Archives de Tag: société

Benoît XVI parle de Saint Joseph

saint_st_joseph_19_mars

Chers frères et soeurs !

(…). Je désire aujourd’hui porter mon regard sur la figure de saint Joseph. Dans la page évangélique de ce jour, saint Luc présente la Vierge Marie comme « fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David » (Lc 1, 27). C’est toutefois l’évangéliste Matthieu qui accorde le plus d’importance au père putatif de Jésus, en soulignant que, à travers lui, l’Enfant résultait légalement inscrit dans la descendance de David, et accomplissait ainsi les Écritures, dans lesquelles le Messie était prophétisé comme « fils de David ». Mais le rôle de Joseph ne peut certainement pas se réduire à cet aspect juridique. Il est le modèle de l’homme « juste » (Mt 1, 19), qui, en parfaite harmonie avec son épouse, accueille le Fils de Dieu fait homme et veille sur sa croissance humaine. C’est pourquoi, au cours des jours qui précèdent Noël, il est plus que jamais opportun d’établir une sorte de dialogue spirituel avec saint Joseph, afin qu’il nous aide à vivre en plénitude ce grand mystère de la foi.

Le bien-aimé Pape Jean-Paul II, qui avait une profonde dévotion pour saint Joseph nous a laissé une méditation admirable qui lui est consacrée dans l’Exhortation apostolique Redemptoris Custos, « Le Gardien du Rédempteur »Le Gardien du Rédempteur, exhortation apostolique de Jean-Paul II.

Parmi les nombreux aspects qu’il met en lumière, un accent particulier est placé sur le silence de saint Joseph. Son silence est un silence empreint de contemplation du mystère de Dieu, dans une attitude de disponibilité totale aux volontés divines. En d’autres termes, le silence de saint Joseph ne manifeste pas un vide intérieur, mais au contraire la plénitude de foi qu’il porte dans son cœur, et qui guide chacune de ses pensées et chacune de ses actions. Un silence grâce auquel Joseph, à l’unisson avec Marie, conserve la Parole de Dieu, connue à travers les Ecritures Saintes, en la confrontant en permanence avec les événements de la vie de Jésus ; un silence tissé de prière constante, prière de bénédiction du Seigneur, d’adoration de sa sainte volonté et de confiance sans réserve à sa providence. Il n’est pas exagéré de penser que c’est précisément de son « père » Joseph que Jésus a appris – sur le plan humain – la solidité intérieure qui est le présupposé de la justice authentique, la « justice supérieure » qu’Il enseignera un jour à ses disciples (cf. Mt 5, 20).

Laissons-nous « contaminer » par le silence de saint Joseph !

Nous en avons tant besoin, dans un monde souvent trop bruyant, qui ne favorise pas le recueillement et l’écoute de la voix de Dieu. En ce temps de préparation à Noël, cultivons le recueillement intérieur, pour accueillir et conserver Jésus dans notre vie.

Benoît XVI, Angélus place Saint Pierre, 18 décembre 2005

 9eme-jour---El_Greco_St_Joseph_and_the_Christ_Child_1597-99

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, 19 mars, nous célébrons la solennité de saint Joseph, mais étant donné que celle-ci tombe le troisième dimanche du Carême, sa célébration liturgique est reportée à demain. Cependant, le contexte marial de l’Angélus nous invite à nous pencher aujourd’hui avec vénération sur la figure de l’époux de la Bienheureuse Vierge Marie et Patron de l’Eglise universelle. Je suis heureux de rappeler que le bien-aimé Jean-Paul II avait également une grande dévotion pour saint Joseph à qui il consacra l’Exhortation apostolique Redemptoris Custos – le Gardien du Rédempteur, et de l’assistance duquel il fit certainement l’expérience à l’heure de sa mort.

La figure de ce grand Saint, même s’il est resté plutôt caché, revêt une importance fondamentale dans l’histoire du salut. Avant tout, appartenant à la tribu de Juda, il relia Jésus à la descendance davidique, si bien que, réalisant les promesses concernant le Messie, le Fils de la Vierge Marie peut vraiment être appelé « fils de David ». L’Évangile de Matthieu, en particulier, met en relief les prophéties messianiques qui trouvent leur accomplissement grâce au rôle de Joseph : la naissance de Jésus à Bethléem (2, 1-6) ; son passage en Egypte, où la sainte famille s’était réfugiée (2, 13-15) ; le surnom de « Nazaréen » (2, 22-23). A l’instar de son épouse, Marie, il s’est montré en tout cela, un authentique héritier de la foi d’Abraham : foi dans le Dieu qui conduit les événements de l’histoire selon son mystérieux dessein de salut. Sa grandeur, comme celle de Marie, ressort encore davantage du fait que sa mission se soit accomplie dans l’humilité et la vie cachée de la maison de Nazareth. Du reste, Dieu lui-même dans la Personne de son Fils incarné, a choisi cette voie et ce style – l’humilité et la vie cachée – dans son existence terrestre.

