Archives de Tag: Féminisme

La femme moderne selon Marc Bonnant

« De la part des femmes, c’est une démarche totalement suicidaire. La femme avait des fonctions sacrales, et de dire que ces fonctions étaient la maternité, les figures du lien, les dieux lares, les vestales, qu’elle était la gardienne du bonheur, l’ordonnatrice de la vie, ce n’est pas la réduire, c’est l’exalter. La femme était notre passion transitive.
On convoitait une femme, on aimait une femme. La femme au fond était notre complément d’objet direct. Elle a voulu être sujet, ce qui a créé un grand désordre dans notre grammaire. A mon sens, les femmes ont tout perdu. Elles ont perdu notre admiration fébrile, elles nous ont proposé une sorte de camaraderie de chambrée, mais pour cela nous avons déjà le service militaire…
L’égalité n’est pas une conquête légitime pour vous?
Il n’y a aucune raison que mon coeur s’embrase pour un autre moi-même. Les femmes ont basculé dans un psittacisme (n.d.l.r.: répétition machinale) dérisoire du masculin. Elles ont fait la démonstration rapide qu’elles savent faire ce que nous faisons. Quel grand avènement pour l’humanité que d’avoir des sapeuses-pompières, des procureuses atrabilaires, de bouffonnes candidates présidentielles et autres cheffes humorales…
Elles ont voulu se dépouiller de ce qui faisait d’elles ces êtres infiniment éthérés, supérieurs. Nous convenons tous, nous les hommes, qu’elles nous sont mille fois supérieures. Pourquoi veulent-elles absurdement se contenter d’être nos égales?
Comment les traiter alors? De chevaliers servants à reines?
J’aime que l’on ait avec une femme un rapport cultuel. Il faut l’honorer, au sens multiple, comme on fait monter l’encens. Lorsque, cessant d’être objet de tout, la femme a voulu être sujet de rien, je crois qu’elle a brisé nos rêves en même temps qu’elle a abandonné son empire et son emprise. La conséquence de tout cela, c’est que nous regardons, désormais, les femmes avec indifférence. Face à la femme moderne, nous n’avons plus que quelques parades: le sport et l’onanisme pour la plupart, la littérature et la pédérastie pour les plus raffinés d’entre nous. Les femmes ont cessé d’être aimables en voulant nous ressembler, avec des brutalités, des vulgarités, des ambitions subalternes, des fatigues inesthétiques. Comme c’est dommage. »

Marc Bonnant

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La femme catholique

123455xj2 La femme catholique à regardé cette vidéo sur le site Contre-Révolution


Les trois types de femmes qui sauveront la civilisation chrétienne

Sermon de l’abbé Salenave le 10 mai 2015 en la Solennité de Sainte Jeanne d’Arc


Audrey, entends ma voix

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Audrey Pulvar

Audrey Pulvar

« Audrey,

C’est Jeanne qui te parle,

Vendredi, tu monteras sur l’estrade, devant la foule, dos à cette immense cathédrale d’Orléans fouettée par le vent.

Tu y feras un discours sur moi, qui suis aussi montée sur une estrade il y a 584 ans. Non pas pour parler sous les applaudissements, mais pour y être brûlée, tant ma parole dérangeait.

Si je m’adresse à toi aujourd’hui, c’est pour te rappeler, avant que tu prennes la parole, ce que fut mon courage, et ce qu’il ne fut pas.

Mon courage fut celui de croire au Royaume de France à un moment où personne n’y croyait. Ni les princes, ni les prêtres.
Il fut aussi de croire suffisamment en moi, jeune femme, et en Dieu qui me guidait, pour entraîner derrière moi les armées du Roi de France.
Mon courage fut enfin celui de défier l’inquisition de l’époque, qui n’était là que pour m’accuser d’avoir changé le sens de l’Histoire.

Quand tu parleras de moi Audrey, ne confonds pas mon courage intemporel avec des combats politiques qui ne sont que le reflet de l’esprit du temps.

