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Benoît XVI parle de Saint Joseph

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Chers frères et soeurs !

(…). Je désire aujourd’hui porter mon regard sur la figure de saint Joseph. Dans la page évangélique de ce jour, saint Luc présente la Vierge Marie comme « fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David » (Lc 1, 27). C’est toutefois l’évangéliste Matthieu qui accorde le plus d’importance au père putatif de Jésus, en soulignant que, à travers lui, l’Enfant résultait légalement inscrit dans la descendance de David, et accomplissait ainsi les Écritures, dans lesquelles le Messie était prophétisé comme « fils de David ». Mais le rôle de Joseph ne peut certainement pas se réduire à cet aspect juridique. Il est le modèle de l’homme « juste » (Mt 1, 19), qui, en parfaite harmonie avec son épouse, accueille le Fils de Dieu fait homme et veille sur sa croissance humaine. C’est pourquoi, au cours des jours qui précèdent Noël, il est plus que jamais opportun d’établir une sorte de dialogue spirituel avec saint Joseph, afin qu’il nous aide à vivre en plénitude ce grand mystère de la foi.

Le bien-aimé Pape Jean-Paul II, qui avait une profonde dévotion pour saint Joseph nous a laissé une méditation admirable qui lui est consacrée dans l’Exhortation apostolique Redemptoris Custos, « Le Gardien du Rédempteur »Le Gardien du Rédempteur, exhortation apostolique de Jean-Paul II.

Parmi les nombreux aspects qu’il met en lumière, un accent particulier est placé sur le silence de saint Joseph. Son silence est un silence empreint de contemplation du mystère de Dieu, dans une attitude de disponibilité totale aux volontés divines. En d’autres termes, le silence de saint Joseph ne manifeste pas un vide intérieur, mais au contraire la plénitude de foi qu’il porte dans son cœur, et qui guide chacune de ses pensées et chacune de ses actions. Un silence grâce auquel Joseph, à l’unisson avec Marie, conserve la Parole de Dieu, connue à travers les Ecritures Saintes, en la confrontant en permanence avec les événements de la vie de Jésus ; un silence tissé de prière constante, prière de bénédiction du Seigneur, d’adoration de sa sainte volonté et de confiance sans réserve à sa providence. Il n’est pas exagéré de penser que c’est précisément de son « père » Joseph que Jésus a appris – sur le plan humain – la solidité intérieure qui est le présupposé de la justice authentique, la « justice supérieure » qu’Il enseignera un jour à ses disciples (cf. Mt 5, 20).

Laissons-nous « contaminer » par le silence de saint Joseph !

Nous en avons tant besoin, dans un monde souvent trop bruyant, qui ne favorise pas le recueillement et l’écoute de la voix de Dieu. En ce temps de préparation à Noël, cultivons le recueillement intérieur, pour accueillir et conserver Jésus dans notre vie.

Benoît XVI, Angélus place Saint Pierre, 18 décembre 2005

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Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, 19 mars, nous célébrons la solennité de saint Joseph, mais étant donné que celle-ci tombe le troisième dimanche du Carême, sa célébration liturgique est reportée à demain. Cependant, le contexte marial de l’Angélus nous invite à nous pencher aujourd’hui avec vénération sur la figure de l’époux de la Bienheureuse Vierge Marie et Patron de l’Eglise universelle. Je suis heureux de rappeler que le bien-aimé Jean-Paul II avait également une grande dévotion pour saint Joseph à qui il consacra l’Exhortation apostolique Redemptoris Custos – le Gardien du Rédempteur, et de l’assistance duquel il fit certainement l’expérience à l’heure de sa mort.

La figure de ce grand Saint, même s’il est resté plutôt caché, revêt une importance fondamentale dans l’histoire du salut. Avant tout, appartenant à la tribu de Juda, il relia Jésus à la descendance davidique, si bien que, réalisant les promesses concernant le Messie, le Fils de la Vierge Marie peut vraiment être appelé « fils de David ». L’Évangile de Matthieu, en particulier, met en relief les prophéties messianiques qui trouvent leur accomplissement grâce au rôle de Joseph : la naissance de Jésus à Bethléem (2, 1-6) ; son passage en Egypte, où la sainte famille s’était réfugiée (2, 13-15) ; le surnom de « Nazaréen » (2, 22-23). A l’instar de son épouse, Marie, il s’est montré en tout cela, un authentique héritier de la foi d’Abraham : foi dans le Dieu qui conduit les événements de l’histoire selon son mystérieux dessein de salut. Sa grandeur, comme celle de Marie, ressort encore davantage du fait que sa mission se soit accomplie dans l’humilité et la vie cachée de la maison de Nazareth. Du reste, Dieu lui-même dans la Personne de son Fils incarné, a choisi cette voie et ce style – l’humilité et la vie cachée – dans son existence terrestre.

L’exemple de saint Joseph est pour nous tous une puissante invitation à accomplir avec fidélité, simplicité et modestie, le rôle que la Providence nous a confié. Je pense avant tout aux pères et aux mères de famille, et je prie afin qu’ils sachent toujours apprécier la beauté d’une vie simple, de travail, en cultivant avec tendresse la relation conjugale et en accomplissant avec enthousiasme la grande et difficile mission éducative. Que saint Joseph obtienne pour les prêtres, qui exercent la paternité vis à vis des communautés ecclésiales, d’aimer l’Eglise avec affection et dévouement total, et qu’il aide les personnes consacrées à observer, dans la joie et la fidélité, les conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Qu’il protège les travailleurs du monde entier, afin qu’ils contribuent à travers leurs différentes professions, au progrès de l’humanité tout entière et qu’il aide chaque chrétien à faire, avec confiance et avec amour, la volonté de Dieu, en coopérant ainsi à l’accomplissement de l’œuvre du salut.

ROME, intervention du pape Benoît XVI lors de la prière de l’Angélus du dimanche 19 mars.

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« Les femmes devant le déclin démographique ». Intervention d’Hélène Richard

Comment concilier maternité et engagement politique, la place de l’homme au sein du couple et de la vie de famille
Hélène Richard

Vendredi 28 mai a eu lieu à l’Assemblée Nationale, un colloque organisé par l’Institut de Géopolitique des Populations intitulé « Les femmes devant le déclin démographique ».

Devant un public attentif, les différentes interventions, entrecoupées de débats avec l’assistance, ont mis l’accent à la fois sur les causes et les conséquences de la baisse de la natalité en France. Points de vue de femmes comme l’avait souhaité Yves-Marie Laulan (photo), président de l’Institut de Géopolitique des Populations et organisateur de ce colloque, qui souhaitait avant tout des réflexions, des témoignages, « la voix des femmes sur elles-mêmes ».

10 femmes, 10 interventions aussi libres, riches et variées les unes que les autres.

