Archives mensuelles : août 2010

Mgr Ségur et les femmes

LES DAMES

Que les dames veuillent bien s’occuper de leur intérieur, de leur famille et de leurs bonnes oeuvres, de leurs aimables et modestes travaux, et qu’elles ne fassent plus d’invasion dans le champ de la théologie ni du droit canonique.
Ce champ n’est pas plus fait pour elles que le champ de bataille. A moins d’être des Jeanne d’Arc, les dames ne se battent point. L’austère théologie, le rude et positif droit canonique ne leur convient pas plus que l’épée ou le mousquet. Rien de ridicule comme une femme-homme
: rien d’insupportable comme une femme théologienne. Quarante-neuf fois sur cinquante, elle parle de ce qu’elle ignore ; elle ne comprend pas le premier mot de ce qu’elle dit ; elle répète, comme une pie, ce qu’on lui a dit, et uniquement parce qu’on le lui a dit. Or, c’est encore ici l’expérience qui montre aux dames que les plus beaux parleurs ne sont pas toujours les plus sûrs docteurs. En matière de foi et de conscience, il faut tant se défier de l’engouement, de la passion et du parti pris !
Mgr de Cambrai, que j’ai souvent cité dans ce petit écrit, complimentait ses pieuses diocésaines de ne s’être pas laissé prendre, comme tant d’autres, aux piéges de ces discussions.
«Les conseils de Fénelon, écrivait-il de Rome, sont compris et observés dans nos familles les plus distinguées et les plus instruites. On ne trouve point parmi elles de ces femmes «qui se mêlent de décider sur la religion, quoiqu’elles n’en soient pas capables» ; – qui sont plus éblouies qu’éclairées parce «qu’elles savent, et qui se passionnent pour un parti contre un autre dans les disputes qui les surpassent». – Nos pieuses dames «sentent combien cette liberté est indécente et pernicieuse». Elles ne «raisonnent point sur la théologie, au grand péril de leur foi ; elles ne disputent point contre l’Eglise».
Leur vie sérieuse et toujours chrétiennement occupée se partage entre les devoirs de leur état et les oeuvres que la charité leur demande».
II est parfaitement permis aux femmes de s’occuper de religion et de doctrine ; elles le doivent même ; car, pour la femme comme pour l’homme, la religion est la grande affaire de la vie ; mais elles doivent s’en occuper en femmes, en chrétiennes douces et modestes, profondément soumises à l’Eglise, et obéissantes en cela comme en tout.


Du temps du jansénisme, c’est principalement au moyen des grandes dames que la secte s’est propagée ; les salons de Paris et, en Province, les grands châteaux abondaient en théologiennes, qui citaient des textes, commentaient saint Augustin, se moquaient du Pape et de Rome. Dans la querelle de l’infaillibilité, nous avons eu une reproduction de cette
campagne, et nous avons vu avec stupéfaction des centaines et des centaines de dames pieuses, discuter sur le Pape Honorius, sur les fausses décrétales, sur l’unanimité morale, etc., etc. ; nous les avons vues préférer un Evêque, un prêtre, un journal à l’autorité du Chef de
l’Eglise et d’un Concile oecuménique.
Evidemment les dames, même les plus grandes, même les meilleures, ne sont pas nées pour la philosophie ni pour la théologie.
Une bonne petite histoire à ce sujet.
Une dame, fort bien mise, se présente un jour au couvent des Pères Capucins de ***.
Elle demande le Père un tel, dont la réputation de bonté était arrivée jusqu’à elle.
– «Mon Père, lui dit-elle, il m’arrive une chose assez singulière. Figurez-vous que mon confesseur refuse de me donner l’absolution, uniquement parce que je ne veux pas croire à l’infaillibilité du Pape. Je ne peux pas y croire, c’est plus fort que moi».
Le Capucin, avec un air de bonhomie, répond aussitôt :
– «Comment ! votre confesseur vous refuse l’absolution pour cela ? Eh bien, moi, je vous la donnerai.
– Vous allez me la donner? Oh! mon Père, que vous me faites donc plaisir !
– Oui, je veux vous la donner sans aucune difficulté.
– Mais alors, pourquoi mon confesseur me la refuse-t-il ?
– Eh ! c’est qu’il vous prend pour une autre.
– Comment, pour une autre ? il me connaît depuis longtemps.
– Et moi, je vous dis qu’il vous prend pour une autre ; il vous prend pour une personne instruite.
– Pour une personne instruite ! Que voulez-vous dire par là ? Je ne suis pas une ignorante.
– Je ne dis pas cela ; mais vous ne savez pas ce que c’est que l’infaillibilité du Pape. Ces questions-là, voyez-vous, ne sont pas du domaine de tout le monde; et les trois quarts des dames qui font la controverse aujourd’hui sur le dos du Pape n’y entendent rien».
Et profitant de l’espèce de surprise qu’avait causée à cette dame une réponse si peu attendue, il lui expliqua doucement et très simplement l’état de la question. Pour la première fois, la bonne dame y vit clair.
– Comment ! dit-elle, ce n’est que cela, l’infaillibilité ? Mais alors j’y crois bien volontiers.
– Vous voyez bien, repartit finement le Capucin, que vous pouvez parfaitement recevoir l’absolution».
Les pauvres femmes surtout, qui n’ont pas grâce d’état sur le terrain de la théologie et du droit canonique, ont été séduites par les sophismes. Le grand art des tenants de l’opposition consistait, en effet, à embrouiller les questions les plus claires. C’est ce que disait le Saint-Père lui-même, il n’y a pas longtemps :
«Il importe avant tout de repousser les tentatives de ceux qui cherchent à fausser l’idée de l’infaillibilité. Quelques-uns voudraient m’entendre expliquer et éclaircir la définition conciliaire. Je ne le ferai pas. Elle est claire par elle-même, et n’a besoin ni de commentaire ni d’explications. Il suffit de lire le décret avec un esprit sincère ; son vrai sens se présente
facilement et tout naturellement»
(Mgr de Ségur, Réponse à la députation de l’Académie de la Religion catholique de Rome, juillet 1871).
La femme catholique a trouvé cet enseignement de Mgr de Ségur sur Tradition catholique

Qu’est ce que la modestie ?


Modestia vestra nota sit omnibus hominibus.

« Le fruit du Saint-Esprit est la charité, la joie, la paix, la patience, la bénignité, la bonté, la longanimité, la douceur, la foi, la modestie, la continence, la chasteté. »

Ces douze fruits énumérés par saint Paul (Gal. V, 22) sont en même temps des fruits et des manifestations de la présence du Saint-Esprit dans une âme, et des conditions pour qu’’il puisse y demeurer.

