu.

Quant à l’obéissance, avouez que vous ne le cédez en rien à la plus  « observante »  des sœurs de Charité.

Qui ne voit dans quelle implacable sujétion vous fixe le soin des enfants : le journée réglée de cette petite troupe en marche, avec son horaire strict des repas, des classes et des jeux, ne vous laisse pas une minute.

Quelle meilleure garantie de faire la volonté de Dieu et non la vôtre ?

Jeune femme en oraison – Jean de SAINT-IGNY

Une autre source d’inquiétude : la prière.

« Je ne peux pas prier », dites-vous presque toutes, avec un ensemble touchant.

Évitez cette plainte désespérée, car vous le savez, c’est à la prière que toute la vie est suspendue : la vérité de vos gestes et de vos pensées, la qualité de vos sentiments, dépendent de ce mystérieux regard de l’âme vers Dieu : dites-moi comment vous priez, je vous dirais qui vous êtes.

De graves personnes vous ont dit qu’il fallait prier pendant vingt minutes par jour. Facile à dire, Messieurs !

Ce minutage me paraît pécher à la fois par excès et par défaut, car

Notre Seigneur dit qu’il faut prier sans cesse !


Sommes-nous donc des carmélites pour faire ainsi descendre le ciel sur la terre ?

En réponse à cette épreuve de la prière impossible, il n’est que de retourner à une prière possible, qui est la seule vraie : une prière intérieure, si profonde, si intime, que rien ne saura l’empêcher de sourdre au fond de l’âme.

A la limite, la souffrance de ne pas pouvoir prier a déjà valeur de prière.

Il n’est pas nécessaire que cette plainte douce et amoureuse soit toujours formulée. Il suffit quelle vous suive tout le long du jour et quelle jaillisse parfois comme un appel spontané. En bref, tenir pour certain que la meilleures prière est celle ou nous avons le moins de part, cette prière « brève et pure » faite d’élans furtifs, d’invocations et d’oraisons jaculatoires qui, d’heure en heure, donne à vos journées un parfum de ciel. Par-dessus toutes les formes de prières, si nobles soient-elles, il faut donc considérer comme essentielle et toujours possible l’union à Dieu intérieure (sans parole) douce, paisible, affectueuse, filiale, qui est la respiration de l’âme.

François de Salignac de Lamothe-Fénelon, dit FÉNELON, prélat et écrivain français

Bien souvent c’est en enseignant que vous vous instruisez vous-mêmes. Ainsi ferez-vous votre miel des conseils que Fénelon donnait dans sa « Lettre à une mère soucieuse d’enseigner à l’une de ses filles comment on doit faire oraison » :

« Tâchez, lui écrit-il, de faire goûter Dieu à votre enfant. Faites-lui entendre qu’il s’agit de rentrer souvent au-dedans de soi, pour y trouver Dieu, parce que son règne est au-dedans de nous. Il s’agit de parler simplement à Dieu à toute heure, pour lui avouer nos fautes, pour lui représenter nos besoins, et pour prendre avec lui les mesures nécessaires, par rapport à la correction de nos défauts. Il s’agit d’écouter Dieu dans le silence intérieur. Ils ‘agit de prendre l’heureuse habitude d’agir en sa présence, et de faire gaiement toutes choses, grandes ou petites, pour son amour. Il s’agit de renouveler cette présence toutes les fois qu’on s’aperçoit de l’avoir perdue. Il s’agit de laisser tomber les pensées qui nous distraient, dès qu’on les remarque, sans se distraire à force de combattre les distractions, et sans s’inquiéter de leur fréquent retour. Il faut avoir patience avec soi-même, et ne se rebuter jamais, quelque légèreté d’esprit qu’on éprouve e soi. Les distractions involontaires n’éloignent pas de Dieu ; rien ne lui est si agréable que cette humble patience d’une âme, toujours prête à recommencer pour revenir vers lui ».

Si la grâce vous inspire de vous attarder dans une oraison plus longue, pourquoi alors ne pas vous ménager cette oasis une fois par jour ? En ce cas, ne craignez ni le vide ni l’aridité. Faites un acte de foi en la présence de Dieu, situez-vous inlassablement dans l’axe autour duquel votre vie trouvera équilibre et stabilité. Cet axe puissant et fixe auquel il faut toujours revenir, c’est le dogme primordial de la Paternité divine. C’est de là qu’il faut tirer le mouvement d’abandon et de confiance filiale qui vous rendra calmes et fortes ans les jours ombres. Que rien ne vous arrête alors en cette sainte résolution, surtout pas l’épreuve de la nuit spirituelle, qui est le statut même de la foi : ne faut-il pas que la nuit tombe pour qu’on aperçoive les étoiles ?

« Tenez-vous devant Dieu,

disait à sainte Marguerite-marie sa maîtresse des novices,

comme une toile d’attente devant le peintre qui y jettera les plus vives couleurs. »

« Quand Dieu efface c’est qu’il va écrire »

Bossuet

Laissez si possible le père entonner les premiers mots, afin de lui laisser sa place de chef de la prière

Enfin il faut redonner ses droits à la prière en famille, où les enfants prient avec leurs parents. Laissez si possible le père entonner les premiers mots, afin de lui laisser sa place de chef de la prière : à vous de créer le climat qui la rendra possible. Vous verrez alors avec quelle aisance les enfants se meuvent au plan des réalités surnaturelles, et cela vous récompensera de bien des sacrifices.