Ainsi Janine Chanteur, professeur émérite de philosophie morale et politique à l’université de Paris-Sorbonne (Paris IV) rappela à juste titre, à travers une approche philosophique du déclin démographique, qu’il ne fallait pas confondre liberté et individualisme. Hélène Richard, artiste et responsable politique traita du sujet « Comment concilier maternité et engagement politique, la place de l’homme au sein du couple et de la vie de famille », tandis que Marie-Thérèse Hermange, sénateur, se consacrait au rôle du monde politique et des élus devant les problèmes démographiques, la vie de famille et la condition des mères de famille.
Les actes de ce colloque seront publiés à la rentrée et disponibles auprès de l’Institut de Géopolitique des Populations, 20, rue d’Aguessau, 75008 Paris.

Novopress a déjà présenté le texte d’Yves-Marie Laulan et une interview audio de lui. En avant première, nous publions maintenant l’intervention d’Hélène Richard.

Hélène Richard

Je n’avais pas envie de faire du temps qui m’était imparti un résumé d’ouvrages que j’aurais pu lire,  mais plutôt de vous livrer un message un peu plus personnel, fait d’anecdotes, de réflexions et de rencontres.

Lire un livre de démographe et se rendre compte que l’Europe est confrontée à un problème de natalité, c’est très bien. Ceci dit, il faut regarder les choses en face. Ce n’est pas la lecture d’un tel livre, aussi bien écrit et aussi alarmiste qu’il puisse être, qui peut donner aux hommes et aux femmes l’envie d’avoir des enfants. Avoir un enfant fait appel à l’émotionnel, pas à des chiffres ou à une abstraite notion de devoir. On ne fait pas un enfant parce que telle ou telle personne nous dit qu’il faut en avoir ; on ne fait pas un enfant parce que c’est à la mode et on ne fait pas non plus un enfant parce qu’on a conscience que la survie d’un peuple en dépend.

Pour moi, le fait d’avoir des enfants m’a toujours semblé naturel et aller de soi. Mais, à vrai dire, je m’étais souvent posé la question de savoir pourquoi je n’avais pas plus de points communs avec des femmes qui avaient autant d’enfants que moi qu’avec des femmes qui n’en avaient aucun. Ou encore, pour poser le problème autrement, pourquoi j’avais autant de points communs avec des femmes qui n’avaient pas d’enfants qu’avec des femmes qui en avaient autant que moi. J’en étais arrivée à me dire que c’était, sans doute, parce que j’étais, certes, une maman, mais que j’étais aussi, surtout et depuis plus longtemps, une femme.

Je me suis longuement demandée comment j’allais traiter ce sujet puisque la façon dont je réussissais à concilier mon rôle de maman, mon rôle d’artiste, mon rôle de dirigeante politique, mon rôle de femme aussi, avec toutes ces petites et grandes choses qui font le quotidien, me paraissait naturelle et évidente. A vrai dire, s’il m’était déjà arrivé de trouver curieuses les questions du style : « mais comment fais-tu? », de bonne foi, j’avais toujours répondu que c’était, sans doute, plus facile d’avoir six enfants qu’un seul, que c’était juste une question d’organisation…  Bref, mes réponses laissaient mes interlocutrices aussi perplexes que leurs questions me semblaient saugrenues.

La proposition qui m’a été faite tombait donc à point nommé pour qu’enfin je me mette, si ce n’est à étudier la vie de mes semblables, tout du moins pour qu’enfin j’ose leur poser des questions, des questions sur leur rapport à l’enfant et à la natalité, sur leur façon d’articuler leur vie aussi.

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J’ai rencontré une vingtaine de femmes, 20 histoires différentes, que je ne vais pas vous raconter les unes après les autres, mais dont j’ai extrait des bribes significatives.

Je leur ai demandé ce que signifiait pour elles la notion de famille ; ce que représentait, pour elles, le fait d’avoir ou pas d’enfant ; leurs envies, leurs regrets, leur vie ; l équilibre qu’elles avaient réussi à instaurer, ou pas, entre vie familiale, vie professionnelle et vie personnelle. Pas une de ses femmes ne se ressemblait ; pas une n’avait la même histoire ; rarement avaient- elles la même façon de vivre ; mais toutes avaient un point commun : se poser ou de s’être posé à un moment donné la question centrale, celle du couple et, plus exactement, celle de l’homme.

Pour une de ses femmes, la réponse était de nature économique : ce couple n’avait pas les moyens d’avoir un enfant, réussissant difficilement à survivre financièrement à deux, en allant pourtant à l’essentiel, et sans dépenses superflues.

Trois d’entre elles ont des enfants tous les ans, ou tous les deux ans, parce que ça fait partie de leurs traditions, de leurs traditions religieuses qui veulent qu’elles n’utilisent aucun moyen de contraception. Une volonté divine. Elles ne sont pas dans le désir ; elles sont dans l’acceptation.

Mais la plupart de ces femmes n’ont eu qu’un ou deux enfants et n’en auront pas d’autres, bien que leur désir d’enfant ne soit pas mort. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elles ne réussissent déjà plus à vivre ; à avoir des moments où elles ne pensent qu’à elles ; parce qu’elles ont déjà un tel poids sur les épaules  qu’elles ne peuvent envisager de se laisser submerger par une autre maternité.

A travers leurs témoignages, quelque chose apparaissait de façon limpide : elles n’avaient pas envie d’élever seules leurs enfants. On ne fait pas des enfants seules, on les fait pour les élever avec un homme et encore faut- il trouver ce père.

Toutes ces femmes avaient, ou avaient eu, un géniteur pour leurs enfants, un homme avec lequel elles vivaient. Mais pas un homme qui était disponible, disponible pour les aider à s’occuper des enfants ; disponible pour s’en occuper seul parfois ; un homme sur qui elles puissent compter ; un homme qui les laisse vivre ; un homme qui les laisse libre, libre de sortir, libre d’avoir besoin de solitude, libre de ne pas tout dire, de ne pas rendre de comptes alors qu’elles, à l’inverse, disaient savoir laisser à l’autre sa part de mystère, sa part de liberté.

Avoir des enfants, fonder une famille, c’est un travail d’équipe, un tandem. On ne fait pas cavalier seul.

Une femme a le droit de choisir, le droit de choisir d’avoir ou pas des enfants ; le droit de ne pas avoir envie d’être seule à s’occuper d’un bébé, d’enfants qui grandissent ; d’avoir à s’occuper des devoirs ; elle a le droit de ne pas trouver épanouissant de faire à manger ou de faire le ménage.

Avoir un enfant ce n’est pas uniquement le porter neuf mois dans son ventre ; c’est l’élever, c’est-à-dire l’aider à grandir, l’aider à grandir de façon optimale, de façon saine. Et cela ne peut se faire dans de bonnes conditions si l’on est fatiguée, triste, éprouvée, seule. Je ne vois pas plus sage décision, plus mature aussi, que de décider de ne pas avoir d’enfant si on sait, à l’avance, qu’ils seront un poids.