Parmi ces fruits, la modestie figure en bonne place. Elle s’’apparente à la vertu de tempérance, à laquelle elle est une disposition et dont elle est un prolongement ; son rôle propre est de régler certaines passions sensibles et de modérer leurs manifestations extérieures. L’’office de la modestie est donc irremplaçable ; il est de se tenir à la périphérie de la vertu de tempérance pour achever son œoeuvre, et pour édifier autour d’elle un rempart nécessaire à la sauvegarde de la tempérance elle-même et de nombreuses autres vertus.

Le langage courant a retenu trois aspects de la modestie :


– Un aspect relatif à la vertu de chasteté – modestie de la tenue et du vêtement, du regard et du langage ;

– Un aspect relatif à la vertu d’ ’humilité – modestie des paroles (dans leur objet, dans le ton du discours, dans la facilité à prendre la parole et à parler de soi-même) et des attitudes, modestie dans les ambitions humaines et dans les projets terrestres ;

– Un aspect relatif à la vertu de pauvreté – modestie dans le train de vie, dans la jouissance des biens matériels et dans l’’ aspect extérieur.

Dans ces trois aspects, on retrouve aisément les vertus qui s’opposent directement aux trois concupiscences dont parle saint Jean, ces trois blessures par où la corruption menace sans cesse de pénétrer dans l’’âme et de s’’y installer :

« Parce que tout ce qui est dans le monde est convoitise de la chair, convoitise des yeux, orgueil de la vie » [I Jo. II, 16].

La modestie est donc un rempart, elle est le rempart nécessaire contre le mal dans lequel baigne le monde, dit encore saint Jean

« Mundus totus in maligno positus est » [I Jo. v, 19].

Il ne peut y avoir de vertu solide, il ne peut y avoir de vie chrétienne stable sans cette modestie : ôtez-la, nos trois concupiscences deviennent immédiatement des plaies à vif sans aucune protection, par lesquelles l’’âme est vulnérable au point qu’’elle tombera comme nécessairement.

C’est ce triple rempart que Notre-Seigneur a opposé au démon qui le tentait dans le désert après son jeûne de quarante jours, nous montrant ainsi que la modestie vient à bout de toutes les tentations, préserve de tout péril et rend invincible.

On oublie facilement que, d’’après les anciens (saint Thomas d’’Aquin se réfère à Cicéron en la matière), la modestie a un autre rôle, relatif à la vertu de studiosité. L’objet de cette vertu est de régler l’’appétit de connaissance de l’’homme, de régler l’’étude pour la modérer ou la stimuler, surtout pour l’’appliquer droitement. La curiosité fait que nous nous intéressons à mille choses inutiles (quand elles ne sont pas mauvaises ou ne mettent pas en notre cœoeur une ambition déraisonnable), et que dans le même temps nous délaissons l’’étude du savoir relatif à notre devoir d’état – qu’il s’’agisse du devoir d’’état de baptisé et de confirmé, de celui de père ou de mère, d’’époux ou d’’épouse, de celui de prêtre ou de consacré à Dieu, ou encore du devoir d’’état professionnel. En ce sens, la modestie est bien méconnue, car nous sommes un curieux mélange de paresse intellectuelle profonde et de curiosité insatiable.

La modestie est la vertu des étrangers. Lorsqu’’on n’’est pas chez soi, plus encore lorsqu’on est à l’étranger, on est naturellement porté à la discrétion, à l’’effacement. On a perdu l’’aisance, l’’insolence, l’’outrecuidance de celui qui est chez lui et qui parle et agit en maître.

Nous ne sommes pas chez nous sur la terre. Saint Paul nous avertit de nous y conduire comme des étrangers, parce que nous n’’avons pas de demeure permanente ici-bas : notre patrie est le ciel, la vraie vie est celle de l’’éternité ; nous ne faisons que passer sur cette terre de misère. Sainte Thérèse d’’Avila disait que la vie sur la terre est une mauvaise nuit dans une mauvaise auberge.


La modestie est donc la vertu, ou plutôt la disposition à la vertu, qu’’ il nous convient de cultiver pendant notre vie terrestre : elle correspond parfaitement à notre situation.

Toute notre vie est un Avent : nous espérons voir un jour Jésus-Christ et aller le retrouver dans le Ciel. En attendant, nous vivons modestement pour ne pas nous installer sur terre et oublier notre Sauveur.

Abbé Hervé Belmont

La femme catholique a trouvé cet article sur le site Quicumque



Femme au foyer

La presse nous livre son dernier “scoop” : d’après certaines études, les hommes ayant des revenus moins importants que leurs femmes risquent statistiquement plus de les tromper. Sans rire ?

Une étude publiée ce lundi aux Etats-Unis révèle que les hommes gagnant moins d’argent que leur femme sont proportionnellement plus enclins à l’adultère. Une manière de “restaurer leur masculinité”.

Christin Munsch, doctorante en sociologie à l’Université Cornell aux Etats-Unis vient de dévoiler les résultats d’une étude sur les liens entre l’argent et la fidélité qu’elle a mené sur une période de 6 ans auprès de 1.024 hommes et de 1.559 femmes mariés ou en couple depuis au moins un an. La conclusion la plus surprenante est que les hommes gagnant moins d’argent que leur femme auraient tendance à la tromper plus facilement. (…)

Gagner moins d’argent que sa partenaire féminine peut menacer l’identité masculine des hommes en remettant en cause la notion traditionnelle qui les définit comme ceux qui subviennent aux besoins” de la famille, explique la chercheuse. Tromper sa partenaire serait un moyen pour les hommes de restaurer leur masculinité ressentie comme menacée par cette situation. “Ce lien de cause à effet peut être particulièrement prononcé dans certains groupes de la population fortement attachés à une masculinité traditionnelle, comme les hommes d’origine latino-américaine“, précise-t-elle. (…)

Par contre, le phénomène serait inversé pour les femmes. Si l’épouse dépend financièrement de son mari, elle aurait moins tendance à le tromper. “(…) La dépendance financière n’est pas une menace pour les femmes“, explique Christin Munsch. “Au contraire (…), il est plus probable que, pour les femmes, la dépendance financière les conduit à être plus fidèles“.

 

 

La femme catholique a lu cet article ICI


La place de la femme dans nos sociétés

Sur Radio Courtoisie, dans son Libre journal  du samedi 10 juillet 2010, de 12h00 à 13H30, Hugues Sérapion recevait en direct Hélène Richard, artiste plasticiennne, responsable politique (Bloc Identitaire) et mère de 6 enfants, sur le thème : « La place de la femme dans nos sociétés ».