Il est normal de défendre la dignité de la femme. Moi-même, jeune fille au milieu d’hommes, j’ai bataillé pour être respectée, surtout dans cette prison rouennaise où les hommes de garde me destinaient aux pires traitements.

Pour autant, lorsque tu déclares que « le féminisme est un combat total », et que tu soutiens « totalement les Femen », méfie-toi. Le respect de la condition féminine n’est pas une question de « féminisme total », voire totalitaire, ou d’outrage événementiel. D’autant plus quand ce combat tend à nier la différence entre la femme et l’homme, auquel je tiens plus que tout !

J’ai respecté mon père, dirigé des soldats, obéi à mon Roi, sans jamais y voir de domination patriarcale à renverser.

Je ne suis pas une Femen des temps anciens.
Pour elles, sur les balcons des grands hôtels parisiens, point de risque de bûcher.

Enfin, en tant que journaliste, tu parleras certainement de cette tragédie qui a touché notre pays en janvier dernier. A ce sujet, comprends qu’il n’est pas possible d’établir un parallèle entre moi et ces femmes et hommes assassinés, simplement au titre que nous nous sommes réunis par la même opposition au fanatisme religieux.

J’ai été mise sur un bûcher pour avoir lutté contre les intérêts des puissants, sans jamais insulter la foi du peuple de France. Les journalistes de Charlie Hebdo ont critiqué la foi du peuple de France, en connivence avec les intérêts des puissants.
Cela ne retire rien à mon chagrin profond devant ce scandale meurtrier. Mais eux et moi n’avons jamais eu le même combat.

Je ne suis pas une Charlie des temps anciens.

J’espère que tu entendras ma voix Audrey. Car je sais que tu es suffisamment intelligente et forte pour résister à la tentation largement répandue de me faire porter tous les combats politiques du temps.

Bonnes Fêtes, Audrey. J’écouterai attentivement ton discours, à l’heure où le silence se fera dans cette rue noire de monde qui porte aujourd’hui mon nom.

Et quand tu marcheras dans les rues de la ville, n’hésite pas à regarder les visages des passants, à t’imaginer la dureté des combats dans ces rues chargées d’histoire, et à t’étonner du sain rassemblement de tous les habitants et de toutes les institutions de la ville autour de ma petite personne. Une petite bergère d’à peine 20 ans.

C’est ici que réside la vraie originalité et le vrai courage en notre temps.

C’est là que se trouve l’esprit de Jeanne. »

123455xj2La femme catholique a lu ce texte sur la page Audrey, entends ma voix


La Journée des droits des femmes a t’elle encore un sens?

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Selon  Bérénice Levet, non! Cette journée des droits des femmes n’a plus aucun sens.

Et s’il reste des poches de non-droit pour les femmes dans nos sociétés, voire du patriarcat, il est d’importation. Et alors, en référence au film de Jean-Paul Lilienfeld, à tout prendre, il faudrait la remplacer par La Journée de la jupe! Cette requalification de la Journée internationale de la femme en Journée des droits des femmes est extrêmement fallacieuse car ce n’est plus l’égalité des droits qui est poursuivie par le féminisme contemporain mais l’interchangeabilité des êtres.

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Ce féminisme se nourrit d’une confusion sémantique entre égalité, différence et discrimination. Ce qui donne un semblant de légitimité à cette journée dans nos pays, ce n’est pas l’expérience, ce sont des statistiques, des chiffres. Et pourtant, les femmes accèdent toujours plus aux postes de direction. Il suffit de considérer la dernière campagne municipale à Paris: l’essentiel des candidats était des femmes, et les seuls susceptibles d’être élus étaient Nathalie Kosciusko-Morizet et Anne Hidalgo! Mais leur complaisance victimaire, dénoncée par Élisabeth Badinter, qui, en tant que féministe de la responsabilité, se sent trahie par cette attitude, leur fait refuser le réel…

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La femme catholique lit la suite de cet article sur le FIGAROVOX/TRIBUNE 


La femme éternelle

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Préface de Xavier Tilliette, s.j.
Traduction et notes d’Henri Peter

 Edition VIA ROMANA

   L’éternel féminin fascine autant les hommes que les femmes. Les poètes le chantent, les philosophes le scrutent, les théologiens l’exaltent. Ce chef d’œuvre de l’écrivain allemande Gertrud von Le Fort (1876-1971) en témoigne, hymne intemporel inspiré par le regard d’Edith Stein, son amie déportée, moniale et fille de sainte Thérèse.