Les enfants ressentent tout. Ils seront un jour des adultes. Si on veut qu’ils puissent œuvrer pour changer le monde dans lequel on vit, le rendre plus juste et moins laid ; si nous voulons être les pères et les mères de ce que j’ai envie d’appeler « cette autre jeunesse », encore faut-il leur en donner les clefs et ne pas les accabler de poids trop lourds pour eux. Si on veut leur donner l’envie d’avoir un jour, eux aussi des enfants, peut- être ne faut- il pas leur faire croire qu’avoir un enfant signifie cesser d’exister soi-même. On ne doit pas faire peser un poids sur l’existence de son enfant, un poids de culpabilité. On ne doit pas non plus être un poids pour lui. Il n’a pas à porter nos errances ni nos états d’âmes ; il n’a pas à payer le prix de nos erreurs ou de nos choix.

Le rôle de l’homme n’est pas de seconder sa femme. Il est d’être aussi présent qu’elle. Être aussi présent dans tous les moments importants, bien entendu, mais aussi dans tous ces petits riens qui font la vie de tous les jours, dans toutes ces petites choses parfois assommantes  que l’on nomme le quotidien. Je me suis rendue compte que, pour beaucoup de femmes, l’homme était absent. Or, le rôle de l’homme ne se limite pas à apporter une situation financière confortable à sa famille.

Un enfant se structure avec un homme, son père, et une femme, sa mère, à ses côtés, et ce, tout au long de son enfance, de son adolescence, jusqu’à ce qu’il devienne un adulte. Et si ce rôle est important pour l’enfant, il est aussi excessivement important pour la mère, la femme.

S’il est bon de rappeler qu’on ne fait pas un enfant pour soi, il faut admettre aussi que la vie d’une femme ne s’arrête pas à ses enfants. Lorsqu’ils seront grands, ils partiront. La femme aura besoin de retrouver une vie, sociale, affective, professionnelle. Ce sera d’autant plus difficile si elle n’a pas conservé cette vie durant ces « années de maman ».

Pour donner envie aux femmes d’avoir des enfants et aussi envie aux hommes que leurs femmes aient des enfants, il faut aussi se demander quel visage leur est offert. Ce qu’elles peuvent déceler à travers cette vitre derrière laquelle elles aperçoivent des femmes devenues mères auxquelles, un jour peut être, elles décideront de ressembler.

Quand je vois toutes ces femmes qui, du jour au lendemain, deviennent vieilles, -les sorties des classes en sont pleines-, ça ne donne guère envie.

Avoir des enfants seule n’est pas une bonne chose pour l’enfant. Mais avoir un mari absent équivaut à avoir des enfants seule. Ce n’est constructif, ni pour l’enfant, ni pour la femme, ni même pour l’homme (sur qui rejaillissent inévitablement un jour ou l’autre toute sorte de griefs). Le père est celui qui, quand l’enfant vient de naitre, a ce rôle tout à fait symbolique de couper le cordon. Au fur et à mesure que l’enfant grandit, il a celui de détacher la mère de cette exclusivité. C’est celui qui doit être  là pour la laisser, lui ordonner presque parfois, de redevenir une femme.

Les femmes qui me connaissent savent que je peux parfois m’absenter plusieurs jours, voir plusieurs semaines si je dois partir à l’autre bout du monde, sans que cela ne pose le moindre problème, ni à mes enfants, ni à leur père. Que je peux aussi faire la fête jusqu’à  4h du matin avec mes amis et faire la grasse matinée le lendemain, sans me préoccuper le moins du monde du repas, qui sera prêt ; inversement, moi, je suis capable de me dégager du reste et d’être là à 100% quand il faut et ce n’est jamais une corvée. Je ne suis pas une privilégiée. J’ai juste l existence que j ai choisie, avec six enfants, qui ne sont pas tombés du ciel, mais que j’ai désirés, choisissant également le moment où j’ai voulu les avoir,  une existence hors normes et inclassable.

Et je ne peux m’empêcher de dire que si cette façon de vivre, comme tout ce qui sort des sentiers battus ceci dit, éveille la curiosité,  l’intérêt , l’envie, elle est aussi, parfois, sévèrement jugée. Car il faut bien admettre que les gens heureux dérangent et surtout que la notion de « normalité » a la vie dure. Dans la tête des gens, il y a souvent ce qui se fait et ce qui ne se fait pas ; des cases où classer les gens en fonction de stéréotypes clairement définis et ceux qui ne rentrent pas dans les cases, excusez le terme, « emmerdant ».

Les premiers à pourfendre le « politiquement correct » ne se rendent d’ailleurs souvent pas compte à quel point ils peuvent être, eux aussi, tellement rétrogrades, archaïques, arc-boutés à des convenances et des appréhensions d’un autre âge, si proches parfois de ceux qu’ils croient combattre. La femme n’est pas une esclave, et parfois, je me dis que je ne vois pas tellement de différence entre une femme obligée de se cacher sous un sac poubelle avec juste des fentes pour les yeux et une femme qui doit mettre au monde tous les 18 mois un enfant sans jamais se demander si c’est ce qu’elle souhaite.

Laissez-moi vous raconter une anecdote. Il y a quelques semaines j’ai croisé,  par hasard, un homme que je connaissais et j’ai pris des nouvelles de sa femme, par politesse. Il m’a répondu de but en blanc quelque chose qui m’a choqué, et je cite : « elle est grosse comme tous les 2 ans ». Surprise, non pas par le fait que sa femme soit enceinte, mais par la façon dont il en parlait. Je je lui ai demandé pour quand était le bébé, il ne savait pas ; ma dernière question a été de lui demander si elle allait bien ; ce à quoi il m’a répondu qu’il  ne voyait pas pourquoi elle n’irait pas bien puisqu’elle restait  à la maison tout le temps, ayant juste à s’occuper de faire l’école aux 5 autres… Une anecdote n’est pas une généralité évidemment. Néanmoins ce type de comportement existe.

Et dans l’absolu, j’ai beaucoup de mal à voir comment ce style de vie peut donner envie aux femmes aujourd’hui.

Attention, je ne suis pas en train de dénigrer ou de prétendre que tel ou tel style de vie est meilleur que tel autre. Je dis juste que si quelques femmes acceptent cette façon de vivre, que parmi ces femmes certaines s’épanouissent réellement tout simplement parce que seul le don de soi les intéresse, c’est très bien. Mais que personne ne peut prétendre que cet exemple soit un modèle de société.