La femme catholique vous conseille d’écouter cette émission sur le site du Bloc identitaire


« Les femmes devant le déclin démographique ». Intervention d’Hélène Richard

Comment concilier maternité et engagement politique, la place de l’homme au sein du couple et de la vie de famille
Hélène Richard

Vendredi 28 mai a eu lieu à l’Assemblée Nationale, un colloque organisé par l’Institut de Géopolitique des Populations intitulé « Les femmes devant le déclin démographique ».

Devant un public attentif, les différentes interventions, entrecoupées de débats avec l’assistance, ont mis l’accent à la fois sur les causes et les conséquences de la baisse de la natalité en France. Points de vue de femmes comme l’avait souhaité Yves-Marie Laulan (photo), président de l’Institut de Géopolitique des Populations et organisateur de ce colloque, qui souhaitait avant tout des réflexions, des témoignages, « la voix des femmes sur elles-mêmes ».

10 femmes, 10 interventions aussi libres, riches et variées les unes que les autres.

Ainsi Janine Chanteur, professeur émérite de philosophie morale et politique à l’université de Paris-Sorbonne (Paris IV) rappela à juste titre, à travers une approche philosophique du déclin démographique, qu’il ne fallait pas confondre liberté et individualisme. Hélène Richard, artiste et responsable politique traita du sujet « Comment concilier maternité et engagement politique, la place de l’homme au sein du couple et de la vie de famille », tandis que Marie-Thérèse Hermange, sénateur, se consacrait au rôle du monde politique et des élus devant les problèmes démographiques, la vie de famille et la condition des mères de famille.
Les actes de ce colloque seront publiés à la rentrée et disponibles auprès de l’Institut de Géopolitique des Populations, 20, rue d’Aguessau, 75008 Paris.

Novopress a déjà présenté le texte d’Yves-Marie Laulan et une interview audio de lui. En avant première, nous publions maintenant l’intervention d’Hélène Richard.

Hélène Richard

Je n’avais pas envie de faire du temps qui m’était imparti un résumé d’ouvrages que j’aurais pu lire,  mais plutôt de vous livrer un message un peu plus personnel, fait d’anecdotes, de réflexions et de rencontres.

Lire un livre de démographe et se rendre compte que l’Europe est confrontée à un problème de natalité, c’est très bien. Ceci dit, il faut regarder les choses en face. Ce n’est pas la lecture d’un tel livre, aussi bien écrit et aussi alarmiste qu’il puisse être, qui peut donner aux hommes et aux femmes l’envie d’avoir des enfants. Avoir un enfant fait appel à l’émotionnel, pas à des chiffres ou à une abstraite notion de devoir. On ne fait pas un enfant parce que telle ou telle personne nous dit qu’il faut en avoir ; on ne fait pas un enfant parce que c’est à la mode et on ne fait pas non plus un enfant parce qu’on a conscience que la survie d’un peuple en dépend.

Pour moi, le fait d’avoir des enfants m’a toujours semblé naturel et aller de soi. Mais, à vrai dire, je m’étais souvent posé la question de savoir pourquoi je n’avais pas plus de points communs avec des femmes qui avaient autant d’enfants que moi qu’avec des femmes qui n’en avaient aucun. Ou encore, pour poser le problème autrement, pourquoi j’avais autant de points communs avec des femmes qui n’avaient pas d’enfants qu’avec des femmes qui en avaient autant que moi. J’en étais arrivée à me dire que c’était, sans doute, parce que j’étais, certes, une maman, mais que j’étais aussi, surtout et depuis plus longtemps, une femme.

Je me suis longuement demandée comment j’allais traiter ce sujet puisque la façon dont je réussissais à concilier mon rôle de maman, mon rôle d’artiste, mon rôle de dirigeante politique, mon rôle de femme aussi, avec toutes ces petites et grandes choses qui font le quotidien, me paraissait naturelle et évidente. A vrai dire, s’il m’était déjà arrivé de trouver curieuses les questions du style : « mais comment fais-tu? », de bonne foi, j’avais toujours répondu que c’était, sans doute, plus facile d’avoir six enfants qu’un seul, que c’était juste une question d’organisation…  Bref, mes réponses laissaient mes interlocutrices aussi perplexes que leurs questions me semblaient saugrenues.

La proposition qui m’a été faite tombait donc à point nommé pour qu’enfin je me mette, si ce n’est à étudier la vie de mes semblables, tout du moins pour qu’enfin j’ose leur poser des questions, des questions sur leur rapport à l’enfant et à la natalité, sur leur façon d’articuler leur vie aussi.

*******

J’ai rencontré une vingtaine de femmes, 20 histoires différentes, que je ne vais pas vous raconter les unes après les autres, mais dont j’ai extrait des bribes significatives.

Je leur ai demandé ce que signifiait pour elles la notion de famille ; ce que représentait, pour elles, le fait d’avoir ou pas d’enfant ; leurs envies, leurs regrets, leur vie ; l équilibre qu’elles avaient réussi à instaurer, ou pas, entre vie familiale, vie professionnelle et vie personnelle. Pas une de ses femmes ne se ressemblait ; pas une n’avait la même histoire ; rarement avaient- elles la même façon de vivre ; mais toutes avaient un point commun : se poser ou de s’être posé à un moment donné la question centrale, celle du couple et, plus exactement, celle de l’homme.

Pour une de ses femmes, la réponse était de nature économique : ce couple n’avait pas les moyens d’avoir un enfant, réussissant difficilement à survivre financièrement à deux, en allant pourtant à l’essentiel, et sans dépenses superflues.

Trois d’entre elles ont des enfants tous les ans, ou tous les deux ans, parce que ça fait partie de leurs traditions, de leurs traditions religieuses qui veulent qu’elles n’utilisent aucun moyen de contraception. Une volonté divine. Elles ne sont pas dans le désir ; elles sont dans l’acceptation.

Mais la plupart de ces femmes n’ont eu qu’un ou deux enfants et n’en auront pas d’autres, bien que leur désir d’enfant ne soit pas mort. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elles ne réussissent déjà plus à vivre ; à avoir des moments où elles ne pensent qu’à elles ; parce qu’elles ont déjà un tel poids sur les épaules  qu’elles ne peuvent envisager de se laisser submerger par une autre maternité.

A travers leurs témoignages, quelque chose apparaissait de façon limpide : elles n’avaient pas envie d’élever seules leurs enfants. On ne fait pas des enfants seules, on les fait pour les élever avec un homme et encore faut- il trouver ce père.

