Archives de Tag: jésus

Benoît XVI parle de Saint Joseph

saint_st_joseph_19_mars

Chers frères et soeurs !

(…). Je désire aujourd’hui porter mon regard sur la figure de saint Joseph. Dans la page évangélique de ce jour, saint Luc présente la Vierge Marie comme « fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David » (Lc 1, 27). C’est toutefois l’évangéliste Matthieu qui accorde le plus d’importance au père putatif de Jésus, en soulignant que, à travers lui, l’Enfant résultait légalement inscrit dans la descendance de David, et accomplissait ainsi les Écritures, dans lesquelles le Messie était prophétisé comme « fils de David ». Mais le rôle de Joseph ne peut certainement pas se réduire à cet aspect juridique. Il est le modèle de l’homme « juste » (Mt 1, 19), qui, en parfaite harmonie avec son épouse, accueille le Fils de Dieu fait homme et veille sur sa croissance humaine. C’est pourquoi, au cours des jours qui précèdent Noël, il est plus que jamais opportun d’établir une sorte de dialogue spirituel avec saint Joseph, afin qu’il nous aide à vivre en plénitude ce grand mystère de la foi.

Le bien-aimé Pape Jean-Paul II, qui avait une profonde dévotion pour saint Joseph nous a laissé une méditation admirable qui lui est consacrée dans l’Exhortation apostolique Redemptoris Custos, « Le Gardien du Rédempteur »Le Gardien du Rédempteur, exhortation apostolique de Jean-Paul II.

Parmi les nombreux aspects qu’il met en lumière, un accent particulier est placé sur le silence de saint Joseph. Son silence est un silence empreint de contemplation du mystère de Dieu, dans une attitude de disponibilité totale aux volontés divines. En d’autres termes, le silence de saint Joseph ne manifeste pas un vide intérieur, mais au contraire la plénitude de foi qu’il porte dans son cœur, et qui guide chacune de ses pensées et chacune de ses actions. Un silence grâce auquel Joseph, à l’unisson avec Marie, conserve la Parole de Dieu, connue à travers les Ecritures Saintes, en la confrontant en permanence avec les événements de la vie de Jésus ; un silence tissé de prière constante, prière de bénédiction du Seigneur, d’adoration de sa sainte volonté et de confiance sans réserve à sa providence. Il n’est pas exagéré de penser que c’est précisément de son « père » Joseph que Jésus a appris – sur le plan humain – la solidité intérieure qui est le présupposé de la justice authentique, la « justice supérieure » qu’Il enseignera un jour à ses disciples (cf. Mt 5, 20).

Laissons-nous « contaminer » par le silence de saint Joseph !

Nous en avons tant besoin, dans un monde souvent trop bruyant, qui ne favorise pas le recueillement et l’écoute de la voix de Dieu. En ce temps de préparation à Noël, cultivons le recueillement intérieur, pour accueillir et conserver Jésus dans notre vie.

Benoît XVI, Angélus place Saint Pierre, 18 décembre 2005

 9eme-jour---El_Greco_St_Joseph_and_the_Christ_Child_1597-99

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, 19 mars, nous célébrons la solennité de saint Joseph, mais étant donné que celle-ci tombe le troisième dimanche du Carême, sa célébration liturgique est reportée à demain. Cependant, le contexte marial de l’Angélus nous invite à nous pencher aujourd’hui avec vénération sur la figure de l’époux de la Bienheureuse Vierge Marie et Patron de l’Eglise universelle. Je suis heureux de rappeler que le bien-aimé Jean-Paul II avait également une grande dévotion pour saint Joseph à qui il consacra l’Exhortation apostolique Redemptoris Custos – le Gardien du Rédempteur, et de l’assistance duquel il fit certainement l’expérience à l’heure de sa mort.

La figure de ce grand Saint, même s’il est resté plutôt caché, revêt une importance fondamentale dans l’histoire du salut. Avant tout, appartenant à la tribu de Juda, il relia Jésus à la descendance davidique, si bien que, réalisant les promesses concernant le Messie, le Fils de la Vierge Marie peut vraiment être appelé « fils de David ». L’Évangile de Matthieu, en particulier, met en relief les prophéties messianiques qui trouvent leur accomplissement grâce au rôle de Joseph : la naissance de Jésus à Bethléem (2, 1-6) ; son passage en Egypte, où la sainte famille s’était réfugiée (2, 13-15) ; le surnom de « Nazaréen » (2, 22-23). A l’instar de son épouse, Marie, il s’est montré en tout cela, un authentique héritier de la foi d’Abraham : foi dans le Dieu qui conduit les événements de l’histoire selon son mystérieux dessein de salut. Sa grandeur, comme celle de Marie, ressort encore davantage du fait que sa mission se soit accomplie dans l’humilité et la vie cachée de la maison de Nazareth. Du reste, Dieu lui-même dans la Personne de son Fils incarné, a choisi cette voie et ce style – l’humilité et la vie cachée – dans son existence terrestre.