L’exemple de saint Joseph est pour nous tous une puissante invitation à accomplir avec fidélité, simplicité et modestie, le rôle que la Providence nous a confié. Je pense avant tout aux pères et aux mères de famille, et je prie afin qu’ils sachent toujours apprécier la beauté d’une vie simple, de travail, en cultivant avec tendresse la relation conjugale et en accomplissant avec enthousiasme la grande et difficile mission éducative. Que saint Joseph obtienne pour les prêtres, qui exercent la paternité vis à vis des communautés ecclésiales, d’aimer l’Eglise avec affection et dévouement total, et qu’il aide les personnes consacrées à observer, dans la joie et la fidélité, les conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Qu’il protège les travailleurs du monde entier, afin qu’ils contribuent à travers leurs différentes professions, au progrès de l’humanité tout entière et qu’il aide chaque chrétien à faire, avec confiance et avec amour, la volonté de Dieu, en coopérant ainsi à l’accomplissement de l’œuvre du salut.

ROME, intervention du pape Benoît XVI lors de la prière de l’Angélus du dimanche 19 mars.

Publicités

« Ma femme ne travaille pas! »

femme-au-foyer-02030

Tannée de toujours entendre la phrase « que fais-tu toute la journée? », Ryshell Castleberry a décidé de rédiger un hommage à toutes les mères au foyer par l’entremise de Facebook. Sa publication est rapidement devenue virale, et elle a été partagée plus de 300 000 fois.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce n’est pas suffisant. Cette publication doit être lue par tout le monde pour réellement apprécier tous les sacrifices et les efforts faits par les mères au foyer pour leurs familles.

Plus d’info : Facebook | Source : BoredPanda

Ma femme ne travaille pas
Ma femme ne fonctionne pas !!!

Conversation entre un mari (M) et un psychologue (P) :
P : Que faites-vous dans la vie, Mr Rogers ?
M : Je suis comptable dans une banque…
P : Et votre femme ?
M : Elle ne travaille pas. C’est une mère au foyer.
P : Qui prépare le petit déjeuner pour votre famille ?
M : Ma femme, puisqu’elle ne travaille pas.
P : À quelle heure votre femme se réveille-t-elle le matin ?
M : Elle se réveille très tôt puisque les choses doivent être organisées. Elle prépare les repas du midi pour les enfants, elle s’assure qu’ils sont bien habillés et peignés, qu’ils ont mangé, brossé leurs dents et amassé tous leurs effets scolaires. Elle se réveille avec le bébé, change sa couche et l’allaite.
P : Comment vos enfants se rendent-ils à l’école ?
M : Ma femme les conduit à l’école, puisqu’elle ne travaille pas.
P : Après avoir conduit les enfants à l’école, que fait-elle ?
M : Elle se rend au supermarché pour faire l’épicerie ou elle fait des courses pour la maison. Parfois, elle oublie quelque chose et doit refaire tout le trajet avec le bébé qui pleure. Une fois retournée à la maison, elle doit nourrir le bébé et l’allaiter, changer sa couche et le préparer pour la sieste, nettoyer la maison et faire la lessive. Vous savez, puisqu’elle ne travaille pas.
P : Le soir, lorsque vous revenez du bureau, que faites-vous ?
M : Je me repose, bien entendu. Je suis épuisé de ma longue journée de travail à la banque.
P : Que fait votre femme le soir ?
M : Elle prépare le dîner, nous sert à manger, lave la vaisselle, nettoie la maison et promène le chien. Après avoir aidé les enfants avec leurs devoirs, elle les prépare pour le dodo et vérifie qu’ils ont brossé leurs dents. Ensuite, elle change la couche du bébé et l’allaite à nouveau. Lorsqu’elle est au lit, elle se réveille régulièrement pour allaiter et changer des couches au besoin, puisqu’elle ne doit pas se lever pour aller travailler.