Il y a une chose qui va peut être en surprendre certains, mais je ne suis pas inconditionnellement  favorable aux familles nombreuses car je considère qu’on ne doit pas subir un enfant. On doit pouvoir choisir si on veut et quand on veut être maman, et surtout être parents. Car un enfant, je le répète, ne se fait pas seul mais à deux ;  ne grandit pas seul, mais entouré de ses deux parents. C’est une responsabilité que de décider d’avoir un enfant ; on ne le fait pas égoïstement pour soi ; ça a beau être une question d’émotion, comme je le disais tout à l’heure,  ce n est pas un caprice.

On ne fait pas un enfant pour soi ; on le fait pour l’élever, le hisser vers le haut, le faire grandir. On n’a pas le droit de faire égoïstement un enfant ou, tout aussi égoïstement, plein d’enfants, sans pouvoir ou sans vouloir leur consacrer le meilleur. Le meilleur ne veut pas dire tout ; ne veut pas dire le plus d’argent possible pour lui payer les dernières baskets à la mode ou la super école privée ; le meilleur c’est le temps et l’écoute, l’attention, la compréhension, l’amour et l’éducation d’une mère ET d’un père. Et cela, ni au détriment de la vie de son père, ni au détriment de la vie de sa mère. On ne donne que ce qu’on a. Et pour être capable de donner, encore faut-il recevoir l’énergie, la reconnaissance, le bien être etc. que seule une vie personnelle épanouie peut apporter.

Il faut se souvenir d’une chose : la femme européenne est une femme libre. Et si le 19ème siècle, et la morale bourgeoise, n’ont fait qu’assoir un assujettissement de la femme à son mari, on ne peut s’empêcher de penser que cela est allé de pair avec l’augmentation du divorce et du mal être féminin. Privée de liberté, la féminité se meurt et la femme avec. Ou alors, elle choisit la rébellion à outrance, quitte à en payer un prix fort, l’assujettissement, non plus à un homme mais au système capitaliste libéral et à ses lois.

Le seul moyen pour que les femmes fassent à nouveau des bébés est que les hommes soient des hommes et les femmes des femmes. Un homme est quelqu’un qui doit savoir se battre ; c’est quelqu’un qui doit être suffisamment fort pour assumer sa vie, celle de sa famille et le bien être de la mère de ses enfants.

Il serait bien présomptueux de vouloir tracer un portrait de l’homme idéal. D’une part, chacun sait bien que le Prince charmant n’existe pas. Par ailleurs, et plus sérieusement, les besoins et les désirs de chacun sont tellement différents qu’il serait vain de vouloir ériger un principe d’uniformité qui aurait valeur de « mètre étalon » sur l’échelle de l’homme parfait.

Non, j’ai simplement, par des « mots clefs », même si cette expression ne me convient qu’à moitié, relevé dans mes conversations avec grand nombre de femmes, de mamans, et noté toute une série de manques, de besoins, parfois aussi de regrets.

Regrets de ne pas avoir mis au monde la famille nombreuse qu’elles rêvaient d’avoir tout simplement parce qu’elles s’étaient heurtées à un quotidien trop dur pour elles, mais parfois aussi au refus de l’homme qu’elles avaient choisi pour père à leurs enfants d’agrandir cette famille comme elles le désiraient. Combien en ai- je entendu dire qu’elles avaient du « négocier » le petit dernier ?…

J’ai acheté ce livre d’Irène Vilar, « Maternité avortée », paru aux éditions Balland il y a quelques semaines. Cette américaine d’origine portoricaine raconte sa propre histoire. L’histoire d’une femme ayant avorté des dizaines de fois car l’homme qu’elle aimait et dont elle était excessivement dépendante refusait catégoriquement d’avoir le moindre enfant. Elle ne pu avoir deux filles que lorsqu’elle réussit à rompre cette relation destructrice avec cet homme. Le seul rapport que cet exemple, ou plutôt ce contre exemple, ait avec mon sujet d’aujourd’hui, est qu’il confirme, s’il en était encore besoin, que concevoir un enfant ne se décide pas seule mais à deux.

Cette femme a choisi délibérément d’être enceinte à de nombreuses reprises puis de recourir systématiquement à l’avortement. Ce livre a été vilipendé. La première réaction du « public » des lecteurs ou des non lecteurs d’ailleurs, a été de juger cette femme. Or la question n’est pas de la juger, de dire si ce qu’elle a fait est bien ou pas. Ce qui transparait aussi à travers ce livre, c est que si elle n’a pas eu ces enfants, qu’elle désirait tout de même, c’est parce qu’à ses côtés, elle n’avait pas d’homme prêt à les accueillir et à les élever. Elle était juste aux prises avec un amour exclusif et destructeur qui ne laissait pas la place à l’enfant.

Tout est lié. Sachant pertinemment qu’elles n’avaient pas trouvé ou qu’elles ne trouveraient pas l’homme qui leur permettrait de mener de front plusieurs vies, certaines femmes préfèrent renoncer d’abord à leur rôle de maman, quitte à combler sur le tard un besoin ou un désir d’enfant. Elles s’y prennent alors à la quarantaine, n’en ont qu’un, le couvant à outrance et n’en faisant pas l’homme ou la femme qui, demain, seront prêts à relever les défis de notre siècle.

Il ne faut pas non plus perdre de vue qu’une femme qui a des enfants à materner, n’a pas besoin d’avoir en plus un homme à materner. Sinon, il est évident qu’elle ne trouvera pas le moindre espace personnel pour s’occuper d’elle-même. Et, sur ce point précis, ce sont bien les femmes en tant que mères qui sont les premières fautives.

Car, finalement, si, aujourd’hui, peu d’hommes sont capables d’offrir assez de solidité à leur femme, assez d’aide et de soutien ; s’ils sont, eux aussi, tellement infantilisés qu’ils sont une charge supplémentaire pour leur épouse et ne sont donc pas capables d’offrir un vrai modèle masculin à leurs enfants ; c’est peut- être bien la faute de ces mères qui, à trop couver leurs fils, à trop les empêcher de jouer à la bagarre, de se salir et de grimper aux arbres, en ont fait des espèces d’hybrides à corps d’homme (et encore pas toujours..) et, à intérieur, excessivement féminin avide de protection.

Les « mamans poules » ultra protectrices ont tendance à m’énerver. Oui, le monde dans lequel on vit est moche, oui, la société peut être dangereuse. Et alors ? Ce n est pas en coupant nos enfants de ce monde qu’ils découvriront de toute façon un jour ; ce n’est pas en les élevant dans une espèce de bulle dorée, un microcosme où ils ne seraient jamais confrontés au réel, que nous les aiderons.  Au contraire, s’ils se trouvent parachutés du jour au lendemain dans le monde réel, ils risquent de se prendre un drôle de retour de boomerang. C’est un peu se retrouver sur un ring, non seulement sans savoir boxer, mais, en plus, sans protections ! Là aussi, le père a un rôle à jouer, à lui aussi de couper le cordon ombilical, à forcer la mère à laisser vivre son enfant et à apprendre à ce dernier à se battre.