L’exemple de saint Joseph est pour nous tous une puissante invitation à accomplir avec fidélité, simplicité et modestie, le rôle que la Providence nous a confié. Je pense avant tout aux pères et aux mères de famille, et je prie afin qu’ils sachent toujours apprécier la beauté d’une vie simple, de travail, en cultivant avec tendresse la relation conjugale et en accomplissant avec enthousiasme la grande et difficile mission éducative. Que saint Joseph obtienne pour les prêtres, qui exercent la paternité vis à vis des communautés ecclésiales, d’aimer l’Eglise avec affection et dévouement total, et qu’il aide les personnes consacrées à observer, dans la joie et la fidélité, les conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Qu’il protège les travailleurs du monde entier, afin qu’ils contribuent à travers leurs différentes professions, au progrès de l’humanité tout entière et qu’il aide chaque chrétien à faire, avec confiance et avec amour, la volonté de Dieu, en coopérant ainsi à l’accomplissement de l’œuvre du salut.

ROME, intervention du pape Benoît XVI lors de la prière de l’Angélus du dimanche 19 mars.


Il y a un temps pour jeûner

 

ea6512a0-72da-4b08-b0ab-e68d02bc42c9_g_338

Se référant au jeûne quadragésimal,
le Pape Benoit XIV écrivait dans son 
L’observance du Carême est le lien de notre milice; c’est par elle que nous nous distinguons des ennemis de la Croix de Jésus-Christ; c’est par elle que s’éloignent les fléaux de la colère divine; c’est par elle que, protégés par l’aide céleste durant le jour, nous nous fortifions contre les princes des ténèbres. Si cette observance se relâchait, ce serait au détriment de la gloire de Dieu, pour le déshonneur de la religion catholique et le péril des âmes chrétiennes; et sans aucun doute, cette négligence deviendrait la source de malheurs pour les peuples, de désastres dans les affaires publiques, d’infortunes pour les individus”.
 
« Ce genre de démon n’est chassé que par la prière et le jeûne » Saint Matthieu 17,21

« Ce genre de démon n’est chassé que par la prière et le jeûne » Saint Matthieu 17,21

 
A propos du jeûne,  l’Eglise, dans sa grande sagesse avait institué le carême, (IV° siècle), ou l’obligation du jeûne était très rigoureuse : un seul repas le soir sans viande, ni oeuf, ni laitage, ni vin. Cependant, au fil du temps, il s’est progressivement adouci.  En effet, depuis 1949, le jeûne  de carême  est limité à deux jours, le mercredi des cendres et le vendredi saint.  Désormais L‘Église ne nous ordonne de jeûner que 2 fois l’an, ce qui est fort peu, nous en conviendrons.
 
190px-Duccio_di_Buoninsegna_040
 
Ceci dit, jeûner n’est pas un acte anodin. En effet, quelque soit l’état de notre santé, il semblerait que le degré d’intoxication de notre corps est généralement tel, que nous devons nous préparer à notre jeûne avec sagesse et discernement, afin de ne pas provoquer des effets pervers qui nous détourneraient immanquablement de cette pratique.
***
**
*
 Arnold Ehret disait dans, « Santé et guérison par le jeûne »:
 » Si l’on veut devenir son propre médecin, ou guérir les autres sans drogues, il faut également pouvoir faire un diagnostic exact, afin d’avoir une idée claire de l’état interne du patient. Or c’est le livre de la nature qui décrira infailliblement cet état, par une expérience que nous appellerons celle du miroir magique[…].
Pour regarder à l’intérieur du corps plus clairement que les spécialistes avec leurs rayons X, pour connaître l’origine d’une maladie, et même, pour découvrir certaines défectuosités physiques ou mentales insoupçonnées, essayez ceci :
Jeûnez 48 heures, ou ne mangez que des fruits (oranges, pommes, ou fruits juteux de saison) pendant deux ou trois jours. […]
Pour se rendre compte à quel point le corps humain est encombré, il faut avoir observé comme Ehret des milliers de jeûneurs. Le fait inconcevable reste le suivant : comment est-il possible au corps de stocker une pareille quantité de déchets ?« .
***
**
*
Le discernement est donc  de mise dans notre désir d’entreprendre un jeûne, qu’il soit court ou un peu plus long, tant
« l’esprit est prompt, […]et  la chair […]  faible ».
Matthieu 26:41
jeune1
Le carême approchant, je vous livre donc ici  quelques pistes à explorer

en n’oubliant pas de suivre les conseils de Mathieu: 6,16-18

« Quand vous jeûnez, ne vous donnez pas un air sombre comme font les hypocrites…
pour toi, quand tu jeûnes, parfumes ta tête et lave ton visage… ».
 