Toutes ces femmes avaient, ou avaient eu, un géniteur pour leurs enfants, un homme avec lequel elles vivaient. Mais pas un homme qui était disponible, disponible pour les aider à s’occuper des enfants ; disponible pour s’en occuper seul parfois ; un homme sur qui elles puissent compter ; un homme qui les laisse vivre ; un homme qui les laisse libre, libre de sortir, libre d’avoir besoin de solitude, libre de ne pas tout dire, de ne pas rendre de comptes alors qu’elles, à l’inverse, disaient savoir laisser à l’autre sa part de mystère, sa part de liberté.

Avoir des enfants, fonder une famille, c’est un travail d’équipe, un tandem. On ne fait pas cavalier seul.

Une femme a le droit de choisir, le droit de choisir d’avoir ou pas des enfants ; le droit de ne pas avoir envie d’être seule à s’occuper d’un bébé, d’enfants qui grandissent ; d’avoir à s’occuper des devoirs ; elle a le droit de ne pas trouver épanouissant de faire à manger ou de faire le ménage.

Avoir un enfant ce n’est pas uniquement le porter neuf mois dans son ventre ; c’est l’élever, c’est-à-dire l’aider à grandir, l’aider à grandir de façon optimale, de façon saine. Et cela ne peut se faire dans de bonnes conditions si l’on est fatiguée, triste, éprouvée, seule. Je ne vois pas plus sage décision, plus mature aussi, que de décider de ne pas avoir d’enfant si on sait, à l’avance, qu’ils seront un poids.

Les enfants ressentent tout. Ils seront un jour des adultes. Si on veut qu’ils puissent œuvrer pour changer le monde dans lequel on vit, le rendre plus juste et moins laid ; si nous voulons être les pères et les mères de ce que j’ai envie d’appeler « cette autre jeunesse », encore faut-il leur en donner les clefs et ne pas les accabler de poids trop lourds pour eux. Si on veut leur donner l’envie d’avoir un jour, eux aussi des enfants, peut- être ne faut- il pas leur faire croire qu’avoir un enfant signifie cesser d’exister soi-même. On ne doit pas faire peser un poids sur l’existence de son enfant, un poids de culpabilité. On ne doit pas non plus être un poids pour lui. Il n’a pas à porter nos errances ni nos états d’âmes ; il n’a pas à payer le prix de nos erreurs ou de nos choix.

Le rôle de l’homme n’est pas de seconder sa femme. Il est d’être aussi présent qu’elle. Être aussi présent dans tous les moments importants, bien entendu, mais aussi dans tous ces petits riens qui font la vie de tous les jours, dans toutes ces petites choses parfois assommantes  que l’on nomme le quotidien. Je me suis rendue compte que, pour beaucoup de femmes, l’homme était absent. Or, le rôle de l’homme ne se limite pas à apporter une situation financière confortable à sa famille.

Un enfant se structure avec un homme, son père, et une femme, sa mère, à ses côtés, et ce, tout au long de son enfance, de son adolescence, jusqu’à ce qu’il devienne un adulte. Et si ce rôle est important pour l’enfant, il est aussi excessivement important pour la mère, la femme.

S’il est bon de rappeler qu’on ne fait pas un enfant pour soi, il faut admettre aussi que la vie d’une femme ne s’arrête pas à ses enfants. Lorsqu’ils seront grands, ils partiront. La femme aura besoin de retrouver une vie, sociale, affective, professionnelle. Ce sera d’autant plus difficile si elle n’a pas conservé cette vie durant ces « années de maman ».

Pour donner envie aux femmes d’avoir des enfants et aussi envie aux hommes que leurs femmes aient des enfants, il faut aussi se demander quel visage leur est offert. Ce qu’elles peuvent déceler à travers cette vitre derrière laquelle elles aperçoivent des femmes devenues mères auxquelles, un jour peut être, elles décideront de ressembler.

Quand je vois toutes ces femmes qui, du jour au lendemain, deviennent vieilles, -les sorties des classes en sont pleines-, ça ne donne guère envie.

Avoir des enfants seule n’est pas une bonne chose pour l’enfant. Mais avoir un mari absent équivaut à avoir des enfants seule. Ce n’est constructif, ni pour l’enfant, ni pour la femme, ni même pour l’homme (sur qui rejaillissent inévitablement un jour ou l’autre toute sorte de griefs). Le père est celui qui, quand l’enfant vient de naitre, a ce rôle tout à fait symbolique de couper le cordon. Au fur et à mesure que l’enfant grandit, il a celui de détacher la mère de cette exclusivité. C’est celui qui doit être  là pour la laisser, lui ordonner presque parfois, de redevenir une femme.

Les femmes qui me connaissent savent que je peux parfois m’absenter plusieurs jours, voir plusieurs semaines si je dois partir à l’autre bout du monde, sans que cela ne pose le moindre problème, ni à mes enfants, ni à leur père. Que je peux aussi faire la fête jusqu’à  4h du matin avec mes amis et faire la grasse matinée le lendemain, sans me préoccuper le moins du monde du repas, qui sera prêt ; inversement, moi, je suis capable de me dégager du reste et d’être là à 100% quand il faut et ce n’est jamais une corvée. Je ne suis pas une privilégiée. J’ai juste l existence que j ai choisie, avec six enfants, qui ne sont pas tombés du ciel, mais que j’ai désirés, choisissant également le moment où j’ai voulu les avoir,  une existence hors normes et inclassable.

Et je ne peux m’empêcher de dire que si cette façon de vivre, comme tout ce qui sort des sentiers battus ceci dit, éveille la curiosité,  l’intérêt , l’envie, elle est aussi, parfois, sévèrement jugée. Car il faut bien admettre que les gens heureux dérangent et surtout que la notion de « normalité » a la vie dure. Dans la tête des gens, il y a souvent ce qui se fait et ce qui ne se fait pas ; des cases où classer les gens en fonction de stéréotypes clairement définis et ceux qui ne rentrent pas dans les cases, excusez le terme, « emmerdant ».

Les premiers à pourfendre le « politiquement correct » ne se rendent d’ailleurs souvent pas compte à quel point ils peuvent être, eux aussi, tellement rétrogrades, archaïques, arc-boutés à des convenances et des appréhensions d’un autre âge, si proches parfois de ceux qu’ils croient combattre. La femme n’est pas une esclave, et parfois, je me dis que je ne vois pas tellement de différence entre une femme obligée de se cacher sous un sac poubelle avec juste des fentes pour les yeux et une femme qui doit mettre au monde tous les 18 mois un enfant sans jamais se demander si c’est ce qu’elle souhaite.