Cela me fait penser à une autre anecdote. Une maman que je rencontre incidemment à la sortie des classes et qui me dit qu’elle allait changer son fils de collège à la rentrée. 1ère version : il se fait taper.. Au bout de 5 minutes, autre version : il se battait, il se faisait taper certes, mais il rendait les coups quand même Le problème de cette mère était qu’elle refusait  catégoriquement que son fils se batte. Quand je disais, il y a un instant, que le problème actuel des hommes, qui ne sont plus des hommes, vient aussi, et surtout, de l’éducation des mères. Et c’est cette même maman qui me disait quelques semaines plus tôt : « J’aurais vraiment aimé avoir plein d’enfants comme toi, mais ce n’est pas possible, mon mari ne m’aide pas ; c’est une vraie loque, pire qu’un enfant »…

Si j’avais un message à faire passer, ce serait celui qu’il est tout à fait possible d’avoir une famille nombreuse ; d’être épanouie ; d’avoir une vie professionnelle, personnelle, des rêves que l’on refuse de classer sans suite ; à condition d’avoir choisi pour ses enfants un père et de ne pas juste avoir choisi un mari.

Je me demande souvent si la première erreur n’est pas de se marier par amour. Beaucoup de femmes ne me contrediront pas si je dis que le meilleur mari n’est souvent jamais la plus grande passion de sa vie, ni même la plus belle histoire d’amour. Et beaucoup ne me contrediront pas non plus si je dis que les histoires d’amour, les passions les plus belles et les plus éternelles s’accommoderaient très mal avec le mariage et le quotidien. Ce serait le meilleur moyen de les mettre à mort et de les gâcher.

Si on ne se marie que par amour (évidemment il y a des exceptions), un jour ou l’autre, inévitablement, les sentiments changeant, s éteignant, on se retrouve face à un mur de douleur, d’incompréhension et de trahison. Si ce n’était pas le cas, il n’y aurait pas tant de divorces dans notre société.

Sans la notion de lignée, au moindre faux pas, à la moindre incompréhension, le couple est fragilisé et tend à se désagréger pour aller à l’éclatement.

C’est quelque chose qui est souvent revenu dans des conversations que j’ai eues avec des femmes plus âgées. Elles ne me disaient pas avoir vécu avec l’homme de leur vie, mais avoir choisi LE père idéal pour leurs enfants. C’est quelque chose que l’on sent.

Pour un homme « super fastoche », de faire un enfant, la notion de sacrifice est minime, sur l’instant. La femme, elle, a un investissement  temps, implication et énergie qui est nettement plus élevé. Grossesse + allaitement = environ 15 à 18 mois qu’elle consacrera principalement à son enfant. La notion de transmission d’un capital génétique lui vient, à mon sens, systématiquement à l’esprit de part cette implication « étendue ».

Une femme fera un enfant avec un homme digne, c’est à dire capable de doter de qualités génétiques élevées cet enfant qui viendra au monde. La femme choisit le père de ses enfants. Et ce père n’est pas forcément  ni l’amant idéal ni le plus grand amour de sa vie. C’est juste l’homme qui sera capable d’être le meilleur père possible pour sa descendance. Biologiquement, paternellement, affectivement, moralement, etc. C’est une question de lignée, une question d’immortalité.

De là, l’ineptie du divorce, qui brise cette lignée, qui remet en cause cette immortalité et rend esclave la femme. Accepter de façon simple et évidente qu’on fait des enfants à deux, qu’on les élève donc à deux, quoiqu’il arrive, qu’on est là pour transmettre et pas pour se comporter de façon versatile, remettre donc à l’endroit la notion d’engagement serait, à mon sens, une bonne chose : on ne s’engage pas vis-à-vis de sa femme, de son mari mais vis-à-vis de sa lignée, de sa descendance.

Quel est le principal comportement actuellement ? Je me marie (ou pas) par amour, sachant pertinemment que cet amour ne durera pas et qu’ensuite, je passerai à une autre histoire. J’ai donc un enfant, voulu par amour, mais rarement plus, soit car je n en ai pas le temps, l’amour étant déjà loin, soit car je n’en ai pas envie. Car ce qui compte avant tout est de préserver cet amour et de garder donc le maximum de temps à deux.

La monogamie n’existe pas. Un homme, un seul, une femme, une seule, pour la vie entière, ne peut être qu’exception. Dans la civilisation occidentale, si la polygamie est interdite, elle existe de fait. Divorce pour entamer une nouvelle histoire ; liaisons successives avec absence de mariage par refus de s’engager.

Oui, l’homme et la femme sont de plus en plus naturellement polygames. Pas de façon horizontale comme dans les pays musulmans, avec plusieurs épouses et des enfants de chacune en même temps, mais de façon verticale, avec successivement plusieurs femmes ou épouses, plusieurs hommes ou maris ( je ne compte ni les amants ni les maitresses, car il semble bien que ce type de relations n’ait justement pas un but de reproduction, au contraire, ces passions n’étant là que pour satisfaire un idéal amoureux et romantique totalement personnel et égoïste faisant fi de tout lignage. Tout du moins, c’est le fonctionnement du monde européen depuis Ulysse !).

C’est un peu le problème qui se pose aujourd’hui dans les mariages mus uniquement par cet amour passion qui, immanquablement, s’éteint un jour. Le sentiment amoureux ne perdure pas à travers les années sans se faner ou s’éteindre et une relation basée uniquement sur l’amour sans projets, sans lignes de vies définies dans le temps est voué à un échec absolu avec divorce à la clef. Et qui peut le condamner ? Comment passer sa vie avec quelqu’un uni seulement par un souvenir d’amour à un moment donné mais sans perspectives communes, sans liens autres, sans projet de vie?

Quant à l’amour passion, il est exclusif et se nourrit mal de la présence de tout grain de sable. Un réel amour passionné pourra donner naissance à la rigueur à un enfant, rarement plus. Car ce qui prime dans ce type de relation, ce sont les instants à deux, la fusion de deux êtres dans l’instant et pour l’éternité, mais de façon totalement égoïste et sans aucun souci de  » l’extérieur  » de ce duo.

A mon sens, un bon mariage n’est donc pas un mariage d’amour, mais un mariage raisonné, dans le but de construire. Ceci accepté, toutes les histoires d’amour du monde peuvent être alors vécues par chacun sans que cela mette en péril le devenir de la Famille.