P1020024 - (Copier)

 « N’éteignez pas l’esprit…Examinez toutes choses… Retenez ce qui est bon ».

1 Thess. 5: 21

 
***
**
*

Les maîtres 

Arnold Ehret

Docteur Dewey

Docteur Guelpa

Herbert M. Shelton

Douglas Graham

Norman Walker 

Bonnes lectures 

Le carême par le R. P. Dom Prosper Guéranger, abbé de Solesmes

Le retour a la santé par le jeûne. Dr Edouart Bertholet

 Le Jeûne. Moyen de purification totale. GEFFROY Marie-Reine.
La Vie Claire. 1968. 86 p

Le Jeûne en Naturopathie. Jeûnes Humide, Sec et Mixte. Marchessau Pierre Valentin.

Le Jeûne, meilleur remède de la nature. Albert Mosséri

Vidéos 

Le jeûne, une nouvelle thérapie ?

Le ventre, notre deuxième cerveau

Passeurs

   Thierry Casasnovas

Irène Grosjean

Sites 

 L‘ hygiénisme

Jeûne et randonnée

Enseignements

Message de Sa Sainteté Benoît XVI pour le Carême 2009

Sainte colère

Jeûner pour la France.


Moise[1]

« Vous prendrez donc garde à faire comme l’Éternel, votre Dieu, vous a commandé ; vous ne vous écarterez ni à droite ni à gauche.
Vous marcherez dans tout le chemin que l’Éternel, votre Dieu, vous a commandé,
afin que vous viviez, et que vous prospériez, et que vous prolongiez vos jours dans le pays que vous posséderez ».

 Deutéronome: 5- 32-33

***

**

*


Consécration au Sacré-Cœur de Jésus

RAFAES-34929593995893885352000002

alegorc3adas-del-sagrado-corazc3b3n-de-jesc3bas-y-la-santc3adsima-trinidad-fray-miguel-herrera

La  Solennité du Sacré-Cœur de Jésus – au moment où la France s’insurge contre les lois indignes qui viennent d’être votées – indique souvent le début de période estivale propice à beaucoup de péchés, notamment contre l’impureté, il nous semble donc utile de proposer à nos lecteurs, la prière de Consécration à Saint Michel Archange apportant également de très bons fruits pour les âmes, de se placer sous la sainte garde du Sacré-Cœur de Jésus, en prononçant l’Acte de Consécration qui les liera, eux, leurs actions et leurs vies, à la Personne même du Sauveur.

Persévérez dans la foi, et Dieu sera vainqueur !

La dévotion au Sacré-Cœur est, dans son essence, aussi ancienne que l’Eglise.  C’est sur le Calvaire même, que Notre Seigneur manifesta pour la première fois son divin Cœur, à travers la blessure faite à son côté sacré par la lance du soldat. Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour propager cette dévotion, sous sa forme actuelle, s’est servi d’une humble religieuse de la Visitation, sainte Marguerite Marie (1646-1690).

e39bbd20d03511ac4a559635c84bf5cbLa femme catholique continue de lire cet article sur le blog LA QUESTION


Les Chrétiennes Anti-Femen

Viennent  d’ouvrir leur  page Facebook

936727_159090370936391_1602244866_n

Chrétiennes Anti-Femen 

e39bbd20d03511ac4a559635c84bf5cb

La femme catholique

les félicite pour cette excellent initiative

et  encourage  toute

les femmes de bonne volonté

les mères de familles, les jeunes filles

celle qui nous défend, celle qui nous informe, celle qui nous fait tant  rire…

Les grandes dames

Les Rebelles

à œuvrer de toute leur force pour la défense de notre tradition.

Compte Twitter: 

@ContreLesFemen

 

Site:

 Chrétiennes Anti-Femen

 

 


Vendredi Saint

5946747602_54ef05ab8f_b

Philippe de Champaigne, Le Christ mort sur la Croix (1655)

images

« Cum ergo accepisset Jesus acetum, dixit : “Consummatum est”.

