Joseph de Maistre, à propos des femmes et l’Évangile

 
outes les législations antiques méprisent les femmes, les dégradent, les gênent, les maltraitent plus ou moins.
La femme, dit la loi de Menu, est protégée par son père dans l’enfance, par son mari dans la jeunesse, et par son fils dans la vieillesse ; jamais elle n’est propre à l’état d’indépendance. La fougue indomptable du tempérament, l’inconstance du caractère, l’absence de toute affectation permanente, et la perversité naturelle qui distinguent les femmes ne manqueront jamais, malgré toutes les précautions imaginables, de les détacher en peu de temps de leurs maris.
     Platon veut que les lois ne perdent pas les femmes de vue même un instant : «Car, dit-il, si cet article est mal ordonné, elles ne sont plus la moitié du genre humain ; elles sont plus de la moitié, et autant de fois plus de la moitié qu’elles ont de fois moins de vertu que nous. »
     Qui ne connaît l’incroyable esclavage des femmes à Athènes, où elles étaient assujetties à une interminable tutelle ; où, à la mort d’un père qui ne laissait qu’une fille mariée, le plus proche parent du mort avait droit de l’enlever à son mari et d’en faire sa femme ; où un mari pouvait léguer la sienne, comme une portion de sa propriété, à tout individu qu’il lui plaisait de choisir pour son successeur, etc. ?
     Qui ne connaît encore les duretés de la loi romain envers les femmes ? On dirait que, par rapport au second sexe, les instituteurs des nations avaient tous été à l’école d’Hippocrate, qui le croyait mauvais dans son essence même. La femme, dit-il, est perverse par nature : son penchant doit être journellement réprimé, autrement il pousse en tous sens, comme les branches d’un arbre. Si le mari est absent, des parents ne suffisent point pour la garder : il faut un ami dont le zèle ne soit point aveuglé par l’affection.
     Toutes les législations, en un mot, ont pris des précautions plus ou moins sévères contre les femmes ; de nos jours encore elles sont esclaves sous l’Alcoran, et bêtes de somme chez le Sauvage : l’Évangile seul a pu les élever au niveau de l’homme en les rendant meilleures ; lui seul a pu proclamer les droits de la femme après les avoir fait naître, et les faire naître en s’établissant dans le cœur de la femme, instrument le plus actif et le plus puissant pour le bien comme pour le mal. Éteignez, affaiblissez seulement jusqu’à un certain point, dans un pays chrétien, l’influence de la loi divine, en laissant subsister la liberté qui en était la suite pour les femmes, bientôt vous verrez cette noble et touchant liberté dégénérer en une licence honteuse. Elles deviendront les instruments funestes d’un corruption universelle qui atteindra en peu de temps les parties vitales de l’État. Il tombera en pourriture, et sa gangréneuse décrépitude fera à la fois honte et horreur.
     Un Turc, un Persan, qui assistent à un bal européen, croient rêver : ils ne comprennent rien à ces femmes,

Compagnes d’un époux et reines en tous lieux,
Libres sans déshonneur, fidèles sans contrainte,
Et ne devant jamais leurs vertus à la crainte.

     C’est qu’ils ignorent la loi qui rend ce tumulte et ce mélange possibles. Celle même qui s’en écarte lui doit sa liberté. S’il pouvait y avoir sur ce point du plus et du moins, je dirais que les femmes sont plus redevables que nous au christianisme. L’antipathie qu’il a pour l’esclavage (qu’il éteindra toujours doucement et infailliblement partout où il agira librement) tient surtout à elles : sachant trop combien il est aisé d’inspirer le vice, il veut au moins que personne n’ait le droit de le commander (A).
     Enfin aucun législateur ne doit oublier cette maxime : Avant d’effacer l’Évangile, il faut enfermer les femmes, ou les accabler par des lois épouvantables, telles que celles de l’Inde.
 
(A) Il faut remarquer aussi que si le christianisme protège la femme, elle, à son tour, a le privilège de protéger la loi protectrice à un point qui mérite beaucoup d’attention. On serait même tenté de croire que cette influence tient à quelque affinité secrète, à quelque loi naturelle. Nous voyons le salut commencer par une femme annoncée depuis l’origine des choses : dans toute l’histoire évangélique, les femmes jouent un rôle très remarquable ; et dans toutes les conquêtes célèbres du christianisme, faites tant sur les individus que sur les nations, toujours on voit figurer une femme. Cela doit être, puisque… Mais j’ai peur que cette note devienne trop longue.
 
Joseph de Maistre, dans Éclaircissement sur les sacrifices, chapitre II (extrait).
 La femme catholique remercie  Vidi Aquam
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One response to “Joseph de Maistre, à propos des femmes et l’Évangile

  • François Devoise

    Le blog Vidi-Aquam surtout vous remercie de votre engagement au service de la femme chrétienne ; il avoue bien volontiers s’être intéressé spécialement à ce sujet et en avoir compris les enjeux après la lecture de votre site.

    Recevez toute sa gratitude.

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