Laissez-moi vous raconter une anecdote. Il y a quelques semaines j’ai croisé,  par hasard, un homme que je connaissais et j’ai pris des nouvelles de sa femme, par politesse. Il m’a répondu de but en blanc quelque chose qui m’a choqué, et je cite : « elle est grosse comme tous les 2 ans ». Surprise, non pas par le fait que sa femme soit enceinte, mais par la façon dont il en parlait. Je je lui ai demandé pour quand était le bébé, il ne savait pas ; ma dernière question a été de lui demander si elle allait bien ; ce à quoi il m’a répondu qu’il  ne voyait pas pourquoi elle n’irait pas bien puisqu’elle restait  à la maison tout le temps, ayant juste à s’occuper de faire l’école aux 5 autres… Une anecdote n’est pas une généralité évidemment. Néanmoins ce type de comportement existe.

Et dans l’absolu, j’ai beaucoup de mal à voir comment ce style de vie peut donner envie aux femmes aujourd’hui.

Attention, je ne suis pas en train de dénigrer ou de prétendre que tel ou tel style de vie est meilleur que tel autre. Je dis juste que si quelques femmes acceptent cette façon de vivre, que parmi ces femmes certaines s’épanouissent réellement tout simplement parce que seul le don de soi les intéresse, c’est très bien. Mais que personne ne peut prétendre que cet exemple soit un modèle de société.

Il y a une chose qui va peut être en surprendre certains, mais je ne suis pas inconditionnellement  favorable aux familles nombreuses car je considère qu’on ne doit pas subir un enfant. On doit pouvoir choisir si on veut et quand on veut être maman, et surtout être parents. Car un enfant, je le répète, ne se fait pas seul mais à deux ;  ne grandit pas seul, mais entouré de ses deux parents. C’est une responsabilité que de décider d’avoir un enfant ; on ne le fait pas égoïstement pour soi ; ça a beau être une question d’émotion, comme je le disais tout à l’heure,  ce n est pas un caprice.

On ne fait pas un enfant pour soi ; on le fait pour l’élever, le hisser vers le haut, le faire grandir. On n’a pas le droit de faire égoïstement un enfant ou, tout aussi égoïstement, plein d’enfants, sans pouvoir ou sans vouloir leur consacrer le meilleur. Le meilleur ne veut pas dire tout ; ne veut pas dire le plus d’argent possible pour lui payer les dernières baskets à la mode ou la super école privée ; le meilleur c’est le temps et l’écoute, l’attention, la compréhension, l’amour et l’éducation d’une mère ET d’un père. Et cela, ni au détriment de la vie de son père, ni au détriment de la vie de sa mère. On ne donne que ce qu’on a. Et pour être capable de donner, encore faut-il recevoir l’énergie, la reconnaissance, le bien être etc. que seule une vie personnelle épanouie peut apporter.

Il faut se souvenir d’une chose : la femme européenne est une femme libre. Et si le 19ème siècle, et la morale bourgeoise, n’ont fait qu’assoir un assujettissement de la femme à son mari, on ne peut s’empêcher de penser que cela est allé de pair avec l’augmentation du divorce et du mal être féminin. Privée de liberté, la féminité se meurt et la femme avec. Ou alors, elle choisit la rébellion à outrance, quitte à en payer un prix fort, l’assujettissement, non plus à un homme mais au système capitaliste libéral et à ses lois.

Le seul moyen pour que les femmes fassent à nouveau des bébés est que les hommes soient des hommes et les femmes des femmes. Un homme est quelqu’un qui doit savoir se battre ; c’est quelqu’un qui doit être suffisamment fort pour assumer sa vie, celle de sa famille et le bien être de la mère de ses enfants.

Il serait bien présomptueux de vouloir tracer un portrait de l’homme idéal. D’une part, chacun sait bien que le Prince charmant n’existe pas. Par ailleurs, et plus sérieusement, les besoins et les désirs de chacun sont tellement différents qu’il serait vain de vouloir ériger un principe d’uniformité qui aurait valeur de « mètre étalon » sur l’échelle de l’homme parfait.

Non, j’ai simplement, par des « mots clefs », même si cette expression ne me convient qu’à moitié, relevé dans mes conversations avec grand nombre de femmes, de mamans, et noté toute une série de manques, de besoins, parfois aussi de regrets.

Regrets de ne pas avoir mis au monde la famille nombreuse qu’elles rêvaient d’avoir tout simplement parce qu’elles s’étaient heurtées à un quotidien trop dur pour elles, mais parfois aussi au refus de l’homme qu’elles avaient choisi pour père à leurs enfants d’agrandir cette famille comme elles le désiraient. Combien en ai- je entendu dire qu’elles avaient du « négocier » le petit dernier ?…

J’ai acheté ce livre d’Irène Vilar, « Maternité avortée », paru aux éditions Balland il y a quelques semaines. Cette américaine d’origine portoricaine raconte sa propre histoire. L’histoire d’une femme ayant avorté des dizaines de fois car l’homme qu’elle aimait et dont elle était excessivement dépendante refusait catégoriquement d’avoir le moindre enfant. Elle ne pu avoir deux filles que lorsqu’elle réussit à rompre cette relation destructrice avec cet homme. Le seul rapport que cet exemple, ou plutôt ce contre exemple, ait avec mon sujet d’aujourd’hui, est qu’il confirme, s’il en était encore besoin, que concevoir un enfant ne se décide pas seule mais à deux.

Cette femme a choisi délibérément d’être enceinte à de nombreuses reprises puis de recourir systématiquement à l’avortement. Ce livre a été vilipendé. La première réaction du « public » des lecteurs ou des non lecteurs d’ailleurs, a été de juger cette femme. Or la question n’est pas de la juger, de dire si ce qu’elle a fait est bien ou pas. Ce qui transparait aussi à travers ce livre, c est que si elle n’a pas eu ces enfants, qu’elle désirait tout de même, c’est parce qu’à ses côtés, elle n’avait pas d’homme prêt à les accueillir et à les élever. Elle était juste aux prises avec un amour exclusif et destructeur qui ne laissait pas la place à l’enfant.

Tout est lié. Sachant pertinemment qu’elles n’avaient pas trouvé ou qu’elles ne trouveraient pas l’homme qui leur permettrait de mener de front plusieurs vies, certaines femmes préfèrent renoncer d’abord à leur rôle de maman, quitte à combler sur le tard un besoin ou un désir d’enfant. Elles s’y prennent alors à la quarantaine, n’en ont qu’un, le couvant à outrance et n’en faisant pas l’homme ou la femme qui, demain, seront prêts à relever les défis de notre siècle.