L’épanouissement de chaque membre du couple équivaut à l’épanouissement des enfants et donc de la structure familiale qui, elle seule, doit rentrer en ligne de compte et perdurer par dessus tout. Si une femme a la certitude que cette stabilité familiale va perdurer, si elle a la certitude qu’elle pourra continuer à être une femme, qu’elle ne sera pas privée de sa liberté, et inversement si l’homme a lui aussi la possibilité de s’épanouir alors naturellement, ensemble, ils décideront d’avoir des enfants. Et de transmettre.

Un couple de parents n’est pas une histoire de domination. Il faut trouver un équilibre en fonction des volontés, des aspirations propres de chacun. La recette miracle, qui est loin de me sembler immature puisque c’est celle dont chaque femme que j’ai rencontrée m’a dit rêver, et que toutes celles qui avaient la chance de vivre de cette manière avaient au moins quatre enfants, est la suivante .

Laissez-moi faire la comparaison avec une recette de cuisine. Imaginez une sauce, une sauce qui soit à la fois piquante et douce, légère et consistante, savoureuse et surprenante, un soupçon de folie et la carrure rassurante des mets d’autrefois, une sauce qui ferait du plat qu’elle accompagne un plat à la saveur inoubliable, de celles dont on veut toute sa vie égaler le raffinement et l’empreinte…

Il faut réussir à aménager autour d’un projet de vie( celui de construire une famille) la possibilité de s’épanouir l’un sans l’autre, la possibilité de vivre parfois en célibataire, tout en étant les piliers, les fondations indestructibles de cette famille, qui ne vaut que par ce qu’on y transmet de richesse, de valeurs et de bonheur, de gaieté, cette notion de clan respectant la liberté de chacun.

Famille où il n’y a ni dominant ni dominé, où aucun ne fait ce qu’il veut sans se préoccuper de l’autre, famille où règne l’harmonie due à une imbrication telle les alvéoles d’un rayon de miel, entre les désirs et les besoins de l’un et de l’autre, l’immense respect qui les accompagne et l’absence de frustration que ce modèle engendre.

Il y a quelque chose qui me dépasse complètement : le fait qu’avoir des enfants puisse être, pour certains, synonyme d’arrêter de vivre …

Le seul moyen de donner aux femmes et aux hommes l’envie d’avoir des enfants est de montrer aux femmes que la maternité ne les empêchera pas de vivre et de rester avant tout des femmes et de montrer aux hommes que la paternité leur permettra de devenir un homme.

Au bout de ces quelques minutes de réflexion, j’ai envie de dire aux hommes que ce n’est pas s’abaisser que de permettre à sa femme de rester elle- même !!

J’aurais pu vous faire un discours très convenu, et sans doute très attendu, en arguant que la place de la femme est au foyer et que le plus beau rôle qu’elle puisse avoir est celui de rendre heureux ses enfants et son mari.

Il y a des femmes qui sont faites pour rester à la maison et élever leurs enfants, et il y en a qui ne peuvent s’en contenter. Il n est pas question pour moi de crier avec les loups et de condamner les unes ou les autres. Juste de montrer que tout est possible.

« Forcer » les femmes à avoir de nombreux enfants ou, tout du moins, ériger le statut de famille nombreuse comme étant celui vers lequel devrait tendre tout un peuple est d’une stupidité totale. Que vaut- il mieux ? Avoir un pays à forte natalité et faire primer la quantité sur la qualité ou inversement ? Je ne pense pas que toutes les femmes soient faites pour avoir beaucoup d’enfants. Si j’osais, je dirais même que je ne pense pas que toutes les femmes soient faites pour être mères. Et je ne pense pas, non plus, que la généralisation de la famille nombreuse soit souhaitable. Etant entendu que rien n’est plus destructeur que d’être « l’enfant de trop « .

Je regarde avec un œil critique toute politique nataliste. Oui, l’Etat doit aider financièrement les familles désirant avoir des enfants, le manque d’argent ne devant pas être un frein à cette natalité désirée. Par contre, il faut faire attention. Car ce peut être une arme à double tranchant : même à échelle minime, la procréation ne doit pas devenir un moyen comme un autre de gagner sa vie.

Si il y a donc en effet des femmes qui sont faites pour rester à la maison et s’occuper de leur progéniture et -je trouve parfaitement injuste qu’elles soient regardées comme des extra-terrestres, je trouve tout aussi injuste que des femmes, dont je fais partie, qui ont choisi de vivre autrement, soient tout aussi condamnées.

Toute femme rêve d’avoir des enfants ; bien sûr que c’est un accomplissement ; bien sûr que c’est un lien vers l’immortalité. Mais permettez aux femmes d’aujourd’hui d’avoir d’autres rêves d’épanouissement que ceux que pouvaient avoir les héroïnes d’Henry Bordeaux il y a un siècle !!

Les femmes veulent des enfants ; veulent pouvoir choisir de ne pas travailler ; veulent s’épanouir professionnellement parfois aussi ; et veulent surtout rester des femmes.

Oui, il est possible d’être une maman de cinq, six, sept  enfants et d’être aussi, voir même avant tout, une femme. Il est possible d’harmoniser gravité et insouciance, sagesse et grains de folie, attention et légèreté etc. etc.

C’est possible à une condition : que nos enfants aient un père, un papa, pas un mari-de-maman-jaloux qui refuserait qu’elle sorte ; pas un père-qui-gagne-beaucoup-de-sous mais qui n’est jamais là ; un père par correspondance en quelque sorte, qui signerait les relevés de notes, distribuerait les félicitations et les punitions, arbitrerait les bagarres ; mais ne serait jamais là pour jouer, pour câliner ; pour préparer des pizzas quand maman n’est pas là ; raconter des histoires le soir quand maman est sortie avec ses copains et ses copines et qu’elle ne rentrera peut-être pas cette nuit ; préparer un gâteau pour quand maman rentrera ; partir en ballade le week-end quand maman travaille…

Dernière anecdote avant de conclure. En réfléchissant à ce que j’allais vous dire ce matin et en l’écrivant, à plusieurs reprises, je n’ai pu m’empêcher de penser au film de Todd Haynes, « Loin du Paradis ». Vous savez, ce film qui se déroule dans l’Amérique provinciale des années 50 et raconte la descente aux enfers d’une femme au foyer exemplaire, mère attentive, épouse dévouée. Elle sourit toujours, quand elle apparait dans le journal local aussi bien que quand son couple s’effondre ou quand ses amies l’abandonnent les unes après les autres, la trouvant trop amie avec son jardinier. Ce film me parait riche de deux enseignements, immuables malheureusement :

– l’importance du paraître et l’obligation morale de sauver les apparences,
-et surtout que, quoiqu’il en soit, on ne pardonne jamais rien à une femme.