   Dans une prose déliée et mue par l’Amour, voici l’antidote à la guerre des sexes de Simone de Beauvoir, célébration dans le temps hors du temps, au-delà du temps d’une féminité transfigurée par la grâce de Dieu.

 

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   Poète, romancière et nouvelliste d’outre Rhin, Gertrud von Le Fort (1876-1971) a inspiré les plus grands écrivains du XXe siècle, parmi lesquels Georges Bernanos avec La dernière à l’échafaud. Son art littéraire servi par un sens théologique des plus aigus la rapproche de Marie Noël dont elle partage la foi chrétienne et l’amour de la nature.

 


“Femmes aujourd’hui” : manifeste pour une autre vision de la femme

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Nous, qui sommes Femmes et heureuses de l’être, estimons que :

« La femme d’aujourd’hui ne peut se reconnaître dans les mouvements féministes qui, au nom de l’égalité homme-femme, renient la féminité dans sa globalité, en amputant la femme de ses spécificités et de ses forces ». Il en résulte un appauvrissement de la société dans son ensemble.

1. Ce qu’est la femme

Ses forces : la femme est indispensable à l’accueil de l’être humain et complément du masculin. Cette complémentarité, qui n’est pas une “opposition”, conditionne l’humanité même. Elle est dotée d’attributs spécifiques et ne peut résulter de choix individuels. Son apport nécessaire à la société est d’une richesse unique et irremplaçable, différente de celle de l’homme.

Ses fragilités : elle est victime de l’image négative et dégradée de la femme dans son rapport à la maternité et au travail, qui a pu se développer dans certaines sociétés archaïques et qui fut paradoxalement reprise par le féminisme libertaire. Ce féminisme a ainsi contribué à culpabiliser et complexer les mères, à renforcer la pression des entreprises sur les femmes enceintes, à développer un modèle malthusien encourageant le recours à l’IVG, et entravant l’aspiration maternelle chez les femmes.

Or l’équilibre de notre société réside dans le plein accomplissement des aspirations familiales et “sociétales”de la femme, source de sa véritable liberté.

En effet, la vocation de la femme n’est pas obligatoirement ou uniquement dans le travail, elle est le cœur de la famille et de la société au sens large, c’est à dire que la société a besoin de la femme en tant qu’“être” engagé, que ce soit dans un engagement familial, associatif, politique, caritatif pour un “monde meilleur”… maternité incluse.

2. Propositions pour le respect de toute femme :

 

Changement de regard radical de la société sur la vocation de la femme :

la femme n’est pas “identique à l’homme” : égale en droit, mais différente et complémentaire.

Reconnaissance sociale de la maternité : rendre à la maternité sa fonction de pilier de la société. Dénoncer les pressions sociales, familiales ou professionnelles sur les femmes qui pourraient envisager une grossesse, la loi du silence concernant l’IVG et ses risques médicaux et psychologiques. Isolement de nombreuses mères. Surcharge imposée à de nombreuses femmes souvent forcées d’assumer seule à la fois le quotidien du foyer, l’accompagnement des enfants et une vie professionnelle active.

Évaluation de l’intérêt économique de la fonction d’éducateurs exercée majoritairement par la femmecréation d’un revenu parental pour toute personne choisissant de se consacrer entièrement à ce rôle essentiel et inscription dans le PIB : les modèles rénovés d’évaluation de la richesse nationale doivent parvenir à intégrer la parentalité.

Renforcement du lien social et familial : propositions de médiations pour aider à stabiliser la cellule de base de la société qu’est la famille (relations entre conjoints et entre parents et enfants ), et accompagnement spécifique des familles monoparentales.