Voilà la routine quotidienne de plusieurs femmes du monde entier. Elle commence à l’aube et continue jusqu’aux petites heures du matin… et ça s’appelle « ne travaille pas » ?!
Être une mère au foyer ne requiert peut-être pas de diplôme, mais c’est un rôle familial indispensable !
Appréciez votre femme, votre mère, votre grand-mère, votre tante, votre sœur ou votre fille… parce que leurs sacrifices sont inestimables.

Quelqu’un m’a demandé…
« Es-tu une femme qui travaille, ou es-tu simplement une mère au foyer ? »

J’ai répondu :
Je suis une femme qui travaille à la maison, 24 heures par jour…
Je suis une mère,
Je suis une femme,
Je suis une fille,
Je suis un réveille-matin,
Je suis la cuisinière,
Je suis la femme de ménage,
Je suis la maîtresse de maison,
Je suis la serveuse,
Je suis la nounou,
Je suis une infirmière,
Je suis une travailleuse manuelle,
Je suis une agente de sécurité,
Je suis la conseillère,
Je suis la consolatrice,
Je n’ai pas de congés,
Je travaille jour et nuit,
Je suis toujours en service,
Je ne suis pas payée et…
Même dans ce cas, j’entends souvent la phrase :
« Mais que fais-tu toute la journée ? »

En hommage à toutes les femmes qui consacrent leurs vies au bien-être de leurs familles.

À partager avec toutes les magnifiques femmes présentes dans votre vie.

Ryshell Castleberry

123455xj2Tout en cherchant une photographie pour illustrer le propos de Ryshell Castleberry, j’ai lu la  lettre d’un époux à sa femme chérie, qui refuse de travailler pendant qu’il « se  crève », [sic]!


La Reconquista pour la chrétienté !

La Question : Actualité Religieuse

2339463604_6a8e5ffdce_b

Saint Vincent Ferrier, décédé en 1419, fut canonisé en 1455,
il engagea en Espagne les chrétiens à la ferveur,
prêcha la conversion et encouragea le baptême des Juifs et musulmans.

Le combat sous le signe de la Croix !

L’idéologie républicaine, montrant ses limites et nous conduisant droit à la catastrophe en tous domaines, il convient de prendre très au sérieux la vision contre-révolutionnaire, seule capable d’opérer une transformation salvatrice de la situation, ceci avant qu’il ne soit trop tard.

En effet, la société européenne est de toutes parts attaquée et menacée en ses fondements substantiels, de sorte que si rien ne vient rapidement mettre un  terme à cette fatale décomposition, il est certain que demain tout ce qui fit la grandeur séculaire de notre civilisation sera définitivement perdu.

Si nous sommes convaincus que l’avenir ne sera en définitive que ce que Dieu voudra qu’il soit, ou ce…

View original post 2 531 mots de plus


La femme est naturellement ordonnée à la vie du foyer

ouvriere_renault_douai

« Enfin, ce que peut réaliser un homme valide et dans la force de l’âge ne peut être équitablement demandé à une femme ou à un enfant. L’enfant en particulier – et ceci demande à être observé strictement – ne doit entrer à l’usine qu’après que l’âge aura suffisamment développé en lui les forces physiques, intellectuelles et morales. Sinon, comme une herbe encore tendre, il se verra flétri par un travail trop précoce et c’en sera fait de son éducation.

De même, il est des travaux moins adaptés à la femme que la nature destine plutôt aux ouvrages domestiquesouvrages d’ailleurs qui sauvegardent admirablement l’honneur de son sexe et répondent mieux, par nature, à ce que demandent la bonne éducation des enfants et la prospérité de la famille« .

         De Rerum Novarum 

539717-worker-assembles-engine-for-new-porsche-918-spyder-sports-car-at-production-line-of-german-car-manuf

Oui, pour le bien de la société, il faut revaloriser le travail de la mère au foyer et les fonctions maternelles

Il est bon de se rappeler quelques vérités dans le débat actuel sur l’individualisation de l’impôt qui veut enchaîner la femme sur le marché du travail :

« Ce sera l’honneur de la société d’assurer à la mère la possibilité d’élever ses enfants et de se consacrer à leur éducation (…)

Qu’elle soit contrainte à abandonner ces tâches pour prendre un emploi rétribué hors de chez elle n’est pas juste du point de vue du bien de la société et de la famille si cela contredit ou rend difficiles les buts premiers de la mission maternelle ».