Et inclinato capite, tradidit spiritum. 


Eve

Fideli Fidelis

Jésus parle.

Femme, je vous dis, vous rangeriez Dieu même

O vous qui pourchassez jusqu’au fin fond des coins
La poussière et l’ordure et toute impureté,
Toute disconvennce et toute improbité,
Maîtresse des labeurs, des veilles et des soin,

Vous qui prenez ce bois pour allumer la lampe
Et l mettre au milieu de la table servie,
Et
qui prenez ce lin pour essuyer la rampe,
Et
qui rangez les fleurs et qui ranger la vie.

O femme qui rangez les travaux et les jours,
Et les alternements et les vicissitudes,
Et les gouvernements et les sollicitudes,
Et la vieille charrue et les nouveaux labours,

O femme qui ranger les palais et les tours,
Et les retournements et les iniquités,
Et la jeune détresse et les antiquités,
Et la vieille tendresse et les nouveaux amours,

Femme, je vous dis, vous rangeriez Dieu même,
S’il descndait un jour dedans votre maison.
Vous rangeriez l’outrage et l’oublie du blaphème,
Si Dieu
vous visitait dedans cette prison.

Femme, je vous le dit, vous rangeriez Dieu même,
S’il venait à passer devat votre maison.
Vous rangeriez l’iffense, et le pouvoir suprême,
S’il venait à passer devant votre raison.

Que n’avez-vous rangé la colère divine.
Que n’avez-
vous lavé la grande iniquité.
Il était temps alors. Que n’avez-
vous quitté,
Quand il en était temps le creux de la ravine.

Femme, je vous le dis, vous rangeriez la foudre,
Si Dieu
vous l’envoyait dedans votre maison,
Vous rangeriez la grâce, et le pouvoir d’absoudre,
Si Dieu
vous visitait dedans cette prison.

Que n’avez-vous rangé le premier anathème,
Cette foi qu’il tomba sur votre solitude.
Que ne l’avez-
vous mis dedans votre système
De bon gouvernement et de mansuétude.

Femme vous rangeriez jusque l’eau du baptême,
Si jean redescendait vers un nouveau Jourdain.
Vous rangeriez l’hostie, et l’huile, et le saint-chrême
Si l’homme reveait dans le premier jardin.

Femme vous rangeriez dedans votre cuisine
Avec le pain du corps, le pain spirituel.
Que n’avez-
vous rangéjusque dans sa racine,
(Il était temps alors), l’arbre intellectuel.

Par Charles Péguy (1873-1914)


Quatorzième cahier de la quinzième série. (28 décembre 1913)

 


Madeleine Daniélou, une vie d’apôtre

Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Par Marie-Thérèse Abgrall, sfx
ImageEn 2006 seront fêtés plusieurs anniversaires ignatiens : la mort de saint Ignace (1491-1556), la naissance de saint François-Xavier (1506) et celle du bienheureux Pierre Favre. Plus près de nous, la mort de Madeleine Daniélou, le 13 octobre 1956, il y aura 50 ans. Son chemin a été marqué par la spiritualité ignatienne.

Une femme, une éducatrice

Madeleine Clamorgan naît en 1880 à Mayenne, où son père est en garnison. Elle grandit dans une famille à l’esprit très ouvert.
Cinq garçons, et elle est la seule fille.
Toute sa vie elle se souviendra des deux années aventureuses et libres passées au Tonkin, où le général Clamorgan avait été envoyé enmission, et des vacances heureuses à Valognes chez sa grand-mère paternelle.

Après des études commencées à Brest, à son retour d’Indochine, elle vient à Paris au Collège Sévigné pour y entamer des études supérieures de Lettres. En 1903 elle est reçue première à l’agrégation féminine. Et elle se prépare à enseigner au Collège Sévigné. En 1904 elle épouse un jeune journaliste breton, un peu poète et plein d’avenir, Charles Daniélou. Il deviendra député du Finistère et plusieurs fois ministre. Ensemble ils auront six enfants aux personnalités bien différentes, parmi lesquels Jean, l’aîné, le futur cardinal Daniélou.