3. En notre qualité de femmes et au nom de toutes les femmes silencieuses nous réclamons instamment :

– le respect et la protection de l’enfance, notamment en ce qui concerne les programmes télévisés.

– une éducation affective et sexuelle respectueuse de l’être humain et de l’altérité homme-femme.

– l’abolition immédiate de l’enseignement de la théorie du genre (gender), qui nie l’altérité.

– une politique active de prévention de l’IVG : lutte contre les discriminations faites aux femmes enceintes dans les entreprises et les pressions pour qu’elles avortent, moyens importants pour prévenir l’avortement chez les mineures et mieux accompagner celles qui souhaitent garder leur enfant (informations, associations).

– la lutte contre les violences faites aux femmes (discriminations professionnelles, prostitution, pornographie, violences morales et sexuelles, incitation à l’IVG, risques psychologiques liés à l’IVG non pris en compte).

 

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Par Sabine Faivre, Catherine VierlingAude Mirkovic, Cécile Edel, Marie de Nicolay etCatherine Giner, fondatrices de “Femmes aujourd’hui”, un collectif lancé le 20 juin 2011.

 

 e39bbd20d03511ac4a559635c84bf5cbLa femme catholique a lu cet article sur le site Nouvelles de France


Éloge de la féminité

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Détail de La Vierge à la chaise de Raphaël (env. 1514)

La femme et le mystère de la vie

S’il fut révélé au seul Joseph et non à la Vierge quelle serait la mission du Messie – racheter son peuple de ses péchés – le message de l’ange à Marie est d’une toute autre portée. À elle, et à elle seule dans un premier temps, est manifestée la richesse incommensurable de vie qui habite le Dieu incarné : « Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ; il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n’aura pas de fin » (Lc 1.32). Au premières heures de la résurrection, ce message fait à Marie trouvera son écho dans celui fait à la pécheresse repentie : c’est encore à une femme, Madeleine, qu’est manifestée en tout premier lieu le mystère de vie présent dans le Ressuscité.

C’est qu’en effet, le mystère de la femme est indissociablement lié à celui de la vie. L’émerveillement d’Adam le dit suffisamment : il contemple en sa femme la mère de tous les vivants (Ge 3.20). C’est d’ailleurs très probablement son amour de la vie profondément inscrit dans sa nature qui rend la femme si hostile à la guerre. Tandis que tout homme digne de ce nom a en lui quelque chose du guerrier, les Sabines enlevées par les Romains s’interposèrent pour éviter la guerre, et Véturie détourna son fils Coriolan de se venger de Rome. La femme est communion à la vie, non à la mort.

La femme et la mère incarnent en elles le mystère et la beauté de la vie humaine, mais aussi depuis le péché originel sa fragilité ; la vierge consacrée pour sa part magnifie la vie divine dont l’être humain est appelé à devenir participant. Toutes deux chantent le mystère de la vie, toutes deux peuvent se réclamer de Marie, la femme par excellence (Ge 3.15 et Ap. 12.1), à la fois Vierge et Mère.

 

La femme et la séduction

Parce que la vie est souverainement aimable, Dieu a donné à la femme une puissance séductrice. Il l’a voulue douée, au regard de l’homme, d’un charme indéfinissable. Sans doute est-ce historiquement lié au fait que la femme fut le seul être créé par Dieu au sein même du paradis terrestre, le seul fruit qu’Adam pu garder avec lui après en avoir été chassé. Plus philosophiquement, ce charme trouve sa raison profonde dans le caractère aimable et attirant de la vie, que la femme incarne.