C’est le bienheureux Jean-Paul II qui l’écrit dans sa magnifique encycliqueLaborem exercens (chapitre 19) :

« Une juste rémunération du travail de l’adulte chargé de famille est celle qui sera suffisante pour fonder et faire vivre dignement sa famille et pour en assurer l’avenir. Cette rémunération peut être réalisée soit par l’intermédiaire de ce qu’on appelle le salaire familial, c’est-à-dire un salaire unique donné au chef de famille pour son travail, et qui est suffisant pour les besoins de sa famille sans que son épouse soit obligée de prendre un travail rétribué hors de son foyer, soit par l’intermédiaire d’autres mesures sociales, telles que les allocations familiales ou les allocations de la mère au foyer, allocations qui doivent correspondre aux besoins effectifs, c’est-à-dire au nombre de personnes à charge durant tout le temps où elles ne sont pas capables d’assumer dignement la responsabilité de leur propre vie.

L’expérience confirme qu’il est nécessaire de s’employer en faveur de la revalorisation sociale des fonctions maternellesdu labeur qui y est lié, et du besoin que les enfants ont de soins, d’amour et d’affection pour être capables de devenir des personnes responsables, moralement et religieusement adultes, psychologiquement équilibrées. Ce sera l’honneur de la société d’assurer à la mère _ sans faire obstacle à sa liberté, sans discrimination psychologique ou pratique, sans qu’elle soit pénalisée par rapport aux autres femmes _ la possibilité d’élever ses enfants et de se consacrer à leur éducation selon les différents besoins de leur âge.Qu’elle soit contrainte à abandonner ces tâches pour prendre un emploi rétribué hors de chez elle n’est pas juste du point de vue du bien de la société et de la famille si cela contredit ou rend difficiles les buts premiers de la mission maternelle 26.

Dans ce contexte, on doit souligner que, d’une façon plus générale, il est nécessaire d’organiser et d’adapter tout le processus du travail de manière à respecter les exigences de la personne et ses formes de vie, et avant tout de sa vie de famille, en tenant compte de l’âge et du sexe de chacun. C’est un fait que, dans beaucoup de sociétés, les femmes travaillent dans presque tous les secteurs de la vie. Il convient cependant qu’elles puissent remplir pleinement leurs tâches selon le caractère qui leur est propre, sans discrimination et sans exclusion des emplois dont elles sont capables, mais aussi sans manquer au respect de leurs aspirations familiales et du rôle spécifique qui leur revient, à côté de l’homme, dans la formation du bien commun de la sociétéLa vraie promotion de la femme exige que le travail soit structuré de manière qu’elle ne soit pas obligée de payer sa promotion par l’abandon de sa propre spécificité et au détriment de sa famille dans laquelle elle a, en tant que mère, un rôle irremplaçable ».

123455xj2La femme catholique a lu ces articles sur Le salon beige


Véronique Lévy : L’amour du Christ m’a ressuscitée !

Veronique-Levy-est-tombee-amoureuse-du-Christ_article_landscape_pm_v8

Véronique Lévy interviewée par Didier Rochard, pour son livre « Montre Moi Ton Visage » (éditions du Cerf) préface de Mgr Moulins-Beaufort dans le Libre Journal des auditeurs de Radio Courtoisie


Les trois types de femmes qui sauveront la civilisation chrétienne

Sermon de l’abbé Salenave le 10 mai 2015 en la Solennité de Sainte Jeanne d’Arc


Mgr Fellay : « Pour garder la foi catholique nous sommes prêts à tout perdre » !

La Question : Actualité Religieuse

mgr_fellay

Frise 1

« Tout ce que vous faites pour les âmes, ne peut pas rester au niveau des hommes, ça ne sert à rien … Pour le Ciel, votre action c’est de donner la grâce, et la grâce est surnaturelle, et cela vous ne pouvez en aucune manière le produire par vous-mêmes, il n’y a que Dieu qui produit la grâce, parce que la grâce est une participation à la vie et à la nature de Dieu… » (S.E. Mgr Bernard Fellay, Supérieur Général de la FSSPX, Sermon du dimanche 27 janvier 2013, à l’occasion de l’ordination sacerdotale de M. l’abbé Bertrand).

ihs Frise

Source : La Porte Latine

View original post


La Journée des droits des femmes a t’elle encore un sens?

téléchargement

Selon  Bérénice Levet, non! Cette journée des droits des femmes n’a plus aucun sens.