Il ne faut pas non plus perdre de vue qu’une femme qui a des enfants à materner, n’a pas besoin d’avoir en plus un homme à materner. Sinon, il est évident qu’elle ne trouvera pas le moindre espace personnel pour s’occuper d’elle-même. Et, sur ce point précis, ce sont bien les femmes en tant que mères qui sont les premières fautives.

Car, finalement, si, aujourd’hui, peu d’hommes sont capables d’offrir assez de solidité à leur femme, assez d’aide et de soutien ; s’ils sont, eux aussi, tellement infantilisés qu’ils sont une charge supplémentaire pour leur épouse et ne sont donc pas capables d’offrir un vrai modèle masculin à leurs enfants ; c’est peut- être bien la faute de ces mères qui, à trop couver leurs fils, à trop les empêcher de jouer à la bagarre, de se salir et de grimper aux arbres, en ont fait des espèces d’hybrides à corps d’homme (et encore pas toujours..) et, à intérieur, excessivement féminin avide de protection.

Les « mamans poules » ultra protectrices ont tendance à m’énerver. Oui, le monde dans lequel on vit est moche, oui, la société peut être dangereuse. Et alors ? Ce n est pas en coupant nos enfants de ce monde qu’ils découvriront de toute façon un jour ; ce n’est pas en les élevant dans une espèce de bulle dorée, un microcosme où ils ne seraient jamais confrontés au réel, que nous les aiderons.  Au contraire, s’ils se trouvent parachutés du jour au lendemain dans le monde réel, ils risquent de se prendre un drôle de retour de boomerang. C’est un peu se retrouver sur un ring, non seulement sans savoir boxer, mais, en plus, sans protections ! Là aussi, le père a un rôle à jouer, à lui aussi de couper le cordon ombilical, à forcer la mère à laisser vivre son enfant et à apprendre à ce dernier à se battre.

Cela me fait penser à une autre anecdote. Une maman que je rencontre incidemment à la sortie des classes et qui me dit qu’elle allait changer son fils de collège à la rentrée. 1ère version : il se fait taper.. Au bout de 5 minutes, autre version : il se battait, il se faisait taper certes, mais il rendait les coups quand même Le problème de cette mère était qu’elle refusait  catégoriquement que son fils se batte. Quand je disais, il y a un instant, que le problème actuel des hommes, qui ne sont plus des hommes, vient aussi, et surtout, de l’éducation des mères. Et c’est cette même maman qui me disait quelques semaines plus tôt : « J’aurais vraiment aimé avoir plein d’enfants comme toi, mais ce n’est pas possible, mon mari ne m’aide pas ; c’est une vraie loque, pire qu’un enfant »…

Si j’avais un message à faire passer, ce serait celui qu’il est tout à fait possible d’avoir une famille nombreuse ; d’être épanouie ; d’avoir une vie professionnelle, personnelle, des rêves que l’on refuse de classer sans suite ; à condition d’avoir choisi pour ses enfants un père et de ne pas juste avoir choisi un mari.

Je me demande souvent si la première erreur n’est pas de se marier par amour. Beaucoup de femmes ne me contrediront pas si je dis que le meilleur mari n’est souvent jamais la plus grande passion de sa vie, ni même la plus belle histoire d’amour. Et beaucoup ne me contrediront pas non plus si je dis que les histoires d’amour, les passions les plus belles et les plus éternelles s’accommoderaient très mal avec le mariage et le quotidien. Ce serait le meilleur moyen de les mettre à mort et de les gâcher.

Si on ne se marie que par amour (évidemment il y a des exceptions), un jour ou l’autre, inévitablement, les sentiments changeant, s éteignant, on se retrouve face à un mur de douleur, d’incompréhension et de trahison. Si ce n’était pas le cas, il n’y aurait pas tant de divorces dans notre société.

Sans la notion de lignée, au moindre faux pas, à la moindre incompréhension, le couple est fragilisé et tend à se désagréger pour aller à l’éclatement.

C’est quelque chose qui est souvent revenu dans des conversations que j’ai eues avec des femmes plus âgées. Elles ne me disaient pas avoir vécu avec l’homme de leur vie, mais avoir choisi LE père idéal pour leurs enfants. C’est quelque chose que l’on sent.

Pour un homme « super fastoche », de faire un enfant, la notion de sacrifice est minime, sur l’instant. La femme, elle, a un investissement  temps, implication et énergie qui est nettement plus élevé. Grossesse + allaitement = environ 15 à 18 mois qu’elle consacrera principalement à son enfant. La notion de transmission d’un capital génétique lui vient, à mon sens, systématiquement à l’esprit de part cette implication « étendue ».

Une femme fera un enfant avec un homme digne, c’est à dire capable de doter de qualités génétiques élevées cet enfant qui viendra au monde. La femme choisit le père de ses enfants. Et ce père n’est pas forcément  ni l’amant idéal ni le plus grand amour de sa vie. C’est juste l’homme qui sera capable d’être le meilleur père possible pour sa descendance. Biologiquement, paternellement, affectivement, moralement, etc. C’est une question de lignée, une question d’immortalité.

De là, l’ineptie du divorce, qui brise cette lignée, qui remet en cause cette immortalité et rend esclave la femme. Accepter de façon simple et évidente qu’on fait des enfants à deux, qu’on les élève donc à deux, quoiqu’il arrive, qu’on est là pour transmettre et pas pour se comporter de façon versatile, remettre donc à l’endroit la notion d’engagement serait, à mon sens, une bonne chose : on ne s’engage pas vis-à-vis de sa femme, de son mari mais vis-à-vis de sa lignée, de sa descendance.

Quel est le principal comportement actuellement ? Je me marie (ou pas) par amour, sachant pertinemment que cet amour ne durera pas et qu’ensuite, je passerai à une autre histoire. J’ai donc un enfant, voulu par amour, mais rarement plus, soit car je n en ai pas le temps, l’amour étant déjà loin, soit car je n’en ai pas envie. Car ce qui compte avant tout est de préserver cet amour et de garder donc le maximum de temps à deux.

La monogamie n’existe pas. Un homme, un seul, une femme, une seule, pour la vie entière, ne peut être qu’exception. Dans la civilisation occidentale, si la polygamie est interdite, elle existe de fait. Divorce pour entamer une nouvelle histoire ; liaisons successives avec absence de mariage par refus de s’engager.