Séduire : dès son plus jeune âge, la petite fille peut exercer un tel pouvoir. Pour le meilleur ou pour le pire, et c’est là une première différence entre Ève et Marie. Se-ducere, c’est-à-dire attirer à soi ; mais à quelle fin ? Le démon aussi fut un séducteur afin d’attirer l’homme à lui, c’est-à-dire lui faire partager sa perte ! Jamais la femme, sauf à se faire l’instrument de Satan, ne peut faire aboutir son charme à elle-même. Sa séduction ne se termine pas à sa personne, mais à ce qu’elle incarne, à la vie dans toute sa beauté et son mystère. Aussi sa capacité à plaire, sainement utilisée, est-elle doublée de pudeur et de discrétion : elle s’efface tout autant qu’elle attire, précisément pour amener l’autre à ce qu’elle incarne. Plus encore : elle veut par sa pudeur inspirer le respect, parce que la vie est éminemment respectable ! Voici tracés les grands traits de la saine coquetterie féminine : attraction qui rend la vie aimable, mais sans jamais lui ôter sa dimension de mystère…

Puissance d’attraction, de séduction, même les vierges consacrées n’en furent pas dépourvues, loin s’en faut ! La véritable cour qui suivait sainte Catherine de Sienne en ses déplacements, tout comme l’incroyable attraction d’une sainte Thérèse d’Avila ou de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, en témoignent suffisamment. Ces femmes attirent, non pour mener à elles, mais à plus grand qu’elles : la magnifique réalité de l’âme chrétienne épouse de Dieu, réalité qu’en leur virginité consacrée elles incarnent…

La femme et l’extase

Aller plus loin dans la réflexion réclame de souligner un autre point caractéristique de la féminité, inscrit dès la première page de la Genèse. Si Dieu a voulu la masculinité dans un rapport étroit avec une mission à accomplir – mener le créé à sa destinée – il n’en est pas de même pour la femme. Fondamentalement, son être psychologique la place en relation non avec quelque chose à accomplir mais, ce qui est beaucoup plus, en relation avec quelqu’un. Elle est « pour l’homme », tournée vers l’homme, « adjutor similem sibi » (Ge 2.18,20) et donnée comme telle à Adam (Ge 2.22). En un mot, la féminité est essentiellement relative.

Le rapport mère/enfant le montre jusqu’à l’évidence. Ce qui apparaît en tout premier lieu dans la mère est le remarquable dévouement dont elle sait faire preuve à l’endroit de son enfant. En elle, tout en tourné vers lui. Ses journées, et souvent ses nuits, sont rythmées par l’enfant. Il n’est pas jusqu’à son propre corps qui, en un cycle incessant de préparation à la vie puis de reconstruction, ne soit programmé pour lui. Elle est là, tout en éveil, disponible aux besoins de l’enfant. La loi propre de la mère, c’est l’enfant. Car la loi propre de la femme, c’est l’altérité. Le centre de gravité de la femme, si je puis dire, est hors d’elle-même : elle ne trouve sa définition que dans et par l’autre. En un mot, elle est extatique.

Il importe de saisir la portée d’une telle expression. Moins encore que l’homme, la femme ne trouve en elle-même son propre accomplissement. Le caractère extatique de sa vocation est expressément voulu de Dieu. La femme n’agit en tant que femme que dans la mesure où elle est donnée. Donnée à son mari elle est épouse, donnée à son enfant elle est mère, donnée à Dieu elle est vierge. La femme ne s’épanouit que dans le don à autrui. Si l’homme se donne à une œuvre et par là même accomplit sa mission qui consiste à servir, la femme pour sa part se donne à un être, et seul ce don lui permet de correspondre à sa vocation. Ou encore, s’il revient à l’activité masculine de perpétuer la puissance et la sagesse avec laquelle Dieu créa le monde, il est du propre de la femme d’exprimer le suprême vestige divin présent en toute œuvre créée : l’amour.