L’imprévu de Dieu

© Archives de la Communauté St François-Xavier

Image

L’époque est alors dominée en France par un anticléricalisme et un positivisme puissants : les femmes ont bien peu de place dans la société et dans l’Église, et bien peu de possibilités d’études et de formation. C’est dans ce contexte que s’inscrivent l’action et la vocation de Madeleine. Car c’est bien de vocation qu’il s’agit, une vocation imprévisible, comme le sont toutes les initiatives de Dieu, qui vient saisir Madeleine et va faire d’elle la fondatrice d’une communauté apostolique de femmes consacrées et une pionnière en matière d’éducation. Une aventure peu banale !De son itinéraire mystique nous retiendrons deux grâces qui furent au fondement de sa vie, deux grâces-source pour qui vit aujourd’hui de son esprit. Elle évoquera elle-même, trente ans plus tard, et avec la même émotion, la première de ces « touches » de Dieu, celle qui a éveillé en elle le sens apostolique et la première vision de l’œuvre à faire.
Elle a tout juste 18 ans, vient d’arriver au Collège Sévigné et la directrice l’a prévenue, comme d’un fait d’évidence, qu’ « ici, on perd la foi en trois mois ». Madeleine va constater très vite que c’est vrai. Trente ans plus tard, elle raconte avec la même émotion comment son amie Louise lui dit un jour brusquement qu’elle ne croit plus, qu’elle a ôté la statue de la Vierge qui était dans sa chambre : « Cette parole me perça le cœur, […] et en un éclair, tout le projet de l’œuvre à faire se présenta à mon esprit. C’est là, je crois, la première impulsion que Notre- Seigneur m’a donnée. Je ne puis sans émotion revivre cet instant. Je revois le moindre détail de cette salle de cours, j’entends l’accent de la voix de Louise, je retrouve en mon cœur la même angoisse devant cette âme perdue pour Notre-Seigneur. »

Le projet qui l’habite alors est de donner aux femmes une solide formation humaine, capable de résister aux pressions, modes et idéologies diverses, de promouvoir dans la liberté une éducation personnelle, intérieure, ouverte et responsable, et de réconcilier culture et foi. Défis toujours actuels ! De ce qui est ainsi un véritable ébranlement spirituel vont naître d’abord une École Normale Libre à Neuilly, puis des Collèges, « Sainte Marie », « Charles Péguy » et enfin tout ce qui est regroupé aujourd’hui sous le nom de Centres Madeleine Daniélou, en France et à l’étranger.

Jusqu’au don sans réserve

La deuxième grande inspiration de Madeleine est liée à une grâce reçue tandis qu’elle priait à Montmartre dans la chapelle du martyrium de saint Denis, lieu de l’engagement des premiers « Compagnons de Jésus » à la suite du Christ, autour de saint Ignace.
ImageDéjà elle avait pressenti en 1913 qu’il s’agissait de bien autre chose qu’une cause généreuse à servir avec le petit groupe qui commençait à se constituer autour d’elle. Ce jour-là, le 3 décembre 1914, jour de la saint François-Xavier, elle vit « un instant de grand recueillement étant comme séparée du monde et seule avec Dieu. Et alors, dira-t-elle, j’ai compris ma vocation, avec une netteté parfaite. J’ai su […] que je devais me donner sans réserve, donner mon temps, mon travail, mes prières, mon sang ; c’est au prix de sa vie qu’on achète les âmes. J’ai dit oui, de toute mon âme à l’appel de Jésus, je lui ai promis de le servir, j’ai eu confiance qu’il achèverait son œuvre en moi ». Elle pense formuler cela « dans un vœu d’apostolat impliquant une désappropriation complète ».

En tout se laisser conduire par l’Esprit Le Père Léonce de Grandmaison, Jésuite, son conseiller spirituel, lui confirme que l’appel est bien de Dieu. Sitôt l’approbation donnée par le Cardinal Amette, archevêque de Paris, à cette forme de vie, des jeunes filles prononcent avec elle dès 1915 le vœu qui les engage dans une consécration totale à Dieu, princapalement au service des jeunes. La Communauté Apostolique Saint François-Xavier est née, communauté de vie, de prière et de mission, aujourd’hui présente en Europe (France, Italie, Pologne), en Afrique (Côte d’Ivoire, Tchad), en Asie (Corée). Elle vit toujours de l’inspiration initiale, s’adaptant aux besoins nouveaux en se laissant conduire par l’Esprit. Des laïcs prennent place aux côtés de la Communauté dans le champ de la mission. Le chantier de l’éducation n’est-il pas partout, plus que jamais, ouvert ?

Avec l’aimable autorisation de la revue « Le Cœur de Jésus source de l’amour », Paray-le Monial

La femme catholique s’est documentée sur Wikipédia ainsi que  sur le site Ma vocation


%d blogueurs aiment cette page :