Oui, l’homme et la femme sont de plus en plus naturellement polygames. Pas de façon horizontale comme dans les pays musulmans, avec plusieurs épouses et des enfants de chacune en même temps, mais de façon verticale, avec successivement plusieurs femmes ou épouses, plusieurs hommes ou maris ( je ne compte ni les amants ni les maitresses, car il semble bien que ce type de relations n’ait justement pas un but de reproduction, au contraire, ces passions n’étant là que pour satisfaire un idéal amoureux et romantique totalement personnel et égoïste faisant fi de tout lignage. Tout du moins, c’est le fonctionnement du monde européen depuis Ulysse !).

C’est un peu le problème qui se pose aujourd’hui dans les mariages mus uniquement par cet amour passion qui, immanquablement, s’éteint un jour. Le sentiment amoureux ne perdure pas à travers les années sans se faner ou s’éteindre et une relation basée uniquement sur l’amour sans projets, sans lignes de vies définies dans le temps est voué à un échec absolu avec divorce à la clef. Et qui peut le condamner ? Comment passer sa vie avec quelqu’un uni seulement par un souvenir d’amour à un moment donné mais sans perspectives communes, sans liens autres, sans projet de vie?

Quant à l’amour passion, il est exclusif et se nourrit mal de la présence de tout grain de sable. Un réel amour passionné pourra donner naissance à la rigueur à un enfant, rarement plus. Car ce qui prime dans ce type de relation, ce sont les instants à deux, la fusion de deux êtres dans l’instant et pour l’éternité, mais de façon totalement égoïste et sans aucun souci de  » l’extérieur  » de ce duo.

A mon sens, un bon mariage n’est donc pas un mariage d’amour, mais un mariage raisonné, dans le but de construire. Ceci accepté, toutes les histoires d’amour du monde peuvent être alors vécues par chacun sans que cela mette en péril le devenir de la Famille.

L’épanouissement de chaque membre du couple équivaut à l’épanouissement des enfants et donc de la structure familiale qui, elle seule, doit rentrer en ligne de compte et perdurer par dessus tout. Si une femme a la certitude que cette stabilité familiale va perdurer, si elle a la certitude qu’elle pourra continuer à être une femme, qu’elle ne sera pas privée de sa liberté, et inversement si l’homme a lui aussi la possibilité de s’épanouir alors naturellement, ensemble, ils décideront d’avoir des enfants. Et de transmettre.

Un couple de parents n’est pas une histoire de domination. Il faut trouver un équilibre en fonction des volontés, des aspirations propres de chacun. La recette miracle, qui est loin de me sembler immature puisque c’est celle dont chaque femme que j’ai rencontrée m’a dit rêver, et que toutes celles qui avaient la chance de vivre de cette manière avaient au moins quatre enfants, est la suivante .

Laissez-moi faire la comparaison avec une recette de cuisine. Imaginez une sauce, une sauce qui soit à la fois piquante et douce, légère et consistante, savoureuse et surprenante, un soupçon de folie et la carrure rassurante des mets d’autrefois, une sauce qui ferait du plat qu’elle accompagne un plat à la saveur inoubliable, de celles dont on veut toute sa vie égaler le raffinement et l’empreinte…

Il faut réussir à aménager autour d’un projet de vie( celui de construire une famille) la possibilité de s’épanouir l’un sans l’autre, la possibilité de vivre parfois en célibataire, tout en étant les piliers, les fondations indestructibles de cette famille, qui ne vaut que par ce qu’on y transmet de richesse, de valeurs et de bonheur, de gaieté, cette notion de clan respectant la liberté de chacun.

Famille où il n’y a ni dominant ni dominé, où aucun ne fait ce qu’il veut sans se préoccuper de l’autre, famille où règne l’harmonie due à une imbrication telle les alvéoles d’un rayon de miel, entre les désirs et les besoins de l’un et de l’autre, l’immense respect qui les accompagne et l’absence de frustration que ce modèle engendre.

Il y a quelque chose qui me dépasse complètement : le fait qu’avoir des enfants puisse être, pour certains, synonyme d’arrêter de vivre …

Le seul moyen de donner aux femmes et aux hommes l’envie d’avoir des enfants est de montrer aux femmes que la maternité ne les empêchera pas de vivre et de rester avant tout des femmes et de montrer aux hommes que la paternité leur permettra de devenir un homme.

Au bout de ces quelques minutes de réflexion, j’ai envie de dire aux hommes que ce n’est pas s’abaisser que de permettre à sa femme de rester elle- même !!

J’aurais pu vous faire un discours très convenu, et sans doute très attendu, en arguant que la place de la femme est au foyer et que le plus beau rôle qu’elle puisse avoir est celui de rendre heureux ses enfants et son mari.

Il y a des femmes qui sont faites pour rester à la maison et élever leurs enfants, et il y en a qui ne peuvent s’en contenter. Il n est pas question pour moi de crier avec les loups et de condamner les unes ou les autres. Juste de montrer que tout est possible.

« Forcer » les femmes à avoir de nombreux enfants ou, tout du moins, ériger le statut de famille nombreuse comme étant celui vers lequel devrait tendre tout un peuple est d’une stupidité totale. Que vaut- il mieux ? Avoir un pays à forte natalité et faire primer la quantité sur la qualité ou inversement ? Je ne pense pas que toutes les femmes soient faites pour avoir beaucoup d’enfants. Si j’osais, je dirais même que je ne pense pas que toutes les femmes soient faites pour être mères. Et je ne pense pas, non plus, que la généralisation de la famille nombreuse soit souhaitable. Etant entendu que rien n’est plus destructeur que d’être « l’enfant de trop « .

Je regarde avec un œil critique toute politique nataliste. Oui, l’Etat doit aider financièrement les familles désirant avoir des enfants, le manque d’argent ne devant pas être un frein à cette natalité désirée. Par contre, il faut faire attention. Car ce peut être une arme à double tranchant : même à échelle minime, la procréation ne doit pas devenir un moyen comme un autre de gagner sa vie.

Si il y a donc en effet des femmes qui sont faites pour rester à la maison et s’occuper de leur progéniture et -je trouve parfaitement injuste qu’elles soient regardées comme des extra-terrestres, je trouve tout aussi injuste que des femmes, dont je fais partie, qui ont choisi de vivre autrement, soient tout aussi condamnées.

Toute femme rêve d’avoir des enfants ; bien sûr que c’est un accomplissement ; bien sûr que c’est un lien vers l’immortalité. Mais permettez aux femmes d’aujourd’hui d’avoir d’autres rêves d’épanouissement que ceux que pouvaient avoir les héroïnes d’Henry Bordeaux il y a un siècle !!