À la lumière de cette caractéristique féminine s’éclaire tout le drame du premier péché. Précisément parce qu’il revenait à la femme de refléter l’amour, c’est la femme et non point l’homme qui fut tentée par l’antique serpent. C’est Ève, et non point Adam, qui cueillit le fruit maléfique. Quelle fut sa première faiblesse ? D’aucuns affirment, certes avec raison, que jamais elle n’aurait dû converser avec le démon. Le père Dehau, dominicain, ajoute une nouvelle perspective. Le tentateur ne put séduire Ève qu’au moment où elle était seule, à l’instant précis où elle ne vivait pas cette relativité à Adam, pourtant constitutive de sa mission. De cette première prise d’indépendance de la femme, il résulta la perte de l’humanité ! Les siècles ont beau passer, le drame de la femme demeure en tout point identique. La recherche de soi est à la racine du péché de la femme. Quand la femme se recherche elle-même, elle s’éteint et s’autodétruit, pour son propre malheur comme pour celui d’autrui, et donc de la Cité.

La femme et l’effacement

Ce trait permet de dégager l’aspect qui authentifie chez une femme l’acceptation de sa vocation spécifique. Tout ce qui a hors de soi son centre de gravité est toujours plus ou moins impersonnel. Ainsi en est-il de la femme authentique. Sa vocation est une vocation cachée, faite de dépouillement et d’oubli de soi. En elle le « moi » est voilé, et il n’est pas jusqu’à son nom dont elle ne se dépouille pour laisser place à celui de l’être aimé, en l’occurrence son mari. C’est qu’il revient à l’épouse de disparaître pour faire corps avec l’époux, à la mère de disparaître au profit de l’enfant, à la vierge de disparaître au monde passager pour chanter celui de l’Au-delà, dès ici-bas partagé. La femme authentique est donc dépouillée d’elle-même, elle passe inaperçue au regard extérieur et superficiel.

En ce sens, Gertrude Von Le Fort aimait à dire que le signe spécifique de la femme est le voile. C’est là sa plus belle parure, car il manifeste son acceptation consciente et amoureuse d’une mission qui relève du domaine de l’invisible. Les artistes chrétiens ne s’y sont pas trompés lorsque ils sculptaient la mère bénie entre toutes sous les traits d’une Vierge noire :nigra sum sed formosa, je suis comme invisible au regard extérieur, mais toute belle au-dedans, car toute donnée. D’ailleurs, la seule chose que cette Vierge montre au passant, ce n’est point elle, mais son Fils qu’elle présente à l’humanité déchue. Son itinéraire dans l’histoire de la théologie n’obéit pas à d’autres lois : Marie ne s’élève pas dans ses dogmes pour plaider sa propre cause, mais pour défendre celle de son Fils. Au Concile d’Éphèse par exemple, elle n’est reconnue Mère de Dieu que pour réfuter l’hérésie christologique de Nestorius. La Vierge s’efface devant son Fils. N’en est-il pas plus ou moins ainsi de toute mère ? Elle ne se soucie guère d’agir et de briller que dans son fils. Elle est comme le piédestal de son enfant, elle ne veut de gloire que pour lui. C’est là sa vocation, sa noblesse et sa beauté : disparaître, pour transmettre.

Certes, il existe une dimension virile à tout développement humain : Deviens ce que tu es.C’est le pôle masculin de l’humanité. Mais il existe aussi une ligne féminine de ce même développement, et sa formule pourrait être celle donnée par le Seigneur à sainte Catherine de Sienne : Tu es celle qui n’est pas. Entre ces deux pôles se bâtit l’humanité. Et le moindre n’est pas celui de la féminité : le Fiat de réceptivité dont témoigne un être tout d’accueil qui disparaît à ses propres yeux – ancilla – n’est-il pas l’écho indispensable du Fiat prononcé par le Créateur ?

Le monde moderne n’a point compris cette dimension de la vocation féminine. L’effacement de la femme lui est tout simplement insupportable. Il la montre et la dévoile, il en fait l’objet d’une ostentation constante. Plutôt que de s’effacer, il l’invite à s’affirmer. Il veut pour elle une égalité parfaite avec l’homme. Il prône la parité homme femme dans le domaine politique, il permet à l’épouse de garder son propre nom malgré le lien du mariage, et même de le transmettre comme tel à son enfant si le cœur lui en dit. L’idée est toujours la même : extérioriser la femme, combattre la retenue toute d’intériorité caractéristique de sa vocation première. Mais se faisant, il dépouille la femme de sa richesse spécifique. Et par là même, il dépouille le monde de toutes les forces cachées dont le cœur de la femme est porteur, au risque d’en faire un monde inhumain, un monde sans Dieu.