Et s’il reste des poches de non-droit pour les femmes dans nos sociétés, voire du patriarcat, il est d’importation. Et alors, en référence au film de Jean-Paul Lilienfeld, à tout prendre, il faudrait la remplacer par La Journée de la jupe! Cette requalification de la Journée internationale de la femme en Journée des droits des femmes est extrêmement fallacieuse car ce n’est plus l’égalité des droits qui est poursuivie par le féminisme contemporain mais l’interchangeabilité des êtres.

téléchargement
Ce féminisme se nourrit d’une confusion sémantique entre égalité, différence et discrimination. Ce qui donne un semblant de légitimité à cette journée dans nos pays, ce n’est pas l’expérience, ce sont des statistiques, des chiffres. Et pourtant, les femmes accèdent toujours plus aux postes de direction. Il suffit de considérer la dernière campagne municipale à Paris: l’essentiel des candidats était des femmes, et les seuls susceptibles d’être élus étaient Nathalie Kosciusko-Morizet et Anne Hidalgo! Mais leur complaisance victimaire, dénoncée par Élisabeth Badinter, qui, en tant que féministe de la responsabilité, se sent trahie par cette attitude, leur fait refuser le réel…

123455xj2

La femme catholique lit la suite de cet article sur le FIGAROVOX/TRIBUNE 


SAVOIR PERDRE SON TEMPS

$_57

Nous avons besoin de travailler pour manger et pour vivre.

L’accomplissement de la tâche nourricière nous absorbe tout entier et nous continuons à travailler de peur qu’il ne nous manque quelque chose, alors même qu’il ne nous manque plus rien, et que nous suffoquons sous la quantité des objets que nous fabriquons, que nous achetons, voire même que nous pourrions acheter. De fil en aiguille, nous travaillons pour travailler comme si, en soi, le travail avait quelque valeur. Nous avons oublié qu’il était ordonné à autre chose qu’à la chose qu’il représente. Il devient à lui-même sa propre fin et, comme tel, il nous ennuie. Au lieu que le travail soit réalisé pour l’homme, tout se passe comme si c’était l’homme qui était fait pour le travail. Nous nous emmurons en lui et nous faisons de cette tombe laborieuse un des plus grands sujets de gloire.

Combien d’infidélités à l’autre et d’inattentions le travail n’excuse-t-il pas ? Combien de lâchetés n’y a-t-il pas dans notre précipitation, dans le débordement de nos professions mises au premier rang de nos soucis?

Nous travaillons pour que jamais rien ne nous manque, ou – plus subtilement encore – pour que rien ne manque à nos familles et à nos frères. Les grandes causes se confondent avec le gavage des oies.

Un jour ou l’autre, cependant, alors que nous croirons « avoir tout fait » pour notre femme, notre enfant ou notre frère et qu’ils ne « manqueront de rien », nous nous étonnerons d’apprendre qu’ils sont malades d’être rassasiés et qu’ils demandent autre chose. Nous demanderons encore « quoi faire », incapables que nous serons d’entrevoir que nous « faisons » trop et que c’est de cela qu’ils meurent. Ils ne sont mesurés qu’à l’empan de notre effort ou de notre fatigue et nous leur disons trop que c’est « pour eux ». Les gouttes de sueur et le mérite de l’effort ne valorisent que nous.

L’âpreté au travail est l’obstacle majeur à la découverte de l’espace vide qui, dans nos cœurs, témoigne des autres : nous faisons mine d’y entasser la fausse présence de nos bricoles. Ils ne perçoivent même plus que nous confisquons un air et un espace qui sont les leurs tant ils sont submergés de nos préoccupations agressives ou doucereuses. Ils ne peuvent plus y échapper sans nous irriter. Aussi la seule manière qui soit à leur disposition de nier ou de refuser cette invasion est de se nier eux-mêmes très inconsciemment certes, mais très efficacement. En tant qu’objets de notre besoin, ils disparaissent dans la maladie ce qui n’est pas sans entraîner une certaine satisfaction et le redoublement de la possession… car, s’ils sont malades, il faut bien que nous leur venions en aide. Cercle infernal dans lequel notre activité tourne à vide sur elle-même et ne témoigne de rien d’autre. Elle nous « défait ».

« Il y a quelque chose de pire que l’oisiveté pour défaire un homme : le travail – dit Jean Sullivan dans « Le plus petit abîme » – quelque chose de pire que l’échec : la réussite… Je vais te dire ce que ta femme, tes enfants attendent de toi : que tu existes ».