Les femmes veulent des enfants ; veulent pouvoir choisir de ne pas travailler ; veulent s’épanouir professionnellement parfois aussi ; et veulent surtout rester des femmes.

Oui, il est possible d’être une maman de cinq, six, sept  enfants et d’être aussi, voir même avant tout, une femme. Il est possible d’harmoniser gravité et insouciance, sagesse et grains de folie, attention et légèreté etc. etc.

C’est possible à une condition : que nos enfants aient un père, un papa, pas un mari-de-maman-jaloux qui refuserait qu’elle sorte ; pas un père-qui-gagne-beaucoup-de-sous mais qui n’est jamais là ; un père par correspondance en quelque sorte, qui signerait les relevés de notes, distribuerait les félicitations et les punitions, arbitrerait les bagarres ; mais ne serait jamais là pour jouer, pour câliner ; pour préparer des pizzas quand maman n’est pas là ; raconter des histoires le soir quand maman est sortie avec ses copains et ses copines et qu’elle ne rentrera peut-être pas cette nuit ; préparer un gâteau pour quand maman rentrera ; partir en ballade le week-end quand maman travaille…

Dernière anecdote avant de conclure. En réfléchissant à ce que j’allais vous dire ce matin et en l’écrivant, à plusieurs reprises, je n’ai pu m’empêcher de penser au film de Todd Haynes, « Loin du Paradis ». Vous savez, ce film qui se déroule dans l’Amérique provinciale des années 50 et raconte la descente aux enfers d’une femme au foyer exemplaire, mère attentive, épouse dévouée. Elle sourit toujours, quand elle apparait dans le journal local aussi bien que quand son couple s’effondre ou quand ses amies l’abandonnent les unes après les autres, la trouvant trop amie avec son jardinier. Ce film me parait riche de deux enseignements, immuables malheureusement :

– l’importance du paraître et l’obligation morale de sauver les apparences,
-et surtout que, quoiqu’il en soit, on ne pardonne jamais rien à une femme.

Aujourd’hui encore, il m’arrive d’avoir des réflexions du type : « tu ferais mieux de t’occuper de tes enfants » ; « ça sert à quoi de voyager autant que tu le fais ? » ; « quand on a des enfants on ne sort pas comme ça le soir »… Et vous savez quoi ? Ces réflexions ne viennent pas uniquement d’hommes, mais également de femmes… C’est peut être ce qui est le plus ambigu !!!

Il ne faut pas oublier que ce qui fait la richesse d’un monde, c’est que tous les individus y soient différents. Je n’ai pas la moindre envie d’imposer mon modèle à quiconque ni la prétention de dire qu’il est le meilleur. Toutes les femmes n’ont pas les mêmes aspirations. L’important est qu’elles  fassent ce qu’elles ont envie de faire. Je me suis juste rendue compte que les femmes qui vivaient ou avaient vécu comme je le fais avaient, outre eu plus d’enfants que les autres, et qu’en plus de cela, elles avaient réussi à être les piliers de véritables lignées, de véritables familles. Et ça, il me semble que c’est la voie pour vivre éternellement.

Hélène Richard

La femme catholique a lu cet article sur NovoPress.Info



Festival interceltique: hommage à la femme traditionnelle

 

Dans les rues de Lorient, toutes les générations confondues pouvaient admirer les splendides costumes traditionnels bretons. Des familles entières exposaient fièrement au son des cornemuses le blanc laiteux de leur progéniture dans des habits régionaux que nous devrions tous encore porter aujourd’hui si la modernité décadente ne nous avait pas conduits indistinctement, hommes et femmes, à porter les défroques en toile de tente des marchands de tissu Levy and co.

Ce commentaire de Françoise remplace une photographie prise lors du défilé

A n’en pas douter, dans le cortège, les plus belles d’entre toutes étaient ces femmes et ces jeunes filles en robes et en coiffes, la croix fièrement exposée sur les dentelles soignées de leur parure, entourées d’enfants ou poussant le landau du dernier né. La plus belle rébellion qui soit au monde : la famille.

La femme catholique  a lu cet article de L’AvoueduSaintSépulcre  ici.

Hélas! La suite a été censurée !

Encore une fois je constate que la liberté d’expression est bafouée.

Addendum

-« Découverte au hasard de mes promenades sur le net… Je ne peux que partager parce que vraiment, je suis sous le charme! ».

 

Voulant répondre sereinement aux aimables commentaires qui m’ont été envoyés,  je constate que certains visiteurs m’ont coupé l’herbe sous les pieds.

Tout est dit, et bien dit. Je les remercie donc vivement pour leur soutien.

Ceci dit, je vous le concède Madame! Effectivement  j’aurais du mentionner sous  la photo, suivie de l’adresse du site où elle avait été piquée, pardon, volée,  une petite phrase que je viens de relever sur votre blog dont  vous nous avez si gentiment donné l’adresse (gentillesse ou imprudence ? Laisser traîner son adresse sur un site avec

« ce genre de discours » où «  les propos qui sont tenus ici sont à vomir ». Site où des «  amalgames odieux avec la religion » sont commis!).

Passons !

-« Découverte au hasard de mes promenades sur le net… Je ne peux que partager parce que vraiment, je suis sous le charme! ».


Par ailleurs, Gwenaelle, vous me posez la question :

-« Et depuis quand la femme doit être soumise à son homme? ».

A ce sujet, je vous engage, si cela vous intéresse bien évidemment, (mais vous êtes intéressée ! Si, si ! Je le sens !), à visionner l’excellente vidéo de l’abbé Pagès.

Au  passage, j’en profite pour saluer Marie, qui réagit sur son site :

Prenez un fauteuil et faîtes comme chez vous :

http://blog0de0mts9.wordpress.com/2011/01/08/femmes-soyez-soumises-a-vos-maris-connards/)

Au fait Marie! Pourquoi connards au pluriel ? Jusqu’à la preuve du contraire je suis une femme ;  je signe La femme catholique et non pas  Les hommes catholiques !

Je me permets donc de rectifier :

Femmes Soyez Soumises  A Vos Maris…………Connasses…………

Voilà ! C’est mieux ainsi.

Pour conclure, j’ai cherché en vain sur mon site, ce qui pouvait bien  faire vomir Marie-Anne ainsi que Françoise !

A part cette photo, je n’ai rien trouvé.

Je vous souhaite un bon dimanche.

Que Dieu vous bénisse.

La femme catholique

Mardi I er  février

Je profite de cette mise à jour pour saluer mes camarades de La Question pour leur  commentaire de soutien.


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