La femme et le Oui

Fiat : c’est par ce mot que Marie est devenue ce qu’elle est. Oui : c’est encore par ce mot que la femme devient épouse, puis mère. C’est que, dans la pensée de Dieu, ce mot est le propre de la féminité. L’amour en effet n’a pas de mesure, et le cœur féminin est ainsi fait qu’il ne trouve son assouvissement que dans le don total de lui-même.

Sauf à être habité de désillusion, on réalise alors que la femme ne trouve son propre accomplissement que dans le don d’elle-même à celui qui seul est infini, à celui dont l’amour jamais ne déçoit parce qu’en tout il est toujours fidèle. Son « oui » ne peut être donné totalement qu’à Dieu, à raison même de la puissance d’engagement qu’il contient. Il ne revient que secondairement, le cas échéant, à son mari, instrument pour elle et pour les siens de la divine Providence.

Forte de cette remise totale de soi entre les mains de Dieu, la femme sait alors que la générosité, le dévouement, le service, l’amour, la patience, la compassion, le renoncement à soi, le silence sur soi, et même la répétition fastidieuse des tâches, loin d’être des pièges où la liberté s’englue, sont autant d’expressions d’un oui qui rend chacun de ces actes aussi magnifiques que fécond.

De l’aveu même de l’agnostique Malraux, « seul le christianisme a inventé l’Éternel Féminin (…). Lorsque l’Église pense que son destin dépend de Clovis, qui est arien, elle lui cherche une femme catholique… Il y aurait beaucoup à dire ! Il reste qu’il n’y a d’Éternel Féminin que dans le monde chrétien. » Seul le catholicisme a su incarner le portrait éternel de la femme, au plus grand profit de la société entière. C’est de là encore que doit resurgir le vrai visage de la femme, sauf à ce que notre monde ne périsse définitivement.

Un prêtre catholique

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Prière à Notre-Dame du Oui

Notre-Dame,

qui par votre oui avez changé la face du monde,

prenez en pitié ceux qui veulent dire oui pour toujours.

Vous qui savez à quel prix ce mot s’achète et se tient,

obtenez-vous de ne pas reculer devant ce qu’il exige de nous.

Apprenez-nous à le dire comme vous dans l’humilité,

la pureté, la simplicité et l’abandon à la volonté du Père

pour notre salut et celui du monde entier,

Ainsi soit-il !

 

 

 

 

e39bbd20d03511ac4a559635c84bf5cbLa femme catholique a lu cet article sur les conseils de Serge Marc Sauvaire quelle remercie chaleureusement pour sa collaboration active à l’élaboration de ce modeste journal.

 

 

 

Courte bibliographie pour aller plus loin

Gertrude von Le Fort, La femme éternelle : un grand classique en la matière.

Janine Hourcade, L’Éternel féminin, femmes mystiques : de beaux portraits de femmes dignes de ce nom.

Marcel Clément, Ce que les hommes ne savent jamais : conférence audio dressant dans sa beauté le portrait psychologique de la femme.


Ligue de la Modestie Chrétienne

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Dans la lignée des pieuses Confréries pour la conservation de la modestie ayant existé à travers les siècles passés, la Ligue de la Modestie Chrétienne souhaite créer une union de femmes modestes et saintement intransigeantes qui par leur bon exemple, sanctifieront et élèveront leurs sœurs à la Sainte vertu de la Modestie. Former une ligue sérieuse, basée sur le retour aux règles apostoliques.

Là comme partout, l’union fait la force et assure la victoire.

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Journée du patrimoine : LE JOB DE RÊVE : MÈRE AU FOYER ?

 Le nouveau plan de carrière des working mum aux Etats-Unis ? Décrocher un poste de… mère au foyer !

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Un retour en arrière dangereux ?