Aujourd’hui encore, il m’arrive d’avoir des réflexions du type : « tu ferais mieux de t’occuper de tes enfants » ; « ça sert à quoi de voyager autant que tu le fais ? » ; « quand on a des enfants on ne sort pas comme ça le soir »… Et vous savez quoi ? Ces réflexions ne viennent pas uniquement d’hommes, mais également de femmes… C’est peut être ce qui est le plus ambigu !!!

Il ne faut pas oublier que ce qui fait la richesse d’un monde, c’est que tous les individus y soient différents. Je n’ai pas la moindre envie d’imposer mon modèle à quiconque ni la prétention de dire qu’il est le meilleur. Toutes les femmes n’ont pas les mêmes aspirations. L’important est qu’elles  fassent ce qu’elles ont envie de faire. Je me suis juste rendue compte que les femmes qui vivaient ou avaient vécu comme je le fais avaient, outre eu plus d’enfants que les autres, et qu’en plus de cela, elles avaient réussi à être les piliers de véritables lignées, de véritables familles. Et ça, il me semble que c’est la voie pour vivre éternellement.

Hélène Richard

La femme catholique a lu cet article sur NovoPress.Info



Mères de famille ayez confiance

 

Les mères de famille sont les aventurières du monde moderne

 

 

 

Vous n’avez pas dormi, la nuit passée, et vous vous êtes remises au travail, composé de soins domestiques, d’enfants à instruire et à corriger, de repas à préparer. Puis ce soir, vous entendrez des pas dans le couloir : c’est votre mari qui rentre; il désire que vous n’ayez pas l’air trop soucieuses ni trop fatiguées. Pourtant vous savez tous les deux que votre fils aîné ne pratique plus. Il dit même qu’il n’a plus la foi. Votre fille, elle aussi, commence à se dérober à votre influence. Le soir tombe, le babil des enfants s’est tu; le silence qui jadis retrempait vos âmes fait place maintenant à une lumière froide, une sorte de lucidité amère sur les êtres et sur les choses. Autrefois vous aimiez le calme du soir, ce vaste et tendre apaisement que dépeint le poète. Désormais l’inquiétude monte la garde près de vous et son aile noire recouvre tout dans la maison : les rêves, les projets d’avenir, jusqu’aux regards sur les petits corps endormis. O vaillantes mères de famille, le monde entier conspire contre vous et contre votre maison, contre l’âme de vos enfants, contre votre paix intérieure; vous le saviez et vous êtes parties quand même dans l’aventure : vous êtes bien, selon un mot fameux à peine modifié, les aventurières du monde moderne. Dans un monde en proie à un optimisme de commande, vous êtes les premières à être témoin du caractère tragique de la condition humaine. pour l’honneur de cette aventure, je voudrais simplement vous remettre en mémoire une parole du Christ Jésus à ses disciples, un de ces mots formidables qui révolutionnent le destin des hommes; « Confidite, ego vici mundum ». Ayez confiance, j’ai vaincu le monde!

Et maintenant, permettez-moi de vous interroger : qu’est ce que la confiance? Selon la belle formule de notre ancien catéchisme, la confiance est une qualité de l’espérance. Récitons l’acte d’espérance :

« Mon Dieu, j’espère avec une ferme confiance que vous me donnerez votre grâce en ce monde et, si je suis fidèle à vos commandements, votre gloire dans l’autre, parce que vous me l’avez promis, et que vous êtes souverainement fidèle dans vos promesses. »

Gravons dans notre esprit les premiers mots : j’espère avec une ferme confiance. Ainsi la confiance qualifie l’espérance et la fermeté accompagne la confiance. Tout cela respire le courage, une sorte d’accent viril qui emporte l’adhésion. Eclairés et fort de cette lumière qui ne vient pas de nous, mais descend de très haut, des hauteurs de ce paradis où les anges se racontent le combat spirituel de leurs frères humains; éclairés et forts de cette lumière, nous vous disons : chères âmes, tenez bon. C’est vous qui dressez l’échelle par laquelle les civilisations montent vers le ciel; ne vous découragez pas. Ayez confiance!

 


 

Ayez confiance d’abord dans la prière. Vous connaissez la force de cette prière qui vous rassemble chaque soir : là où deux ou trois seront rassemblés en mon nom, je serai au milieu d’eux ; C’est alors que l’inquiétude maternelle se transforme en foi toute pure et en charité. C’est maintenant une conspiration dans l’autre sens, une conspiration de prière et d’amour pour le retour des enfants prodigues : le rosaire et les litanies, tout y passe. on ne sait ce que c’est de mettre au monde des enfants et de les voir s’égarer, se perdre peut être pour toujours. Ah! comme on prie lorsqu’on a charge d’âmes!
Voici, dans le secret de son coeur, la prière qu’une mère de famille fit un jour pour son enfant égaré :

« O Jésus, vous qui avez rendu à la veuve de Naïm le fils unique dont elle pleurait la perte : vous qui, dans la parabole de l’enfant prodigue, avez montré une si tendre miséricorde pour les enfants qui s’égarent ; daignez rappeler et ramener le mien, malheureusement entraîné loin de vous, loin de moi, loin du devoir. Mon pauvre enfant! O mon Dieu, je vous en supplie, je vous en conjure avec larmes : ouvrez ses yeux, touchez son coeur, brisez ses liens, donnez lui du courage ; qu’il revienne aux pures affections de la famille ; qu’il se jette entre vos bras comme un autre Augustin ; qu’il embrasse vos pieds sacrés comme Madeleine repentante. Hélas! et si devant vos yeux , auxquels rien n’est caché, ô mon Dieu, je portais la terrible responsabilité des égarements que je déplore ; si, plus tard, j’avais en quelque sorte autorisé ses désordres par la légèreté de mes paroles ou de ma conduite ; ô Seigneur, laissez-vous toucher par une punition si cruelle ; voyez mon repentir, la douleur qui expie mes fautes ; pardonnez-nous à tous les deux et attachez-nous à vous pour jamais. Ainsi soit-il. »

Ceci étant dit dans le langage de Bossuet et de Fénelon, on peut prier sans l’apparat des formules anciennes, avec les pauvres mots du vocabulaire moderne, ou bien même sans mot, d’un simple regard de l’âme, mais avec la confiance des humbles, car il est écrit : « La prière de l’humble pénètrera les nues. »

 

 

 

 

 

Ayez confiance dans le patronage des saints auxquels vous avez confié l’âme de vos enfants.C’est une réalité profondément sérieuse que la protection des saints patrons ; c’est cela qui dans les âges de foi scella le pacte entre la chrétienté et le monde invisible ; c’est cela qui a donné aux anciennes générations cette assurance ferme, cette familiarité douce et coutumière avec le surnaturel. 