La tentation du pseudo-dépassement de soi dans le labeur est subtile. D’autant plus que le surmenage attristant qui l’atteste ne va pas sans une secrète jouissance. Il sert de révélateur discret ou éclatant à la valeureuse et souffrante image que nous nous faisons et que les autres se font de nous. Le « forcing » est au travail ce que le perfectionnisme est à la prière: mécanisme d’engloutissement. « Ne pas perdre une minute », ne pas savoir « rester sans rien faire », sont des formules qui, érigées ici et là en formules d’éducation, dénotent l’organisation contraignante qui nous dévore dans nos loisirs mêmes et nous dépossède jusqu’au dénuement de tout plaisir.

La préoccupation, la dépendance, la fatigue et l’usure nous rassurent et nous justifient. Elles nous font accéder au sentiment névrotique d’exister. Nous en avons besoin comme d’une drogue. Plus la vie prend d’accélération, plus 1′automatisme de nos gestes nous rend ivres et moins nous percevons le sens de la vie dans le surcroît d’une présence qui cesse d’être efficace. Le militantisme du chrétien, le pointillisme du religieux, l’extensionisme de l’homme d’affaires sont des contrefaçons de l’action dans leur ordre respectif: social, religieux, familial. Ces contrefaçons mènent tôt ou tard à la faillite, à l’isolement ou à la dépression nerveuse.

L’enfouissement dans le travail est peut-être le plus grand obstacle à la découverte de soi et de l’autre. Il n’est pas vrai que l’homme ne se réalise que dans l’action. L’action ne se soutient que si, dans et au-delà de la transformation et de son objet, elle ouvre sur « autre chose », sur une présence à soi et à l’autre, irréductible à la satisfaction de la production. Au cœur de toute production vraie, quelque chose est « donné », qui n’est pas de son ordre. Celui qui travaille vraiment éprouve toujours l’objet de son travail comme un don. S’il en est ainsi, c’est que l’ouvrage ou l’œuvre ont remplacé la besogne.

Plus que nous, nos grands-mères s’entendaient à distinguer l’ouvrage de la besogne. La besogne répond à la nécessité de cuisiner, d’entretenir la maison pour la « faire tourner ». Elle est un travail qu’il est nécessaire d’accomplir. L’ouvrage, lui, n’est pas dénué d’une note de nécessité, mais, plus que la besogne, il implique la dimension d’un désir ; c’est une broderie, un tricot, une layette… Il demande une participation du cœur car il s’adresse au cœur de l’autre. Il est rarement confectionné dans la précipitation de la contrainte. Il célèbre plutôt le moment d’une existence. Il demande du temps et que l’on en parle. Le temps qui lui est consacré se confond avec la silencieuse parole déjà adressée au bébé qui va naître ou avec le souvenir qui rend présent celui ou celle auquel il est destiné. L’ouvrage devient le support de la parole qu’on dit à quelqu’un…

Quand est désamorcé le besoin d’agir, la production de l’homme devient œuvre. Au lieu de s’évanouir dans la vanité de son auteur, l’œuvre s’en détache. Elle témoigne d’une autre existence et se donne comme porteuse d’un message que saura lire ou sentir en elle l’absent auquel elle s’adresse.

Ainsi comme n’importe quelle activité portant le sceau de l’humain, le travail peut être prière. Comme elle, il est passage de la contrainte de l′obligation à la gratuité de l’amour. Les gens qui prient vraiment comme ceux qui travaillent vraiment, on les reconnaît à ceci qu’ils n’économisent pas leur souffle en même temps que leur prière et leurs travaux ne sont encombrants pour personne. Ils savent, d’ailleurs, merveilleusement perdre leur temps. C’est que pour eux, il n’y a pas de temps perdu. Le temps, l’espace, le savoir ne sont plus vécus seulement comme des objets à acquérir et qui les rassasieraient, mais aussi comme la révélation de leur présence à eux-mêmes, au monde et à Dieu.

123455xj2La femme catholique a lu cet article sur le site de Denis VASSE, s. j.

Extrait de :« Le temps du désir », Le Seuil 1969. in Vie Chrétienne, N°322, juillet 1988, p.1-3.


A la Sainte et Pieuse Mémoire du Roi Louis XVI

21

 

exécuté

 le

 21 janvier 1793


%d blogueurs aiment cette page :