C’est dans ce goutte à goutte de la prière quotidienne que se revitalise la famille chrétienne, qu’elle puise force et cohésion, qu’elle s’immunise contre les poisons du monde. Grâce à cette référence solennelle de chaque soir, s’il arrive, plus tard, que vos enfants tombent dans le péché, du moins auront-ils cette supériorité sur les chrétiens du siècle : ils sauront qu’ils pèchent.

Vous avez porté vos enfants, vous les avez mis au monde. Mais rien n’est acquis de ce trésor de vie

Louise Vernet sur son lit de mort – DELAROCHE Hippolyte

Toute mère de famille, jusqu’à son dernier souffle, est une femme en travail, qui enfante pour le Royaume.

Ne rejetez pas vos souffrances, vos angoisses, comme des scories étrangères. Elles sont rigoureusement consubstantielles à votre maternité.

Pour finir, considérez la Très Sainte Vierge comme votre grande amie,

elle, le modèle par excellence de toutes les mères chrétiennes :

puisez à pleine main dans les mystères de sa vie à Nazareth les grâces nécessaires à l’accomplissement journalier de votre devoir d’état, a sein d’une existence laborieuse, enjouée et vigilante, où vous maintiendrez en paix votre petit royaume. Vous remplissez alors à l’exemple de Marie, votre mission d’éducatrice faite d’exigence et de ferme bonté ; vous souvenant que « les familles sont des dynasties de vertus, et que tout descend lorsque ce sceptre leur échappe » (Blanc de Saint-Bonnet).

A la question : « Qu’est-ce qu’une mère chrétienne », Mgr d’Hulst, un grand prélat de la fin du siècle dernier, répondait :

 » C’est celle qui fait de la maternité un sacerdoce, qui verse la foi avec son lait dans les veines de son enfant. C’est celle qui apprend aux petites mains à se joindre pour la prière, aux petites lèvres à bégayer les noms bénis de Jésus et de Marie. C’est la mère qui sait caresser et punir, se dévouer et résister. Plus tard, c’est la femme joyeusement sacrifiée qui abdique, au projet d’une sujétion austère, les satisfactions de la vanité ou du plaisir, qui préfère, à la capricieuse liberté du monde, la volontaire servitude du foyer. Cette mère-là sera qualifiée pour enseigner un jour à sa fille la modestie et le dévouement, pour inculquer à son fils, l’amour des vertus viriles et la noble passion du devoir. »

Le Christ et la Vierge dans la maison de Nazareth Francisco Zurbaran

Aux heures douloureuses, vous passerez ainsi de Nazareth au Calvaire, vous tenant debout avec Marie, bien droite au pied de la croix, accomplissant dans votre chair ce qui manque à la Passion du Christ pour le salut de l’âme de vos enfants.
Puis levez les yeux et regardez Marie dans la gloire de son Assomption et de son couronnement : voyez comment Dieu a récompensé sa Mère ; voyez ce qu’a fait la piété du Fils, et tâchez d’y apercevoir un reflet de la couronne qui vous est promise.

Le Retable d’Issenheim – La Vierge – Matthias Grünewald

La femme catholique a recopié ce texte de Dom Gérard m.b. sur la revue ITINÉRAIRES

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Femme au foyer

La presse nous livre son dernier “scoop” : d’après certaines études, les hommes ayant des revenus moins importants que leurs femmes risquent statistiquement plus de les tromper. Sans rire ?

Une étude publiée ce lundi aux Etats-Unis révèle que les hommes gagnant moins d’argent que leur femme sont proportionnellement plus enclins à l’adultère. Une manière de “restaurer leur masculinité”.

Christin Munsch, doctorante en sociologie à l’Université Cornell aux Etats-Unis vient de dévoiler les résultats d’une étude sur les liens entre l’argent et la fidélité qu’elle a mené sur une période de 6 ans auprès de 1.024 hommes et de 1.559 femmes mariés ou en couple depuis au moins un an. La conclusion la plus surprenante est que les hommes gagnant moins d’argent que leur femme auraient tendance à la tromper plus facilement. (…)

Gagner moins d’argent que sa partenaire féminine peut menacer l’identité masculine des hommes en remettant en cause la notion traditionnelle qui les définit comme ceux qui subviennent aux besoins” de la famille, explique la chercheuse. Tromper sa partenaire serait un moyen pour les hommes de restaurer leur masculinité ressentie comme menacée par cette situation. “Ce lien de cause à effet peut être particulièrement prononcé dans certains groupes de la population fortement attachés à une masculinité traditionnelle, comme les hommes d’origine latino-américaine“, précise-t-elle. (…)

Par contre, le phénomène serait inversé pour les femmes. Si l’épouse dépend financièrement de son mari, elle aurait moins tendance à le tromper. “(…) La dépendance financière n’est pas une menace pour les femmes“, explique Christin Munsch. “Au contraire (…), il est plus probable que, pour les femmes, la dépendance financière les conduit à être plus fidèles“.

 

 

La femme catholique a lu cet article ICI


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