Ayez confiance en sainte Monique qui est, après la Très Sainte Vierge, la patronne des mères de famille. Connaissez-vous ses litanies? (…)

Ayez confiance dans les saints Anges. Les Anges sont nos amis très chers, à la fois délicats et puissants : ils admirent nos combats, nos détresses, nos tristesses d’amour ; ils voient dans les souffrances de la terre quelque chose de mystérieux et de sacré qui leur rappelle la Passion et la Croix du Seigneur Jésus. Mériter et grandir en amour, opérer le salut par la douleur et le sacrifice, voilà des choses qu’ils ignorent, retenus qu’ils sont par les éternelles chaînes d’or de la vision béatifique. comment voulez-vous qu’ils ne s’émerveillent pas devant ce palais de douleur, où se consomment les noces mystérieuses du Ciel et de la Terre? Saint Pierre dit même qu’ils désirent y plonger leurs regards, tellement le spectacle de la Rédemption les ravit. Quant à notre Ange gardien, il plonge carrément tout entier dans notre monde sublunaire et se montre à notre égard un compagnon fidèle – invisible, mais si amical! Un guide sûr, parfois un tuteur ou un précepteur véhément. Mais, par une mystérieuse disposition de la Providence, nos Anges veulent être priés. S’ils sont priés, alors ils décuplent leur service d’amour : une mère chrétienne qui prierait assidûment l’Ange gardien de ses enfants assisterait à une floraison de miracles. Relisez le livre de Tobie. C’est une famille entière que l’Ange Raphaël est venu réconforté en guidant le jeune Tobie, en délivrant sa fiancée Sara qui était possédée du démon, en guérissant le vieux Tobie de sa cécité. Ce personnage céleste faisant irruption dans les malheurs d’une famille d’exilés, c’est toute la tendresse du ciel qui se déverse sur la terre ; C’est la souveraine liberté de Dieu faisant sauter la carapace de notre univers conditionné et technicisé, où il semble qu’il n’y ait plus de place pour la libéralité divine. Je vous exhorte donc à avoir fréquemment recours au ministère des saints Anges, à entrer avec joie dans ce monde de gratuité qui, au milieu de tant d’abandons et de turpitudes, constitue la marque indestructible de notre honneur catholique.

 

 

 

Ayez confiance dans l’intercession très particulière de saint Joseph, chef de la sainte Famille. priez Marie de Nazareth, dont l’existence pendant trente ans fut, comme la vôtre, semée de toutes sortes de joies et d’inquiétudes familiales. Elle avait pour mission unique de tenir chaque jour une maison qui abritait le trésor infiniment précieux du Fils de Dieu ; vous avez pour mission unique, au milieu d’un monde redevenu païen, de tenir une maison qui abrite le trésor infiniment précieux d’une famille chrétienne. Et si Dieu vous fait l’honneur d’appeler l’un de vos enfants à son service, vous verrez là un titre supplémentaire de ressemblance avec Marie, mère de Jésus, associées, comme elle au grand oeuvre de la Rédemption. Un enfant consacré à dieu, c’est toute la famille qui s’élève. Souvenez-vous de la recommandation d’un patriarche à son fils : « Il ne s’agit pas seulement de propager ta race , mais de la porter plus haut. »

J’aperçois pour vous, dans la dévotion à la saint Famille, à la fois le plus haut portique de la sainteté et une étonnante simplicité d’accès : on dirait que la Très Sainte Trinité a voulu adoucir la lumière aveuglante de sa transcendance pour nous donner une image terrestre de la charité divine, livrée à l’uniformité grise du quotidien, sans grand incident et sans éclats ; l’humble résumé des joies et des peines que connaîtront les familles chrétiennes jusqu’à la fin des temps. Un amour s’exprimant jour après jour avec des moyens humains et familiers, mais d’une suprême qualité intérieure. Le moindre geste de cette famille d’artisans besogneux avait, aux regards des Anges, la valeur d’une action liturgique capable de faire pâlir les beautés de la terre. Ayez confiance dans la puissance d’attraction du modèle : c’est à Nazareth qu’il faut puiser la force d’atteindre Nazareth. Cette imitation des moeurs divines est nécessaire pour ne pas sombrer dans des moeurs indignes de notre grâce baptismale. » Les familles, a-t-on dit,sont des dynasties de vertu ; tout redescend lorsque ce sceptre leur échappe. » Alors qu’un père de famille sera, dans sa profession, presque toujours soumis à quelqu’un d’autre, auquel il devra rendre compte, en revanche, une mère de famille est douée de prérogatives inouïes, faisant d’elle la maîtresse de ce royaume appelé la maison (de mansio, demeure) et qui a pour fin de maintenir un certain ordre des choses sans cesse menacé : nous ne sommes pas des conservateurs mais des mainteneurs. Dans cette perspective qui est celle du déclin et de la renaissance des civilisations, tout est suspendu à la sainteté de la famille. Sans doute la vie de Jeanne d’Arc est tout entière un vrai miracle ; mais ce qu’on oublie, c’est qu’au moment où Jeanne d’Arc est apparue dans l’histoire, il existait des milliers de familles fournissant le terrain d’éclosion où pouvait naître une Jeanne d’Arc.

 


 

 

 

Ayez confiance dans cette disposition mystérieuse de la Providence qui multiplie autour de vous les exemples de grandeur dans l’odre familial : Dieu a commencé le salut du monde par une famille, et quand il a voulut évangéliser l’Europe, aux premiers siècles de l’Eglise, il eut de nouveau recours à une structure familiale avec Benoît de Nursie, héritier des vertus austère du patriciat romain. Ses disciples ont implantés des monastères dans tous les pays d’Occident. Ces communautés offraient le spectacle d’une famille heureuse, rassemblée autour du gouvernement paternel de l’abbé, où fleurissaient les vertus qui feront la civilisation chrétienne ; entre autres, une piété filiale affectueuse et tranquille, empreinte de douceur et de gravité, toute orientée vers le ciel. Les barbares se sont convertis et civilisés en regardant prier et travailler les communautés monastiques. C’est la règle de saint Benoît qui a inspiré l’art de vivre en société, l’humilité et la courtoisie, l’amour du travail bien fait, le sens de la justice et jusqu’au gouvernement des princes. combien de familles puisent dans la Règle bénédictine un style d’éducation marqué par la paix, l’hospitalité, la concorde et les relations confiantes entre parents et enfants, dans une atmosphère de prière où tout est référé à la Seigneurie de Dieu, premier servi? 

Tant et de si beaux témoignages vous sont donnés pour affermir votre confiance en la sainte Providence de Dieu, et vous permettre de faire de vos famille de petits fortins ; ou mieux, des maisons de prières et de charité, à la fois accueillantes et douées de remparts, où viendront se briser l’esprit du monde et sa malice ; tandis que de pauvres hommes, déçus par ses promesses fallacieuses, découvriront sous votre toit, dans un émerveillement grandissant, le vrai sens de la vie.

 

 

Fr.Gérard m.b.

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