Madeleine Daniélou, une vie d’apôtre

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Par Marie-Thérèse Abgrall, sfx
ImageEn 2006 seront fêtés plusieurs anniversaires ignatiens : la mort de saint Ignace (1491-1556), la naissance de saint François-Xavier (1506) et celle du bienheureux Pierre Favre. Plus près de nous, la mort de Madeleine Daniélou, le 13 octobre 1956, il y aura 50 ans. Son chemin a été marqué par la spiritualité ignatienne.

Une femme, une éducatrice

Madeleine Clamorgan naît en 1880 à Mayenne, où son père est en garnison. Elle grandit dans une famille à l’esprit très ouvert.
Cinq garçons, et elle est la seule fille.
Toute sa vie elle se souviendra des deux années aventureuses et libres passées au Tonkin, où le général Clamorgan avait été envoyé enmission, et des vacances heureuses à Valognes chez sa grand-mère paternelle.

Après des études commencées à Brest, à son retour d’Indochine, elle vient à Paris au Collège Sévigné pour y entamer des études supérieures de Lettres. En 1903 elle est reçue première à l’agrégation féminine. Et elle se prépare à enseigner au Collège Sévigné. En 1904 elle épouse un jeune journaliste breton, un peu poète et plein d’avenir, Charles Daniélou. Il deviendra député du Finistère et plusieurs fois ministre. Ensemble ils auront six enfants aux personnalités bien différentes, parmi lesquels Jean, l’aîné, le futur cardinal Daniélou.

L’imprévu de Dieu

© Archives de la Communauté St François-Xavier

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L’époque est alors dominée en France par un anticléricalisme et un positivisme puissants : les femmes ont bien peu de place dans la société et dans l’Église, et bien peu de possibilités d’études et de formation. C’est dans ce contexte que s’inscrivent l’action et la vocation de Madeleine. Car c’est bien de vocation qu’il s’agit, une vocation imprévisible, comme le sont toutes les initiatives de Dieu, qui vient saisir Madeleine et va faire d’elle la fondatrice d’une communauté apostolique de femmes consacrées et une pionnière en matière d’éducation. Une aventure peu banale !De son itinéraire mystique nous retiendrons deux grâces qui furent au fondement de sa vie, deux grâces-source pour qui vit aujourd’hui de son esprit. Elle évoquera elle-même, trente ans plus tard, et avec la même émotion, la première de ces « touches » de Dieu, celle qui a éveillé en elle le sens apostolique et la première vision de l’œuvre à faire.
Elle a tout juste 18 ans, vient d’arriver au Collège Sévigné et la directrice l’a prévenue, comme d’un fait d’évidence, qu’ « ici, on perd la foi en trois mois ». Madeleine va constater très vite que c’est vrai. Trente ans plus tard, elle raconte avec la même émotion comment son amie Louise lui dit un jour brusquement qu’elle ne croit plus, qu’elle a ôté la statue de la Vierge qui était dans sa chambre : « Cette parole me perça le cœur, […] et en un éclair, tout le projet de l’œuvre à faire se présenta à mon esprit. C’est là, je crois, la première impulsion que Notre- Seigneur m’a donnée. Je ne puis sans émotion revivre cet instant. Je revois le moindre détail de cette salle de cours, j’entends l’accent de la voix de Louise, je retrouve en mon cœur la même angoisse devant cette âme perdue pour Notre-Seigneur. »

Le projet qui l’habite alors est de donner aux femmes une solide formation humaine, capable de résister aux pressions, modes et idéologies diverses, de promouvoir dans la liberté une éducation personnelle, intérieure, ouverte et responsable, et de réconcilier culture et foi. Défis toujours actuels ! De ce qui est ainsi un véritable ébranlement spirituel vont naître d’abord une École Normale Libre à Neuilly, puis des Collèges, « Sainte Marie », « Charles Péguy » et enfin tout ce qui est regroupé aujourd’hui sous le nom de Centres Madeleine Daniélou, en France et à l’étranger.

Jusqu’au don sans réserve

La deuxième grande inspiration de Madeleine est liée à une grâce reçue tandis qu’elle priait à Montmartre dans la chapelle du martyrium de saint Denis, lieu de l’engagement des premiers « Compagnons de Jésus » à la suite du Christ, autour de saint Ignace.
ImageDéjà elle avait pressenti en 1913 qu’il s’agissait de bien autre chose qu’une cause généreuse à servir avec le petit groupe qui commençait à se constituer autour d’elle. Ce jour-là, le 3 décembre 1914, jour de la saint François-Xavier, elle vit « un instant de grand recueillement étant comme séparée du monde et seule avec Dieu. Et alors, dira-t-elle, j’ai compris ma vocation, avec une netteté parfaite. J’ai su […] que je devais me donner sans réserve, donner mon temps, mon travail, mes prières, mon sang ; c’est au prix de sa vie qu’on achète les âmes. J’ai dit oui, de toute mon âme à l’appel de Jésus, je lui ai promis de le servir, j’ai eu confiance qu’il achèverait son œuvre en moi ». Elle pense formuler cela « dans un vœu d’apostolat impliquant une désappropriation complète ».

En tout se laisser conduire par l’Esprit Le Père Léonce de Grandmaison, Jésuite, son conseiller spirituel, lui confirme que l’appel est bien de Dieu. Sitôt l’approbation donnée par le Cardinal Amette, archevêque de Paris, à cette forme de vie, des jeunes filles prononcent avec elle dès 1915 le vœu qui les engage dans une consécration totale à Dieu, princapalement au service des jeunes. La Communauté Apostolique Saint François-Xavier est née, communauté de vie, de prière et de mission, aujourd’hui présente en Europe (France, Italie, Pologne), en Afrique (Côte d’Ivoire, Tchad), en Asie (Corée). Elle vit toujours de l’inspiration initiale, s’adaptant aux besoins nouveaux en se laissant conduire par l’Esprit. Des laïcs prennent place aux côtés de la Communauté dans le champ de la mission. Le chantier de l’éducation n’est-il pas partout, plus que jamais, ouvert ?

Avec l’aimable autorisation de la revue « Le Cœur de Jésus source de l’amour », Paray-le Monial

La femme catholique s’est documentée sur Wikipédia ainsi que  sur le site Ma vocation

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