C’est le constat (étonnant) établi par Meghan Casserly, journaliste de Forbes dans son enquête, publié le 12 septembre sur Forbes.com et intitulé « Is « opting out » the new american dream for working women ? » « Se retirer du marché du travail est-il devenu le nouveau rêve des femmes ? »  Selon la journaliste qui s’appuie sur un sondage réalisé avecTheBump.com, un nombre grandissant de femmes qui travaillent avouent que la manière idéale d’élever ses enfants serait… de lâcher leur job : 84% des femmes qui travaillent et 66% des mères au foyer sont d’accord pour dire que « abandonner sa carrière afin d’élever ses enfants est un luxe financier » et presque la moitié des mères qui travaillent seraient plus heureuses si elles ne travaillaient pas.

Retour en arrière dangereux ? Réaction naturelle de femmes (hyper)actives au bord de la crise de nerfs ? Leslie Morgan-Steiner, l’auteur de « La guerre des mères » l’affirme dans l’article de Forbes : « Je crois que nous assistons à un énorme retour en arrière proportionnel à l’injonction subie pendant des années par les femmes d’être super performantes à la fois à la maison et au bureau ». Too much is too much, les superwomen seraient-elles fatiguées ? Cet éloge du retour à la maison de certaines femmes diplômées, pourtant bien insérées dans leur carrière, est le rebond inattendu du débat relancé outre-atlantique après la publication de l’article provocateur de Anne-Marie Slaughter, conseillère de Hillary Clinton, qui après sa tentative de concilier vie de famille et une vie professionnelle de haute volée a démissionné pour s’occuper de ses ados. Apparemment, Anne-Marie Slaughter a brisé un tabou et libéré la parole de certaines femmes sous pression.

Et en France ?

Et en France ? Les réactions sont mitigées. « Bien sûr que les femmes ne peuvent pas tout avoir ! Il faut en finir avec cette notion culpabilisante. Avoir à la fois une carrière de dingue, une famille parfaite et une vie sociale intense, c’est une illusion et un piège » réagit Margaret Milan, diplômée de Harvard et fondatrice d’Eveil et Jeux, « Le problème est que pour les femmes, ne pas parvenir à « tout avoir, tout le temps » est ressenti comme un échec alors que c’est juste normal. Le choix de Mme Slaughter était raisonnable. Personne ne peut exercer un tel métier, 15 heures par jour, et être tous les soirs chez soi pour dîner avec ses enfants. A quoi s’attendait-elle ? Mme Slaughter met la barre trop haut, comme beaucoup de femmes. » Sophie, 36 ans, responsable marketing dans le luxe, ne dit pas autre chose : « Je suis de plus en plus convaincue qu’on ne peut pas tout avoir. J’ai toujours été une grosse bosseuse mais je me suis rendue compte, après la naissance de mes deux enfants, que mener deux carrières de front avec des horaires de fous n’était pas un modèle tenable. J’ai pris deux ans de congé parental et je ne le regrette pas du tout. Je m’apprête à retravailler mais avec des horaires plus cool. »

Si le modèle (le mythe !) de la superwoman ne fait plus rêver les femmes, le risque n’est-il pas que les femmes « jettent le bébé avec l’eau du bain » en larguant tout, leur travail et leur autonomie avec ? C’est la crainte d’Isabelle Germain du site www.lesnouvellesnews.fr, auteure de « Si elles avaient le pouvoir » (éd. Larousse) : « Cette parole est de nature à intimider les femmes et à leur couper les ailes. Imagine-t-on la même couverture de magazine montrant un homme avec un bébé sur les genoux ? Les femmes ne peuvent pas tout avoir, peut-être, mais les hommes non plus ! Si on admet cette réalité, on a deux options : soit on se contente de choix individuels, de petits arrangements chacune dans notre coin et on n’avance pas sur l’égalité professionnelle, soit on bataille pour faire évoluer la société et le monde du travail afin de rendre la prise en charge de la conciliation entre enfants et boulot plus égalitaire. »

123455xjLa femme catholique a lu cet article sur ELLE.FR

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